INTRODUCTION. XXIX
dans le cours même de la phthisie, arrêtent le plus souvent le véritable clinicien ; et celui qui, pendant plusieurs mois, dans un service d'hôpital, a étudié la phthisie tuberculeuse dans toutes ses formes, dans tous ses symptômes, peut seul comprendre les difficultés immenses qui entourent quelquefois le diagnostic, difficultés dont ne se doute jamais le jeune homme qui est arrivé au doctorat sans avoir passé plusieurs années dans les services d'hôpital.
Mais, messieurs, je souffre de voir des commençants se presser autour du lit des malades pendant les visites qui précèdent les leçons à l’amphithéâtre, et s’absenter des salles le jour que nous n'avons pas de leçons publiques à faire. Permettez-moi de vous dire que vous faites là une œuvre bien peu profitable pour vous. C’est à peine si vous avez pu tâter le pouls du malade, c’est à peine si vous avez pu apprécier l'expression de ses traits, vous n'avez pu évidemment le fatiguer par un examen qui ne peut être répété sans danger, tandis que, dans les services où il n’y a que peu d'élèves et même dans celui des professeurs de clinique, le jour qu’il n’y a pas de leçon publique, vous avez tout le loisir d'interroger, d'examiner le malade, de demander des explications à votre maitre et à vos collègues, et vous remporterez d’un examen ainsi fait un enseignement d'autant plus utile, que désormais vous pourrez comprendre les discussions publiques auxquelles se livrent les professeurs.
Je sais combien laisse à désirer l’enseignement clinique dans la Faculté de médecine de Paris; je sais que les jeunes gens ne sont pas assez exercés à l'examen des malades; mais ce qui manque dans l’enseignement officiel, vous le trouverez dans l’enseignement privé, et la plupart des jeunes médecins et des jeunes chirurgiens de nos hôpitaux, ceux des agrégés de notre Faculté, qui, presque tous, ont un service nosocomial gagné au concours, s’empressent de diriger la jeunesse dans l’étude si difficile des maladies, et l’on doit dire qu’il n’est pas de ville au monde où cet enseignement officieux soit donné avec plus de zèle et de libéralité. Les immenses hôpitaux de la capitale sont tous ouverts gratuitement aux Français et aux étrangers ; chaque matin plus de cinquante services offrent à la jeunesse studieuse les éléments de travail les plus féconds et les plus
‘variés, et quand le jeune médecin, ainsi préparé, vient assister aux visites et aux leçons des professeurs de clinique, ille fait désormais avec fruit.
Comprenez qu’il est matériellement impossible au professeur de