‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 11 sur 76 · INTRODUCTION. XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XVII

plastiques de quelque nature qu'ils soient, on peut, dis-je, supposer que chaque cellule organique n’est, en dernière analyse, qu’un animal à l’état le plus élémentaire, avec une bouche représentée par l'artère, un anus représenté par la veine, et une masse amorphe représentée par le parenchyme de la cellule (noyau et granulations). Le sang, l’élément nutritif, est l'aliment. Dans l’état physiologique, tout se réduit à un acte de composition et de décomposition, et le tissu se conserve en l'état, s’atténue quelque peu ou s amplifie, sans subir des modifications qui soient plus qu’un acte exclusivement physiologique ; mais si le sang charrie des matériaux viciés ou trop énergiquement nutritifs, qui ne voit qu'ilse passera là quelque chose d’analogue à ce qui se passe dans le canal alimentaire? Ces matériaux seront mal reçus par la cellule organique , y détermimeront des troubles morbides, pourront ou y demeurer trop longlemps, ou en être expulsés trop vite, ou bien y développer des phénomènes nouveaux de sécrétion anomale ; et la perturbation sera d'autant plus persistante que les matériaux seront plus antipathiques à la cellule vivante, plus irritants, plus copieux.

Que si l’afflux insolite vient à cesser, les propriétés du tissu, un instant opprimées et troublées, reviendront à l’état normal, et la curation s’accomplira par un acte analogue à celui qui préside au retour de la santé après une indigestion.

C'est dans ce sens qu’il faut entendre la fameuse théorie hippocratique de la coction dans les maladies avec matière : pour Hippocrate, la digestion normale n’était qu’une coction ; la coction dans les maladies n’était qu’un acte analogue à la digestion normale.

Je sais, messieurs, combien ces théories laissent à désirer; je sais que ces théories ne sont plus acceptables quand il s’agit de la grande classe des névroses qui tiennent dans la pathologie une place si considérable ; mais, ainsi que j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire, en étudiant les actes physiologiques dévolus au système nerveux et l'influence des causes hygiéniques qui s’exercent plus particulièrement sur ce système, on voit bientôt qu en définitive ce sont encore les mêmes lois qui, dans ces circonstances, président aux actes physiologiques et pathologiques ; et ce que je vous ai dit des maladies cum materia, dans leurs rapports avec les phénomènes diges- “tif et nutritifs, s’appliquerait aux névroses dans leurs rapports avec les sensations et les manifestations diverses qui ressortissent plus particulièrement au système nerveux.

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