Stahl, Coffcin als diureticun. Disscr. Würlz
2. Hdchard. De la caféine dans les affections du cœur. Bull. gén. de thdrap, 1882, tome CIII, p. 145.
l’avantage de s’opposer aux effets excitants de la caféine et de modérer la tendance qu’elle a à produire un peu d’état congestif avec la tête. C’est vainement qu’on a essayé de faire usage du bromhydrate de caféine, sel fort instable et qui se décompose dès qu’il est dans l’eau.
La théobromine est presque identique à la caféine, dont elle partage les propriétés. Si l’on en croit Schœder.de Strasbourg1, elle ne produirait pas la même excitation cérébrale, et serait deux fois plus diurétique chez les animaux. C’est à cet égard qu’elle pourrait être en quelques circonstances préférée.
Les médicaments cardiaques que j’ai encore à vous citer ont une action beaucoup moindre et beaucoup moins constante. Aussi ne vous en parlerais-je pas, s’il était une ressource qu’on pût négliger, quand il s’agit d’affections qui, comme celles du cœur, obligent à une lutte souvent si longue et si difficile.
L’alcaloïde extrait par Stenhouse du genêt à balais, la spartéine, a été très vantée comme succédané de la digitale. Cette préparation ne saurait tenir le rang où d’abord on l’avait mise. Son action physiologique est difficile à bien préciser. Tandis que pour Fick elle peut paralyser absolument les nerfs modérateurs, pour I. aborde elle n’apporte aucune modification à l’action du vague. Chez l'animal elle commencerait par accélérer, puis elle ralentirait les battements du cœur. Administrée aux malades atteints d’affections du cœur, ses effets paraissent bien variables, car le docteur Masius2 3, de Bruxelles, l’ayant fait prendre à 18 malades, n’a observé chez eux aucune modification appréciable des accidents; Pawinski5 n’a pas vu que l’arythmie diminuât, et Voigt4 n’a noté de régularisation que dans un très petit nombre de cas. De l’avis de tous, c’est un médiocre diurétique, du moins à la dose modérée de 0,10. Pour obtenir la diurèse il faut, dit le docteur Clarke, de Bristol5, pousser les doses jusqu’au point de produire des palpitations pénibles et de l’angoisse précordiale. Pourtant le docteur Léo6 a vu se produire
1 . Schœder, Ueber die cLiuretische Wirk. der Caffein.[Arch. f. exp.Pat. 1887, XXIV, p. 85.)
2. Masius, Étude physiologique du sulfate de spartéine. [Bull, de l' Acad, de méd. de Belgique, 1887, p. 218.)
3. Pawinski, De l’action du sulfate de Spartéine. [Gaz. liebd. 1888, p. 408.)
4. Voigt, Mittheil. iiber das Schuiefel der Spartein. Wiener Med. Blàtt., 1888.
5. Clarke et Cantar, On the therapcut. ad. of suif, of Spartein. [Americ. Journ. of med. 1887, p. 366.)
6. Léo, Ueber die therap. Anwend. der Sparteinum. Sulfurien. [Zlschr. f. kl. Med. XII. 143, 1887.)
une diurèse très abondante chez des hydropiques qui précédemment avaient pris sans résultat la digitale, et il fait à ce sujet cette remarque intéressante que la sparléine semble n’avoir d’effet sérieusement diurétique que lorsqu’elle succède à cette dernière.
Comme on est peu fixé sur les véritables effets de ce médicament, on ne peut guère s’entendre bien sur ses indications. Ainsi les professeurs Sée et Voigt le réservent aux sujets affectés de dégénérescence du myocarde, de faiblesse cardiaque ou d’attaques d’asystolie sans lésions des orifices. Levoin‘au contraire dit avoir vu un certain nombre de sujets atteints de lésions d’orifice améliorés par ce remède ; et il lui a paru qu’il réussissait beaucoup moins dans les affections du myocarde. Il réussirait surtout, au dire du docteur Passinski, chez les sujets dont les accidents cardiaques sont imputables à un trouble du système nerveux, que ce trouble d’ailleurs soit ou non secondaire à des lésions d’orifices.
En résumé, il semble qu’il y a rarement lieu de recourir d’emblée à la spartéine, quand il s’agit d’affections organiques du cœur; mais que ce médicament peut rendre des services quand les précédents ont échoué ou épuisé leur action. Le sulfate de spartéine est la forme préférée, parce qu’il est plus soluble que la spartéine isolée. La dose journalière indiquée par le professeur Sée est de 0,10 centigrammes, qu’il convient de répartir dans les 24 heures afin de maintenir son action qui est assez passagère. 11 ne peut y avoir aucun motif de tenter des doses plus élevées, puisque avec elles on n’obtient d’effet mieux accentué qu’au prix d’accidents fâcheux ou de troubles pénibles.
L’extrait de muguet ou convallarici majalis a été introduit dans la thérapeutique des maladies du cœur, en 1882, par le professeur Sée2 comme un succédané de la digitale; succédané qui lui serait, à certains égards, supérieur, attendu qu’il ne produit aucun trouble dans le système nerveux, qu’il ne menace d’aucun effet d’accumulation et qu’il dissiperait mieux les œdèmes. Depuis lors plusieurs observateurs ont obtenu de ce médicament quelques effets utiles; Ferreira l’a loué; Taylor a eu à citer quatre cas où il avait produit de l’amélioration; Ollivier l’a vu réussir dans des cas d’insuffisance aortique. Mais en plus grand nombre Noguès, Stiker,