X INTRODUCTION
Je demande donc que le jeune étudiant assiste tous les Jours à une visite d'hôpital. Il importe peu pour mor qu'il commence par la médecine ou par la chirurgie. Toutefois, 11 me semble que la fréquentation des salles médicales est plus profitable en commençant que celle des services de chirurgie. Le jeune homme est attiré par le spectacle des œuvres chirurgicales; la solennité de l'appareil, l'adresse du chirurgien, les résultats immédiats conquis et obtenus par l'artiste frappent et séduisent sa jeune imagination; mais il n’assiste qu’à un spectacle stérile pour lui. Il faut être déjà bien habile en anatomie et en physiologie, pour comprendre le mécanisme d’une réduction de fracture ou de luxation; mais l'élève qui assiste à ces opérations délicates, dans lesquelles le chirurgien ne donne pas un coup. de bistouri sans se souvenir des détails anatomiques les plus minutieux, ne peut comprendre ce qu'il faut d'habileté, de sang-froid, d'intelligence, pour arriver à des résultats immenses pour l'artiste, inappréciables pour celui qui ne connaît rien encore. — J’ai toujours vu que les jeunes gens étaient plus séduits par ces opérations qui ne demandent pas beaucoup plus d'intelligence qu'il n’en faut à un garçon boucher pour dépecer un bœuf, que par ces merveilleux procédés, ces manœuvres délicates et intelligentes qui constituent le véritable chirurgien, et qui frappentd’admiration ceux qui, déjà profondément instruits, peuvent comprendre et apprécier. Vous ne tirerez donc de profit réel de la fréquentation des salles de chirurgie que lorsque vous serez déjà initiés à l’anatomie, tandis que, pour les premières études de médecine, il vous suffira d’avoir quelques notions superficielles de physiologie.
Vous vous habituerez bientôt à voir des malades, à lire sur leur visage la gravité de l'affection; à tâter le pouls et à en apprécier les qualités; vous prendrez les premières notions de l’auscultation et de la percussion. Vous connaîtrez de bonne heure les grands troubles fonctionnels des divers appareils de l’économie; les modifications des sécrétions et des excrétions; vous verrez dans les salles d’autopsie quelques-unes des relations qui existent entre les lésions cadavériques et les symptômes ou les signes observés pendant la vie; et déjà, après quelques mois, vous aurez appris bien des choses qu'il vous eût fallu apprendre plus tard. Encore une fois, : ce ne seront là que des notions indigestes; mais, chemin faisant, les leçons et surtout les conversations intimes de vos maîtres et de vos