FAITS DE SOUFFLE C A R D IOPU LIWON A I RE SANS CONTROLE ANATOMIQUE
Fréquence des souffles anorganiques. — Les faits précédemment étudiés ont établi d’une façon formelle et avec l’appui constant de preuves anatomiques. : 1° que des bruits de souffle peuvent se faire entendre en des points divers de la région précordialé sans qu’il existe aucune lésion des orifices du cœur; 2° que ces souffles, dits anorganiques, ont des caractères suffisants pour qu’on les reconnaisse et qu’on ait la certitude qu’il s’est agi d’eux, alors même qu’une autopsie n’a pas confirmé le diagnostic. Il va nous être permis maintenant d’entreprendre l’étude des faits nombreux qui sont restés dépourvus de cette confirmation.
Ces faits, comme les précédents, ont été observés dans mon service. Ils sont au nombre de 380, et ont été relevés sur un total de 4 500 observations dans lesquelles mention spéciale avait été faite de la recherche des bruits anormaux du cœur. Cela donne une proportion de 8,83 pour 100. Un douzième environ des malades entrés à l’hôpital pendant la longue période où ces faits ont été recueillis présentait donc quelque exemple de ces souffles anorganiques.
Sur ce nombre il y avait 2 560 hommes et 1740 femmes. Les 2560 hommes ont fourni 179 cas et les 1 740 femmes 201. De sorte que la proportion se trouve de 6,99 pour 100 chez les hommes et de 11,55 pour 100 chez les femmes. En d’autres termes, il a été rencontré à l’hôpital 1 cas de souffle cardiopulmonaire sur 14 malades dans le service des hommes et 1 sur 8 dans celui des femmes. On verra plus loin que cette proportion si différente sui-
vant les sexes s’explique par la prédominance dans le sexe féminin de certaines maladies qui s’accompagnent plus particulièrement de ce phénomène et paraissent en provoquer la manifestation.
Ce n’est pas que le phénomène en question ne puisse se produire en dehors de tout état pathologique. Je l’ai rencontré maintes fois chez des sujets qui selon toute apparence étaient dans l’état de santé le plus parfait. Il est assurément rare dans l’état qu’on peut nommer physiologique, si j’en juge par les observations que j’ai eu occasion de faire sur de jeunes soldats au service. Mais ces observations ne sont point assez nombreuses pour que j’ose en déduire des conclusions chiffrées. Cette sorte de bruit serait singulièrement plus fréquente en Amérique, si l’on en croyait le résultat des recherches déjà citées de Collom et de Prince Morton, puisque le premier de ces deux auteurs, bien que bornant ses investigations aux souffles entendus dans la région de la pointe, les a rencontrés chez des gens en santé dans la proportion de 15 1/2 pour 100, et le second dans celle plus étonnante encore de 55 1/2 pour 100. Quand nous discuterons le mécanisme de ces bruits, nous trouverons peut-être la raison de ces divergences étranges. Mais, comme la question de fréquence n’a qu’un intérêt tout à fait accessoire, je n’y insisterai pas pour le moment. Il suffira d’avoir établi que les faits étudiés dans ce travail ne sont pas des raretés, des curiosités d’auscultation ; mais au contraire, des choses fréquentes, à chaque instant renouvelées et de conséquence sérieuse dans la pratique quotidienne, puisqu’elles exposent journellement à des erreurs de diagnostic souvent très fâcheuses.
Pour cette étude nous suivrons, comme dans le chapitre précédent, l’ordre des localisations.
1° Souffle de la zone basilaire.
Les souffles cardiopulmonaires de la base se sont fait entendre au niveau du second espace intercostal, soit sur le sternum même, soit et beaucoup plus souvent à la partie interne du 2e espace, à droite ou à gauche du sternum. Ces souffles sont relativement fréquents. J’en ai réuni 50 observations.
Les souffles de la région préinfundihulaire sont trois fois plus fréquents que ceux de la région aortique. C’est à gauche encore qu’ils ont leur maximum, lorsqu’on les entend à la fois des deux
côtés. On en a un exemple dans le tracé ci-contre. Dans ce point le souffle est le plus souvent mésosystolique. Quelquefois il coïncide assez exactement avec la systole.
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