ET DE LA FIÈVRE MÉNORRHAGIQUE
plusieurs petites pustules d’acné. Voila pour Îles prodromes qui existent en dehors de Pappareil générateur. Il en est d’autres maintenant, et ce sont les plus importantes, qui ressortissent plus spécialement à cet appareil : je veux parler du gonflement des mamelles, qui deviennent douloureuses et dent les lobules sont sentis plus distinctement : en même temps, Il y à de la chaleur dans la région sacrée, des pesanteurs de reins, un peu de leucorrhée, des besoins plus fréquents d’uriner et, chez beaucoup de femmes habituellement constipées, de la tendance à la diarrhée. Je n’ai pas besoin d'ajouter, messieurs, que, dans la plupart des maladies chroniques, il survient une aggravation légère des symptômes, aggravation qui, pour beaucoup de femmes, a une signification bien positive.
Vous comprendrez tout de suite, messieurs, combien il est important d’interroger avec une minutie extrême les femmes atteintes d'aménorrhée pour connaître d'elles ces signes précurseurs que je viens de vous indiquer sommairement. Il faut, en effet, être bien prévenu que, si l’hémorrhagie utérive peut se produire en dehors de l’époque menstruelle, cela tout au moins n’arrive que très-exceptionnellement. C’est en vain que, chez une femme qui depuis huit jours a cessé d’avoir ses règles, vous accumulerez les médications les plus diverses pour rappeler l’hémorrhagie, vos efforts demeureront superflus; mais, par contre, vous aurez bien de la peine à faire une médication assez mauvaise pour l'empêcher de reparaître à l’époque fixée par la nature. S'il nous est si difficile de faire venir le sang quand le travail préparatoire n'existe pas, de quel droit espérez-vous arriver à un résultat utile en donnant à une femme atteinte d'aménorrhée un prétendu remède emménagogue ?
L'opportunité, en pathogénie comme en thérapeutique, est une importante chose à considérer. Un homme vient d’avoir une attaque de goutte, et il n’en était pas à sa première, il avait donc une constitution goutteuse. Si l'attaque est bien passée, il pourra impunément faire des excès de table, de femmes, de veilles, sans parvenir à se donner immédiatement un nouvel accès de goutte. Mais quand depuis longtemps le principe goutteux sera resté sans faire explosion, quand il se sera préparé, accumulé dans l'organisme, la plus légère cause occasionnelle suffira pour produire une attaque de goutte violente, J’en dirais autant pour les dartres, pour la migraine, pour l'asthme et pour d’autres maladies diathésiques.
Nous recevons, le corps baigné de sueur, une pluie glacée; dix fois, à la chasse, nous resterons dans un marais, exposés au froid et à l'humidité, et nous rentrerons au logis sans une douleur, sans même un rhume de cerveau. Huit jours plus tard, le vent d’une croisée entrebâillée nous donnera une fluxion de poitrine ou un rhumatisme aigu. C’est que, dans le premier cas, la disposition n'existait pas,.et elle était dans toute sa puissance dans le second. De la même manière, vous comprendrez que le travail général, qui se termine par la mensiruation, se prépare, s’accroît et, en quelque sorte, s’accumule à partir du moment où cesse une époque jusqu’au moment où une autre appa-
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raît; et l'influence de nos médications sera toute différente, suivant que le remède sera appliqué aujourd’hui ou dans trois semaines.
La médication emménagogue , messieurs, est quelque chose de fort complexe, et l’on peut dire que, s’il y a une médication qui mérite ce nom, il y à bien peu de médicaments qui aient le droit de le conserver.
Si, comme cela est si commun, une femme fortement pléthorique est mal réglée, croyez-vous que votre conduite médicale devra être la même que chez celle qui est dans une anémie profonde? Croyez-vous que, si l’antagonisme morbide d’une inflammation du poumon ou de tout autre organe à supprimé la fluxion menstruelle, vous devrez agir de la même manière’ que si une jeune fille a interrompu brusquement le flux utérin en mettant ses pieds dans l’eau froide ? Il vous suffit, messieurs, de l'énoncé de ces vulgarités pour vous faire comprendre la difficulté de la médication.
Il va chez la femme, comme chez l’homme, des fonctions nécessaires, constantes : les sécrétions cutanées , rénales, hépatiques , se font incessamment, et l’on comprend que pour exciter ces diverses sécrétions le médecin ait quelquefois peu de chose à faire, puisque l'économie y est toujours préparée. Il y a là une aptitude fonctionnelle continue qui, pour être augmentée, n’a besoin que de l’occasion la plus légère.
Mais la menstruation est une fonction intermittente, passagère, accidentelle en quelque sorte. Tant de conditions la troublent, que l’on concoit les difficultés que rencontre le thérapeutiste quand il veut l’angmenter ou la régulariser. Cette fonction n’est pas tellement essentielle à la femme adulte qu’elle doive s'exercer quand mêine; aussi se dérange-t-elle facilement quand lharmonie générale vient elle-même à être gravement troublée. Tant qu'existent ces troubles généraux, c’est vainement qu’avec des emménagogues on voudra rappeler les règles. La première condition de toutes, c’est de rétablir l’équilibre, et alors l’excitant spécial de l’utérus devient dans la balance un poids important. Les fonctions menstruelles tarderont à se rétablir non-seulement tant que duréra une fluxion antagoniste, comme cela a lieu dans certaines phlegmasies aiguës ou chroniques, ou dans des maladies diathésiques qui altèrent profondément la constitution du sang et l'harmonie du système nerveux, comme Ja chlorose, Falbuminurie, le diabète, etc., etc.
Si dans la chlorose, par exemple, les fonctions constantes et nécessaires, telles que la calorification, linnervation, la diurèse, la diaphorèse, sont si bizarrement et si opiniâtrément perverties, que sera-ce pour une fonction accidentelle comme la menstruation ?
I est donc trop évident, messieurs, que si la fièvre ou une phlegmasie antagoniste s'oppose à la fluxion menstruelle , le médecin n'aura à s'occuper que de combattre cette fièvre ou cette phlegmasie. Si la pléthore est la cause du mal, c’est en diminuant la masse du sang où en atténuant sa plasticité que le flux utérin deviendra plus facile, tandis qu’il faudra s'adresser aux martiaux, aux toniques, si le dérangement de la fonction peut être attribué à la