XXVIII INTRODUCTION
dée, et, avec ce médicament empirique, il institue une médication qui ne l’est pas.
Le professeur de clinique a une tout autre mission que le professeur de pathologie. — Celui-ci doit méthodiquement tracer l’histoire des maladies, en indiquer les causes, la nature, les symptômes, le traitement. Il les doit classer autant que possible dans un ordre nosologique, et, autant qu'il est en lui, il en fait un tableau précis, bien arrêté, auquel tous les faits devront se rapporter.
Pour le professeur de clinique il n’en est pas de même; si une série de malades atteints de la même affection se présente dans les salles, il en profitera sans doute pour tracer un tableau de la maladie ; mais la description sera en quelque sorte le résumé, le corollaire des faits observés, et il aura bien plus souvent à étudier les formes que le mal subit en vertu de certaines constitutions médicales, en vertu de l’idiosyncrasie de chacun, qu'il n'aura à en tracer un tableau général. Il montrera surtout en quoi et jusqu'où le cas présent s'éloigne des descriptions classiques ; 1l fera voir les modifications sans nombre que des conditions individuelles font naître dans la forme, dans l'allure, dans le traitement des maladies. En un mot, tout en indiquant ce en quoi le cas présent se rapporte aux formes classiques, 1l indiquera avec un soin plus minutieux ce en quoi il en différe, et 1l tâchera de montrer pourquoi il en diffère. Cette étude capitale est précisément celle qui forme le praticien.
Lorsque l'élève vient de lire un traité de pathologie médicale, il lui semble qu'il est déjà médecin, mais, mis en présence d’un malade, il éprouve le plus étrange embarras et comprend bientôt que le terrain manque sous ses pieds.
Je ne parle pas seulement de l’embarras qui résulte du défaut d'habitude, cela se comprend et de reste ; mais je veux parler de ce que les signes et les symptômes ont d’insolite pour lui. — Il n’est pas jusqu'aux maladies les plus vulgaires, dont le diagnostic passe pour être le plus facile, qui ne deviennent une source d’insurmontables difficultés. — Dans ses traités de pathologie, l’éléve a vu dessinée à grands traits la phthisie pulmonaire tuberculeuse; les signes fournis par l’auscultation el la percussion sont indiqués avec méthode et clarté ; l’auteur a insisté sur des nuances délicates, sur des exceptions nombreuses ; mais ces nuances, ces exceptions ont moins frappé le jeune homme, et ce sont elles précisément qui, au début et