ÉROTISMJS DE LA MÉNOPAUSE
sieurs années n'avait eu aucune relation avec elle ; que duns ces dernières années, cette privation, jusque-là bien supportée, était devenue pour la malade une cause de vives souffrances, et cette femme ajouta : J'étais veuve à cette période de ma vie, et je sais ce que j'ai souffert.
Je n'eus pas l'occasion d'approfondir celte situation, c'était la seconde fois que je voyais la malade, elle allait beaucoup mieux, me disait-elle, et ses idées noires s'étaient dissipées. A ma visite suivante, en approchant de sa maison, j'appris qu'elle venait de se précipiter du troisième étage et qu'elle était morte instantanément.
Quelques années après, je fus consulté par une danie anglaise âgée de quarante-huit ans, femme d'un clergyman de Londres et mère de huit enfants. Elle avait souffert quelques années auparavant d'une métrite catarrhale et avait été cautérisée à l'aide du caustique de Fiihos. Cette cautérisation avait déterminé une oblitération presque complète de l'orifice utérin, on apercevait à sa place deux ou trois pertuis, comme des trous d'aiguille, par lesquels se faisait l'écoulement menstruel, quand il avait lieu, car il ne venait plus que d'une manière irrégulière. Depuis sa maladie, elle avait cessé de cohabiter avec son mari. Cette dame se plaignit d'abord de dyspepsie^ de constipation ; mais au bout de quelques jours, elle m'avoua, que sa maladie principale consistait en spasmes erotiques qui se répétaient plusieurs fois par jour, sans aucune provocation de son imagination, et sans qu'elle pût même les réprimer. Un jour, étant avec elle et une de ses amies, je fus témoin d'une de ces crises : elle marchait dans la chambre, elle s'arrêta tout à coup, rougit ; ses yeux devinrent fixes, un léger tremblement agita ses membres, et sous elle s'échappa une sécrétion liquide sécrétée par les glandes vulvovaginales. Cette malade n'était qu'accidentellement à Paris. Cette affection lui inspirait une tristesse profonde. Entourée d'une famille respectable, de filles déjà mères à leur tour, elle n'avait osé en confier le secret à son médecin habituel, qui, ne voyant là qu'un état nerveux, lui avait conseillé un voyage sur le continent. Je lui donnai quelques directions et la perdis de vue. J'avais obtenu une amélioration dans l'état des organes digestifs, et la malade, se sentant mieux, quitta la France. Depuis, je n'ai pas eu de ses nouvelles. J'ai cité ce fait avec quelques détails, parce qu'il nous offre la maladie sous son type le plus accentué : il y avait chez cette dame non-seulement des désirs, mais des jouissances involontaires, on pourrait dire des pollutions diurnes. Je rapporterai deux autres faits qui nous montrent la même affection sous des formes peu différentes.
S4^ CLINIQUE BfÉDICALI.
Une dame qui a aujourd'hui plus de cinquante ans, avait eu un enfont à l'âge de vingt-deux ans; depuis lors, d'après le conseil très^peu motivé d'un médecin, elle avait vécu privée de toutes relations sexuelles, pour ménager» hii avait«on dit, la délicatesse de son mari. Celui-ci était hypochondriaque et très-préoccupé de sa santé ; il avait accepté cette séparation qui lui avait été présentée comme une condition de sa conservation. Cette femme, ornée de tous les dons de la nature, entourée de toutes les séductions du mondci ^vaît vécu de la manière la plus austère, et ne s'en faisait aucun mérite, car elle n'avait jamais senti l'aiguillon des passions. Elle avait eu des antécédents arthritiques dans sa race et avait présenté elle-même quelques trèslégères manifestations herpétiques, bornées à un pityriasis passager ; ces lésions cutanées furent remplacées par une affection que j'ai observée plusieurs fois chez les femmes. Elle souffrit pendant plusieurs années d'une initabilitë telle de la vessie, qu'elle ne pouvait résister aux besoins d'uriner, qui «e flijsaient sentir à des intervalles très-rapprocbés, et très^souvent dans 14 jeumée, Les urines étaient sédinoenteuses, ne renfermaient pas de muoos|ti^ en quotité noUibh» mais laissaient un dépôt furfuracé qui ne parais* mt pa9 entièremept çQp^titué p^ dc9 urates, Chomel, qui lui donnait alors 4^s sp^ns, constata une antéversioi^ un peu exagérée 4e l'utérus, }ui prescrivit l'usage d'une ceinture k plaque qu'elle supporia mal et qui ne lui apporta aucun soulagement. Tenant compte des manifestations herpétiques, héréditaires chez elle, il lui conseilla quelques bains légèrement sulfureux. Appelé à surveiller le traitement sous sa direction, j'y ajoutai des pilules de belladone, et l'usage aux repas d'eau légèrement alcalinisée. Cette indisposition, très-pénible pour la malade, condamnée par sa position à mener la via du monde, disparut rapidement et complètement sous Finfluence de ce tmtement^ maie la disposition herpétique p(irut quelque temps après se \QC9imr sur l'intestin. Une diarrhée peu ^ond^ntô mais opiniâtre remplaça le \éjiem^ vésical ; 1^ codéine pn flt justice,
Pendant sept à huit ans, malgré des épreuves très*-pénibles et un dévoue» nfiont pour Ips siens, qui lui imposait parfois des fatigues aunlessus de ses forçeS| pette damp jouissait 4'une santé en apparence tlpri^sante* Jusque-là mncçi pt élancf$e, plie prit de J'emhonppint ; pt en même temps les glandes m^mm<^ires acquirent chez elle un développement incommode* Elle était sujette cependant à des douleurs et à des sensations de pesanteur dans la région sacro-lombaire, qui s'exaspéraient au voisinage des époques menstruelles et quelquefois devenaient assez violentes pour lui commander le repos. Elle avait environ quarante-six ans ; les règles devinrent très-abondantes ; une fois, des accidents pelvi-péritonitiques de courte durée vinrent compliquer ces malaises qu'elle n'avait pas asses écoutés. Les conditions de sa vie de famille devinrent de plus en plus pénibles, et sous l'influence de ces causes physiques et morales réunies la nutrition s'altéra \ elle continui