‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 20 sur 76 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

inflammation, et 1l fut aisé de comprendre que l’inflammation sollicitée dans des tissus déjà atteints par l’inflammation, amenait la guérison des accidents.

Cette notion une fois acquise, et, comme vous le voyez, elle était tout expérimentale, il en découla le grand système thérapeutique de la substitution qui domine aujourd’hui toute la pratique.

C’est ainsi que, pas à pas, la thérapeutique s’est enrichie; c’est ainsi que chaque jour un fait expérimental est venu s'ajouter à un autre; et comme on voyait des analogies entre ces faits, comme on en pouvait saisir les rapports, 1l se faisait d’abord des groupes de systèmes qui plus tard s’élargissaient et constituaient une espèce de doctrine thérapeutique qui sans doute laissait en dehors d’elle bien des faits inexpliqués. Et ces faits doivent provisoirement rester dans le domaine de l’empirisme, jusqu’au jour où il sera donné de les placer dans une catégorie spéciale, et plus tard dans un systéme général. À

Certes, nous ne sommes pas plus avancés que du temps de Sydenham relativement à l’action du quinqnina dans le traitement des fièvres mtermittentes ; mais la notion empirique de l’influence puissante de l'écorce du Pérou n'est pourtant pas une notion brute qu'il suffise de faire connaître pour qu’elle devienne du domaine du vulsure. Quand la comtesse d’el Cinchon, dans son enthousiasme reconnaissant, envoya à Rome et à Madrid la poudre miraculeuse qui l'avait guérie de la fièvre, elle ne faisait qu’un acte d’empirisme ; mais reçue et essayée par Torti et par Sydenham, l'écorce du Pérou devint un remède administré suivant des règles, suivantune méthode qu'il n’appartenait qu'à de grands médecins de déterminer. Ainsi, lors même qu’un remède ne s'applique qu’à une maladie spéciale, lorsque nulle théorie, nulle induction ne conduit à l’essayer; lorsqu'il semble être, par conséquent, du domaine exclusif de l’empirisme, le médecin peut encore intervenir avec son intelligence et instituer une médication avec un seul médicament.

Il ne systématisera pas; il ne pourra même essayer la plus petite catégorie; mais il appréciera l’opportunité de l'usage du remède, son influence dans le cas spécial, la durée de cette influence. Il réglera les doses, le retour de l'application de ces mêmes doses. Il cherchera le moyen de rendre le remède plus inoffensif : si étudiera, dans les conditions accessoires de la maladie, s’il n'existe pas d’autres indications que l’expérience lui a déjà appris à appré-

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