‹ Clinique médicale de lHòtel-Dieu de Paris (volume 2)Chapitre 37 sur 76 · INTRODUCTION. P XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. P XLIX

théâtre. Comme si celui-là était le meilleur chirurgien qui abat le mieux une épaule; comme si la médecine opératoire était une œuvre plus difficile que celle de l’écuyer tranchant ! et certes, s’il nous était permis de rassembler.et d'animer les cendres d’Ambroise Paré, sil nous était permis d'évoquer ici le plus illustre chirurgien des temps modernes, J.-L. Petit, je crains bien que ces deux grands hommes ne fussent des opérateurs moins brillants que tant de jeunes élèves si fiers d’un si facile talent.

Presque tous, messieurs, vous connaissez plus de drole que Paracelse, beaucoup d’entre vous, plus que Scheele et que Priestley, quelques-uns même, plus que notre Lavoisier : vous savez de la chimie, mais vous n'êtes pas chimistes; et, parmi ceux qui m'enendent, croyez-vous qu'il en soit beaucoup que la postérité jugera dignes de s'asseoir à côté de ces hommes dont je viens de vous citer es noms glorieux. C’est qu’il y a, messieurs, une grande différence entre le savant qui recueille et l'artiste qui produrt.

Ne vous croyez donc pas médecins, parce que. vous avez acquis habitude d’appliquer au diagnostic des maladies ces procédés inénieux dont la science s’est enrichie depuis le commencement de 2e siècle : ces méthodes admirables de percussion et d’auscultation, que Laennec a faites du domaine publie, et qu’il n’est permis à personne de ne pas connaître, sont entre nos mains ce que le télescope t la loupe sont entre les mains de astronome et du naturaliste, les instruments intermédiaires entre notre intelligence et les objets; nais la loupe et le télescope ne feront jamais un Tournefort ou un salilée, pas plus que le nr ne fera un Sydenham ou un l'orti.

Et pourtant, messieurs, on ne peut contester que les moyens investigation multipliés que nous possédons aujourd’hui, en muliplant les notions premières, ou tout au moins en les rendant plus xactes, ne mettent l'esprit dans de telles conditions, que des maniestations artistiques ne se puissent produire plus fécondes, plus ratiques, plus sûres. Comment se fait-il donc que l'intelligence levienne plus paresseuse à mesure que les notions scientifiques se nultiplient, contente de recevoir et de jouir, peu soucieuse d’éla- Jorer et d’enfanter ? Les formules de la science aident moins Part qu’on ne le croit. La chimie vous a appris à former les couleurs; Île vous a dit pourquoi et quand elles se dissociaient; elle vous a

ppnis à les fixer sur une toile moins altérable et mieux préparée ; TROUSSEAU, 2€ édit, — 1. e

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