‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 25 sur 76 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

rieuse nécessité, laisser une investigation incomplète, sauf à y revenir le soir ou le lendemain, que de briser un malade déjà si profondément abattu.

Ce que je dis là s'applique aux deux sexes; mais quand il s’agit des femmes, le médecin doit se souvenir qu’il a une fille ou une sœur; et que jamais l'examen ne doit prendre les apparences d’une coupable curiosité. Les femmes perdues qui entrent dans les hôpitaux, et elles sont en grand nombre, n’ont de respect pour nous qu’à la condition que nous en ayons pour elles. Elles nous savent gré d’une retenue qu’elles railleratent peut-être ailleurs, et je ne suis pas sûr qu’elles n’emportent pas de l’hôpital de meilleurs sentiments quand elles y ont été traitées avecles mêmes égards que les pauvres filles dignes de tous nos respects qui souffrent dans le lit voisin.

On peut faire avec la plus grande chasteté les investigations qui semblent être le moins chastes, et pourvu que ces recherches soient utiles et surtout jugées telles par les malades, elles sont Re souvent même avec reconnaissance. |

Il ne s’agit point icr de pruderie, mais seulement de savoir-vivre, et rappelez-vous que le médecim à d’autant plus de chances de réussir dans sa carrière si difficile, qu’il oubliera moins à l'égard de ses malades les règles de bienséance qui sont Papanage de la bonne éducation.

Lorsque vos études cliniques seront plus avancées, lorsque déjà vous pourrez, avec un réel avantage, faire un faisceau de connaissances acquises, et systématiser les faits et les observations, vous jugerez alors plus sainement la valeur des diverses nosologies et des nomenclatures qui surchargent si malheureusement notre art. Tous les nosologistes ont cru être dans le vrai, tous ont pris en pitié leurs devanciers, et tous ont été parfaitement convaincus que les classes, les ordres, les genres, les espèces de maladies n’avaient jamais été reliés par des liens plus légitimes et plus naturels que ceux qu’ils ont adoptés. Tous ont été bien convaincus que les dénominations nouvelles imposées aux maladies constituaient une nomenclature impérissable. — Que reste-t-il de tant de nosologres et de tant de noms? Rien que ce qui a été consacré par l’assentiment de tous les siècles, rien que ce qui à été adopté par la généralité des médecins, débris de tous les systèmes, de toutes les nomenclatures.

On se donne bien de la peine pour torturer la langue grecque,

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