XXX INTRODUCTION
clinique d'exercer des jeunes gens à Pauscultation et à la percussion, sans lesquelles on ne peut arriver à la connaissance d’un grand nombre de maladies ; il lui est impossible, quand il a cent cinquante ou deux cents élèves autour de lui, de les instruire à interroger méthodiquement un malade, à discuter le diagnostic, à indiquer le traitement; cela ne se fait utilement que dans les services privés, que chez le professeur de clinique lorsqu'il n’est pas obligé de descendre à Pamphithéâtre à une heure déterminée, lorsqu'il n’est pas entouré d’une foule d’élèves qui ont besoin d'entendre la parole autorisée du maître, et non le balbutiement de lécolier timide s’essayant auprès d’un malade.
Je ne saurais assez vous le dire, messieurs, l’anatomie ne s’apprend jamais dans un cours; il faut le cadavre, et le cadavre entouré de deux ou trois élèves qui dissèquent avec vous, et d’un élève plus intelligent qui vous dirige; la chinique ne s’apprend qu’à l'hôpital, avec un interne ou un chef de service qui vous enseigne l’art de poser les questions et de procéder: méthodiquement dans lexamen d’un malade.
Je ne veux pas ici vous parler de ces méthodes d'interrogation, fort utiles d’ailleurs, que vous trouverez indiquées dans tous les manuels que vous avez entre les mains. — Ces méthodes, vous dis-je, sont fort utiles; mais je voudrais vous prémunir contre certains excès qui m'ont toujours profondément blessé et que vous ne me voyez Jamais commettre.
Il faut nous souvenir, messieurs, que les malades des hôpitaux sont des pauvres que la détresse et le besoin amènent forcément dans nos salles. Rien que cette situation doit nous conseiller des égards et nous inspirer du respect. À égard des hommes, j'en conviendrai, nous pouvons agir avec moins de réserve. Il n’y a pas en somme un grand meconvénient, au point de vue de la pudeur et de la convenance, à découvrir un homme, pour examiner la surface de son corps ; 1l n’est pas permis pourtant de le faire si cet examen peut avoir quelques inconvénients pour sa santé, et, je dois le dire, trop souvent les jeunes gens qui découvrent les malades oublient que la peau couverte de sueur ne peut, sans un très-orand danger, rester exposée au contact d’un air glacé. Il n’est permis à personne, même dans un intérêt scientifique, de prolonger un examen, de se livrer à des pratiques d’auscultation et de percussion qui épuisent les forces d'un pauvre malade, et mieux vaut, à moins de la plus impé-