Cœur normal de la grenouille en diastole et en systole
2. Cœur après séparation physiologique de la pointe opérée au moyen d’une constriction linéaire. D. diastole de la base, avec immobilité de la pointe ; S. systole de la base distendant passivement la pointe.
3. Sous l'influence d’une dose toxique de digitaline, un cœur intact présente une contracture totale du ventricule ; seule la base subit cette contracture après séparation physiologique de la pointe (C. sép. p.) ; la pointe reste distendue par le sang normal.
4. Après une série d’évacuations du sang normal, la pointe, ayant reçu du sang digitaliné, prend l’attitude contracturée (C. p. contr.) et le ventricule tout entier en systole ressemble au ventricule digitaliné intact (C. in.), sauf au niveau du sillon creusé par la compression linéaire préalable.
ainsi (n° 4, C. p. contr.) un ventricule complètement contracture, aussi bien au niveau de la pointe qu’au niveau de la base : ce ventricule ne diffère plus du ventricule tétanisé (C. int .) de la grenouille qui u’avait pas subi la séparation physiologique de la pointe, que par les traces de la constriction linéaire ayant servi à produire cette séparation.
Nous avons donc là, je crois, une démonstration positive et directe de l’action tétanisante de la digitaline sur le myocarde, abstraction faite de l’intervention nerveuse. Cette même démonstration est applicable, bien entendu, aux autres poisons systoliques; le même procédé peut servir aussi à l’analyse de l’action myocardique des poisons diastoliques ; mais sans entrer dans les détails que comporterait une telle analyse comparative, je me borne au point spécial qui nous intéresse en concluant que la digitaline, est bien un poison musculaire cardio-tétanisant.
11 suffit maintenant de rappeler l’état du cœur tué en contracture par les excitations directes et par la digitaline pour légitimer l’assi-
FRANÇOIS-FRANCK. - ACTION DE LA DIGITALINE, milation que nous avons développée dans ce chapitre entre les effets myocardiques de l’une et l’autre influences stimulantes.
On est dès lors autorisé à étendre à l’ensemble, des accidents toni-ventriculaires produits par la digitaline, du début de son action jusqu’à son effet toxique mortel, la notion qui découle de ces expériences : il parait clair que, pendant toute l’évolution des troubles digitaliniques, le myocarde a pris sa part à l'augmentation de tonicité dont nous avons analysé les effets successifs; l’action qu’il a subie, a marché d’abord de pair avec la stimulation simultanée des appareils modérateurs et toni-accéléraleurs (phase de ralentissement avec augmentation d’énergie), puis avec la stimulation des appareils accélérateurs seuls, les organes modérateurs étant supprimés pendant les périodes de tachycardie toxique ; enfin, c’est l’intervention de l’élément musculaire isolé des organes accélérateurs tués à leur tour, mais tardivement, par la digitaline, qui a provoqué la manifestation motrice terminale se caractérisant par le tétanos cardiaque.