ii DES BRUITS PLECRAUX
([Lie Ton avait cru devoir atlribuer à la plèvre, nouî> allons nous occuper aujGLirdliui des bruits qui sont dus aux allérations morbides de celle membrane séreuse, et rechercher si quelques-uns de ceux qui ont été considérés comme se produisant dans le poumon lui-même ne sout pas réellement des bruits pleuraux. Nous prendrons pour point de départ de cette étude les phénomènes observés chez la malade couchée au n** 33 de la salle du Rosaire.
C'est une jeune fille de 16 ans, domestique, ayant un aspect un peu chlorotique, malgré sa bonne cousti* lutîon apparente. Sa face es i légèrement bouflie; des souffles cardiO'vasculaires existent chez elle, et Tabondance un peu gi'ande de ses règles peut être utirihuée à Téiat particulier du sang qui constitue ranémie. Dans sa lamille il n'y a point de diathèse tuberculeuse, ni chei ses asceudants, ni chez ses collatéraux* EUe-uiême» quoique toussant quelquefois, n'a jamais eu d'iiéuioptysic et n'a présenté aucun phénomène qui nous porte i croire à Texislence de tubercules daus ses poumons. Cela est important à noter, à cause de quelques signes stétlioscopiques sur lesquels j'aurai à m'étendre plus loin.
Le 5 octobre, elle avait éprouvé des signes de maladie aij^-^ur : céphalalgie, frissons, fièvre, point de côté daus la région sous-mammaire gauche, toux sèche, qnintuuse, sans expectoration; cette toux (qu'il mesoil permis de la caractériser tout de suite) était la petite toux pleurétique. Ces signes ayant persisté, le point de côté n'ayaut pas cédé, la malade entra à rhôpilal le 15 octobre.
Le lendemain, la face était rouge et animée, la
PERÇUS A L'AUSCULTATION. 3j5 '
chaude, la température oscillait entre 38* et 39% le pouls était à 108; la langue légèrement saburrale, sèche il y avait de Tinappétence et delà soif; cependant on ne constatait ni vomissements, ni constipation, ni diarrhée,et le ventre était indolent.
L'examen du thorax ne montra aucune déformaiion : les mouvements respiratoires s'exerçaient bien, à droite comme à gauche; il n'y avait pas.de voussure. La percussion nous montra la sonorité normale, en avant, des deux côtés; en arrière, il y avait de la sonorité à droite, mais à gauche nous trouvions uni; matité presque absolue; je dis presque, parce qu'elle n'était pas acr compagnée de cette dureté au doigt, tanquam percussî femoru.
L'obscurité du son remontait de la base de la poitrine vers le milieu delà fosse sous-épineuse; les vibrations Ihoraciques étaient notablement diminuées à gauche, et un peu aussi à droite, ce qui pouvait s'expliquer sans qu'il fût nécessaire de croire à l'existence d'un épanrchement liquide de ce côté; un peu d engouement pulmonaire, suffisant pour empêcher que le retentissement de la voix soit normal. Nous n'avons pas recherché le déplacement du liquide, en faisant varier la position de la malade.
A l'auscultation, la respiration était pure, sauf à à gauche, où l'on trouvait du souffle, à la partie inférieure du poumon, surtout en arrière. Ce souffle aigre, aigu, sec, commençait un peu au-dessus des points mats, à partir de l'épine de l'omoplate et se percevait jusqu'en bas; il était un peu métallique et méritait d'être dénommé souffle broncho-pleurétique, lequel est, comme vous le savez, moins fort, moins rude
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que le souftle bronchique, type de la pneumonie.
On a comparé ce dernier bruit à celui que Ton produit en sou filant dans un canon de fosil, tandis que le sou file broncho-pieu relique ressemblerait plutôt au son que Ton produit en souftlaut dans nn tube dej verre, à parois minces. 11 y avait, de plus, ce retentissement particulier de la voix qu*on appelle égophonie. En môme temps que le souffle, partout, mais surtout à la partie supérieure, existait une crépitation sèche, éclatante, ne paraissant pas formée par des bulles semblables à celles qui, en éclatant, produiï^ent le râle crépitant franc de la pneumonie*
Nous avions là, Messieurs, deux signes qui pouvaient nous faire songer à Fexislence d'une pneumonie : du souftle et de la crépitation ; mais il n'y avait pas de crachats rouilles, et la niatilé ne correspondait pas aox points où les signes d^auscultation étaient les plus manifestes ; nous ne devions donc pas nous arrêter à cette idée. Nous verrons comment ces signes se sont comportés plus tard.
Le cceur était sain et à sa place; les Inuits dont il était le siège, devaient être rapportés à ranémie.
Au total, nous avions à faire à une pleurém aiyué; tel fut notre diagnostic.
Le premier jour, je fis appliquer six ventouses sca^ rifiées sur le côté gauche; un vésicatoire fut posé le troisième jour; pendant toute la semaine il n'y eut pas de grands changements.
A dater du 27 octobre : amélioration de Télat généra! et local; pouls 88; température normale; laugue naturelle; appétit bon. La malade constate elle-même un mieux sensible.