‹ Clinique médicale de la CharitéChapitre 85 sur 192 · Damaschino, Soc. Med. des Hôp · texte numérisé non relu

Damaschino, Soc. Med. des Hôp

5. Doiæris. La fièvre puerpérale et les organismes inférieurs. Th. Paris, 1880.

6. Weigert, Die analomischen Wegen des Tuberkclgifles. Berl. /clin. Wochen, 1884

7. Gaucher, Pathogénie des néphrites. Th. agrégation, Paris, 1886, p. 15-

M. Durand-Fardel1, la même année, montrait les bacilles de la tuberculose produisant des thromboses dans les vaisseaux du rein; de telle sorte que MM. Cornil et Babès2 étaient, dès 1886, en droit de dire : « que la présence des bactéries dans les petites veines, au milieu des parties malades, n’est pas sans influence sur la production des coagulations fibrineuses ou thromboses, qui sont facilitées par le ralentissement ou l’arrêt de la circulation dans les capillaires et par l’absence de vis ù tergo. »

En 1886, Dunin3, dans un article sur les infections secondaires à la fièvre typhoïde, admettait, sans pouvoir le démontrer, que la phlegmatia que l’on voit apparaître dans la convalescence de cette maladiere connaissait vraisemblablement pour causes la pullulation de micro-organismes sur les parois veineuses et les altérations de leur membrane interne, qui en sont d’ordinaire la conséquence. L’auteur ne put, dans aucun cas, faire d’examen microbiologique.

En 1889 enfin, notre ami le docteur Widal\ dans son étude sur l'infection puerpérale, mettait délibérément la phlegmatia alba dolens au nombre des phénomènes de l’infection. 11 put retrouver les micro-organismes dans les parois des veines, et des cultures lui ont permis d’apporter à cet examen des preuves certaines de confirmation.

Nous nous sommes occupé nous-même de cette question en 1890, dans notre thèse sur la thrombose cachectique. Nous avons rapporté des cas dans lesquels l’origine infectieuse de certaines phlébites ne pouvait pas être mise en doute. Dans de nombreux travaux publiés depuis cette époque, nous avons cherché à connaître d’une façon plus précise la nature des altérations vasculaires, leur rapport avec les infections qui leur donnent naissance et les liens qui unissent la coagulation du sang aux lésions des veines dans lesquelles il circule.

Nos constatations ont d’ailleurs été confirmées de différents côtés. Au Congrès de Marseille, en 1891, certains auteurs n’ont pas manqué de mettre en relief l’influence de l'infection dans la pathogénie des phlébites.

1 R. Dürakd-Fardel, Contribution a l'élude de la tuberculose du rein. Paris, 1886.

‘2. Cornil et Babes, Les Bactéries , 1886, p. 518.

3. Draw, Cause des suppurations et des thromboses veineuses dans le cours de la fièvre typhoïde. Deutsche Arch. für Klin, med., 1886, p. 569, t. XXXIX.

4. Widal, Etude sur l'infection puerpérale , la phlegmatia alba dolens et l’érysipèle. Thèse, Paris, 1889.

A la Société anatomique, on a rapporté des cas de phlébite où l’origine infectieuse était indéniable, et l’on ne pourrait plus nier aujourd’hui que la théorie de la thrombose spontanée, de la coagulation aseptique et à froid, n’ait reçu des atteintes dont elle aura peine à se relever.

Aujourd’hui, d’ailleurs, la question s’est simplifiée. Dans sa solution, chacun aura sa part délimitée; aux chimistes et aux physiologistes il appartiendra d’élucider d’une façon complète les conditions diverses de la coagulation du sang; aux anatomopathologistes sera réservée l’étude des lésions des veines, l’évolution de ces accidents et leur rapport avec l’apparition des caillots intravasculaires.

C’est à cette dernière étude que nous nous sommes limité. Nous espérons l’avoir menée à bien, autant qu’il est en notre pouvoir.

Dans cette étude de la phlébite des membres que nous exposons aujourd’hui, nous avons été précédé par de nombreux auteurs qui se sont tour à tour attachés à élucider différents points de la question. Nous ne pouvons développer ici, dans tous ses détails, l’histoire bibliographique que comporteraient des chapitres aussi vastes que celui de la phlébite variqueuse, de la phlébite puerpérale, des différentes modalités cliniques de la phlébite, etc.; notre but était d’exposer par quelles phases successives la question de la thrombose et celle de la phlébite était passée depuis le commencement du siècle; pour le reste, nous citerons chaque auteur en son lieu et place suivant les progrès qu’il a fait faire à telles ou telles parties de notre sujet.

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