XVI INTRODUCTION
influence prochaine ou éloignée sur diverses fonctions, suivant que la partie affectée sera unie à d’autres par des liens sympathiques plus étroits. Que si, outre les qualités irritantes de l’agent mis en contact avec l’économie, il v en a d’une autre nature qui puissent, par exemple, vicier le sang, lui imprimer des propriétés nouvelles, qui puissent agir immédiatement ou médiatement sur le système nerveux régulateur, on conçoit combien seront considérables les perturbations qui vont être produites.
Mais revenons à la physiologie, et croyez que, en fin de compte, les actes nutritifs et les actes plus ou moins complexes de la vie de relation sollicitent sans cesse des modifications organiques qui ont leur analogue dans l’ordre pathologique, de même que les phénomènes pathologiques ont leur corrélatif dans les fonctions physiologi ques.
Entre l’excitant thérapeutique et l’alcool ou le café que tous les jours nous introduisons dans notre estomac pendant nos repas, où est la différence ?
Entre les stupéfiants que le médecin prescrit et les fumées enivrantes du tabac, qui fait aujourd’hui partie de la vie de la plupart des hommes, où est la différence ?
Entre l'aliment chargé d’épices associé aux condiments les plus énergiques, entre les viandes déjà arrivées à un état de corruption trés-avancée qui les fait d’autant plus rechercher par le gourmet, et les causes morbifiques qui stimulent et ébranlent le système nerveux ou qui altérent la crase du sang, où est la différence ?
Pourtant l'animal et les plantes sont ainsi faits qu’ils peuvent élire entre les aliments ce qui leur convient, et rejeter ce qui les offense.
Mais cet effort ne se fait qu’au prix d’un trouble transitoire dont l'organisme se remet bien vite. La fièvre de digestion, cet acte si simple, si vulgaire, est en définitive un acte pathologique dans une certaine limite. Plusieurs fois par jour, il s’accomplit sans détriment pour l’économie, sans perturbation durable; mais si vous supposez une altération des instruments fonctionnels, la perturbation pourra ètre telle que sa durée et sa violence arrivent au degré de la maladie ; de même que, si les instruments étant encore parfaits, l'acte à accomplir est hors de proportion avec la puissance organique, un trouble analogue surviendra, qui sera à son tour un acte maladif.
On peut toujours supposer, dans ce que nous appelons la fluxion, l'engorgement inflammatoire, ainsi que dans la formation des dépôts