‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 21 sur 76 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

cier et à remplir. Il verra que l’anémie qui accompagne l’empoisonnement palustre, obéit avec une certainé facilité aux mêmes remèdes qui réussissent si bien dans la cachexie chlorotique; et le fer deviendra, entre les mains du médecin, un adjuvant utile inconnu à l'empirique. L’empirique peut guérir un accès de fièvre; au médecin il appartient de guérir la fièvre. Au médecin ilappartient de faire une diagnose impossible à l’'empirique. — Savoir qu’un malade a, chaque jour, ur paroxysme fébrile commençant par du frisson et suivi de chaleur et de sueur, c’est à une notion d’une vulgarité extrême, ce n’est pas un diagnostic; mais savoir que ce paroxysme n’est pas lié à une phlegmasie cachée, à une suppuration profonde, à une disposition toute spéciale du système nerveux, si commune chez certaines femmes; savoir qu'il est bien l'expression de l'influence exercée par le miasme palustre ; c’est là une notion fort complexe qui ne peut être que du domaine du médecin. Apprécier maintenant la gravité de cet empoisonnement, l'influence qu'il a exercée et qu'il doit encore exercer sur lindividu malade, et proportionner par conséquent la durée et l’énergie de la médication à la gravité du mal, c’est encore ce qui ne peut être du ressort de l’'empirique. |

Mais quand il faut, dans les fièvres larvées simples ou pernicieuses, trouver le fil qui vous mène à la notion de la cause, à la notion de la nature intime de la maladie; quand il faut, chez un homme qui tousse, qui a de l’orthopnée, une expectoration ensanglantée, un point de côté, quand il faut, dis-je, lever ce masque trompeur et montrer la fièvre intermittente, qui réclame impérieusement et immédiatement l'emploi de hautes doses de quinquina; quand il faut chercher et découvrir la même indication au milieu des désordres les plus violents d’un accès qui se prolonge et qui affecte les formes d’une fièvre continue ; le médecin seul peut intervenir utilement, et l’empirique grossier, qui par hasard a guéri un accès de fièvre intermittente, est inhabile à manier l’arme thérapeutique, voire dans les cas les plus simples, et ne sait pas même qu'il doit s’en servir dans les formes un peu complexes de la fièvre intermittente.

Ainsi, bien que l’empirisme ait fourni la première notion de l’emploi du quinquina, bien qu'aujourd'hui toute interprétation du mode d'action de ce puissant médicament nous échappe complétement, cependant le médecin s’est emparé de-cette action, l’a fécon-

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