INTRODUCTION. XV
Chimie de part et d'autre, chimie en fin de compte, mais si différente d'elle-même quand on létudie des deux côtés, qu’il faut bien admettre des propriétés spéciales, puisqu'il y a des effets spéciaux.
Pardonnez-moi, messieurs, une digression que vous aurez peutêtre trouvée trop longue et mal à sa place. L’immixtion exagérée des sciences physico-chimiques dans notre art a fait tant de maliet peut égarer si malheureusement les jeunes gens qui commencent à étudier la médecine, que, malgré moi, je me surprends à exagérer le danger et à vous éloigner de sciences auxquelles vous devez pourtant d’utiles enseignements.
Revenons à nos études cliniques.
L'organisme vivant, dans l’ordre animal et végétal, a des propriétés en vertu desquelles s’accomplissent les fonctions nutritives. Il y a en outre, surtout chez l'animal, des appareils qui établissent, entre les diverses parties de l’économie vivante, une solidarité
incontestable.
Dans l’état de santé, ces fonctions diverses s’accomplissent avec régularité; mais dans la maladie, les fonctions de nutrition sont modifiées et les fonctions de relation le sont également. Toutefois, quelles que soient ces modifications, elles ne changent pas, au fond, les propriétés de la matière vivante, elles en changent seulement les manifestations. — Les propriétés restent les mêmes : « Que faciunt, in homine sano, actiones sanas, eadem, in ægroto, morbosas. »
Lorsqu'un élément morbifique est introduit dans l’économie, lorsqu'il circule avec le sang, 1l sy comportera comme les principes divers qui, chaque jour, sont absorbés dans l’acte de la digestion, ‘de l'absorption, de la respiration.
Parmi ces principes, les uns s’assimilent en totalité, et, à ce utre, ils participent de la nature de nos aliments; les autres contiennent des principes réfractaires à l'assimilation, et ces principes doivent être rejetés de l’économie, par les divers émonctoires, s'ils ont été absorbés, par l'intestin ou par estomac, s’ils ont été ingérés. Jusquelà, vous le voyez, messieurs, les choses ne se passent pas autrement que dans l’ordre naturel, les aliments, en effet, pour ne prendre que ces principes, contenant, outre les substances assimilables, des éléments qui seront nécessairement expulsés. Mais si, parmi ces principes, il en est qui déterminent une irritation topique énergique, il en résultera une phlegmasie locale qui exercera une