XXIV INTRODUCTION
duit dans la trachée, et qui permet à l'air de pénétrer au-dessous du larynx obstrué, c’est agir avec intelligence et en vertu d’une analogie puissante; et lors même que le succès ne justifierait pas l'audace de l'artiste, encore est-1l que sa conscience l’absoudrait, et c'est un grand point.
Depuis des siècles, la paracertèse abdominale est pratiquée pour. évacuer des collections séreuses. Pourquoi réserver la paracentèse thoracique aux épanchements de pus, comme on le faisait naguëre ? Et n’étais-je pas justifié lorsque dans la pleurésie aiguë et quand la suffocation était imminente, je plongeais mon trocart dans la plèvre? Il se pouvait faire que la trachéotomie, que la ponction thoracique fussent inutiles; mais à coup sûr, si une expérimentation était permise, c'était celle-là.
Tant que l’homme de l’art ne fera que des expériments de ce genre, il sera absous d’abord devant sa conscience, et c’est le principal, et ensuite devant ses pairs qui le jugent, tandis qu’il sera condamné et justement flétri, si l’expérience n’est faite que dans un intérêt de coupable curiosité. |
Mais combien sera plus coupable encore celui qui expérimentera de cette manière dans un hôpital; là où il n’a pas cette responsabilité qui le fait souvent trembler dans la pratique particulière, là où il n’a pas à garantir les intérêts de sa position qui pourraient être compromis; là où 1l y a des malades subordonnés qui ne peuvent résister à son autorité qu’à la condition d’être jetés hors de l’hôpital, sans asile et sans secours.
Tâchez, messieurs, si vous êtes témoins de ces méfaits, si rares, Dieu merci, tâchez de ne les pas imiter. Vous vous prépareriez des remords qui vous poursuivraient pendant toute votre carrière.
Le médecin a le droit d’expérimenter, mais dans des limites, dans des conditions que je vous ai en partie indiquées, et sur lesquelles je veux insister davantage. Pour le bien comprendre, il faut savoir comment s’acquiérent les notions pratiques et thérapeutiques.
Je vous ai déjà dit, messieurs, que la plupart des faits thérapeutiques procédaient de l’empirisme; mais J'ai eu soin de vous faire comprendre que si le fait primordial était purement empirique, les conséquences appartenaient à l'intelligence du médecin qui savait les trouver. Je vous ai fait voir que le médecin intelligent voyait dans un fait ce que bien d’autres n’y voyaient pas, et qu’il agrandissait ainsi l'horizon autour de lui. Cependant, les consé-