ET DE LA FIÈVRE MÉNORRHAGIQUE
sidéré comme un emménagogue relatif, tandis que Îles autres sont des emménagogues absolus, en ce sens que, en général, ils angmenteront ou ils provoqueront le flux menstruel dans quelques conditions de santé que se trouve la femme, avec cette restriction, toutefois, que la saignée"dont j'ai parlé ne sera pas trop souvent répétée.
Vous vous rappelez ce que je vous disais tout à l'heure de l'opportunité de l'emploi de tel ou tel remède, et il n’est pas de cas où la nécessité de l’opportunité soit aussi absoiue que dans la médication emménagogue. L’iode, la saignée, les bains, ne peuvent ordinairement rien pour provoquer les règles quand elles viennent à cesser ; mais si le travail préparateur a commencé à se faire, ces agents auront une puissance considérable. Dans l'aménorrhée, par cela même que depuis longtemps le flux n’a point paru, il semble que lon n'ait plus de moyens de reconnaître ce travail préparateur, et par conséquent d'employer les emménagogues avec opportunité.
Cependant, messieurs, avec une attention soutenue, le médecin reconpaîtra le moment où il doit appliquer les agents emménagogues.
Avant de parler des signes à l’aide desquels nous reconnaîtrons que le moment est venu d'agir, laissez-moi détruire un préjugé que je regrette de voir si souvent établi dans l'esprit des médecins. Sans doute, il n’est pas de praticien qui ajoute foi aux prétendues influences lunaires, et qui ne sache à merveille que, sur cent femmes, il n’en est peut-être pas une chez laquelle le flux menstruel réponde plusieurs mois de suite à la même phase de la fune. Mais un grand nombre de femmes disent et répètent qu’elles sont réglées à certains jours du mois et qu’elles le sont ainsi plusieurs mois de suite. Lorsque lon se donne la peine de compter exactement avec elles, et quand on les oblige à tenir une note exacte d’une série d’époques, il n’est pas bien difficile de se convaincre et de les convaincre elles-mêmes du peu de fondement de leur première assertion. Or, ceci, messieurs, a quelque importance : au lieu de compter les époques par une révolution mensuelle, il faut supputer d’après : le temps qui, pour chaque femme , sépare chaque période. Cette observation a de la valeur quand il s’agit d’administrer les remèdes emménagogues aux époques présumées du retour des règles. Mais il importe de bien savoir que toute supputation devient absolument impossible lorsque l’aménorrhée existe déjà depuis quelques mois. La suppression que l’on observe pendant la gros: sesse est uu acte tout physiologique, et il y a cela de curieux que, pendant les trois ou quatre premiers mois de la gestation, la fluxion mensuelle se caractérise par des signes très-évidents chez la plupart des femmes, et les accoucheurs expérimentés savent à merveille que les avortements ont lieu principalement à ces époques ; aussi, chez les femmes qui sont exposées à faire des fausses couches, tiennent-ils grand compte de ces manifestations flaxionnaires pour inposer le repos à tel moment ou à tel autre. Mais, quand l’aménorrhée vient en dehors de la grossesse, la fluxion des organes générateurs perd immédiatement sa régularité accoutumée, de sorte qu'il ne faut plus compter