ÉROTISMR DE LA MÉNOPAUSE
et ëfitait les relations conjugales : parce que, disait-elle, eUes ne faisaient qu'exciter, sans la satisfaire, l'ardeur erotique qui la tourmentait.
Pour résumer les observations que j'ai recueillies sur oe sujet, je dirai qu'aux approches de la m^opause, des femmes qui jusque-là avaient des instincts erotiques modérés, ou qui môme avaient de Tiiidifférence pour les rapports sexuels, sont parfois tourmentées par des excitations génésiques violentes insupportables, que le séjour au lit augmente quelquefois ; mais d'autres fois elles se font sentir pendant le jour, en ddiors de toute provocation extérieure, de tout entratnemeut de rimagination, dans les circonstances même qui sembleraient devoir écarter ces aberrations sensitives. C'est au milieu de leur famille, de leurs enfants, debout, en voiture, au milieu d'étrangers, que ces sensations irrésistibles viennent chercher les malades, accompagnées ou suivies d'impressions voluptueuses. Ces crises erotiques peuvent èire de très-courte durée et se répéter plusieurs fois dans la journée; elles peuvent durer plusieurs heures. En général, le voisinage de la période cataméniale les augmente, les rend plus fréquentes. Ces espèces de pollutions féminines fotiguent les malades, les épuisent, et sont habi* tuellement accompagnées de troubles névropathiques, tels que des névralgies, de Fhypochondrîc, de l'hystéricisme; la tristesse, les sera* pules, le dégoût de la vie, en sont les conséquences habituelles. Telle était, du moins, la disposition morale des malades que j'ai observées. Comme dans la plupart des névroses, la fonction hématopoiétique s'al* tère, des signes d^anémie s'accusent plus ou moins^ suivant la durée et l'intensité de la maladie, et cette anémie secondaire, comme dans les autres névroses qu'elle vient compliquer, prolonge et augmente les troubles d'innervation par une sorte de cercle vicieux. Quoique la gas* tralgie et la dyspepsie viennent ordinairement s'ajouter aux autres anomalies fonctionnelles, les malades peuvent conserver de Femboit*point. J'ai noté chez plusieurs un développement considérable des glandes ihammaires, et je me suis demandé s*îl ne pouvait pas y avoir quelque connexion avec l'excitation exagérée de l'appareil génital, car tout le monde sait que dans l'état physiologique les excitations de l'appareil utéro-ovarien réagissent sur les mamelles^ et réciproquement.
Chez la plupart des malades qui m'ont présenté cette vésânîe génitale, j'ai constaté ou Ton avait constaté antérieurement des lésions de Tappa^" reil générateur. Chez une des malades dont j'ai rapporté Tobservationj un engorgement de la matrice avait motivé des cautérisations profondes
suivies d'atrésie de l'orifice utérin ; chez une autre, existait une tumeur fibreuse adhérente à la face postérieure de l'utérus. Chez les sujets prédisposés aux affections névropathiques, une lésion locale devient souvent le prétexte des troubles d'innervation et en détermine la localisation. J'ai dit en commençant quel rôle on pouvait attribuer à la ménopause dans cette affection; mais, comme je l'ai signalé à cette occasion, d'autres modalités fonctionnelles peuvent la provoquer. J'ai ajouté qu'on l'observait quelquefois à l'époque de la puberté. Elle n'est pas rare chez les femmes mariées qui vivent dans la continence. Cette situation, quand elle a pour cause l'impuissance du mari, amène trèssouvent des accidents hystériques, quelquefois du vaginisme, et j'ai observé plusieurs cas d'érotisme ou de satyriasis féminin développés sous l'influence de cette condition anomale. Les excitations non satisfaites qui en sont le résultat, produisent des troubles d'innervation, et plus d'une fois j'ai été consulté par de pauvres femmes tourmentées par ces appétits sexuels qui indignaient leur vertu ; j'en ai vu qui cherchaient dans l'épuisement des fatigues physiques, dans un régime austère, un calme qu'elles n'y trouvaient pas; et alors, honteuses de l'aveu qu'elles étaient obligées de faire, elles réclamaient les secours de la médecine. Dans ce cas, la ciguë, le camphre, le bromure, l'arsenic, les bains tièdes, l'hydrothérapie, ont dompté ou modéré ces révoltes des sens. Mon ami le docteur Barthez, pense qu'on pourrait tenter dans cette affection l'emploi du chloral, qui réussit dans des états morbides offrant quelque analogie avec celui-ci. Il faut au traitement pharmaceutique joindre un traitement hygiénique, dont l'exercice, les distractions, le régime, seront les principaux éléments. Il faut aussi rassurer les malades, apaiser leurs scrupules qui, appelant sans cesse leur imagination sur leur mal, lui fournissent de nouveaux aliments. Enfin, si du prurit vulvaire, si quelque affection herpétique des organes génitaux compliquent cette maladie, on v trouvera l'indication d'un traitement constitutionnel et topique propre à faire disparaître ces manifestations locales qui, comme nous l'avons dit, peuvent servir de prétexte à cette névrose génitale.
DE I^'HYPERESTHÉSIC: VlJIiVAlRE
ET DU VAGINISME (1).
Sotnmaire. — Causes prédisposantes : hystérie, arthritisme. — Keclicrches de Landry.
Distinction à établir entre les hyperesthésies vulvaires et les liypcresthésies vaginales. — Hyperesthésies ovariennes.
Vaginisme ou spasme du vagin. — Travaux de Marion Sims. — Observations de Michou.
Observation clinique : vaginisme, débridement de riiymen. — Névralgies et accidents dyspeptiques.
Nouvelles observations de vaginisme traité avec succès par l'application de suppositoires belladones et bromures.
Dangers des incisions profondes.
Messieurs,
Je n'ai pas Tintention de traiter m extenso de ces névroses génitales; mais je veux rapporter quelques-unes des observations, relatives h ces affections, que j'ai rencontrées dans ma pratique, et apporter ma contribution à leur histoire encore incomplète, malgré les travaux importants dont elles ont été Tobjet.
ï/hyslérie constitue une prédisposition incontestable au dévcloppeiin'nt de ces désordres nerveux; l'arthritisme, qui (^st le plus habituellement la condition pathogénique de l'hystérie, pourra se retrouver aussi dans les antécédents des malades. Dans le plus grand nombre de cas, des causes occasionnelles sont intervenues pour provoquer l'action
morbide.
Landry, de regrettable mémoire, avait fait une étude particulière de riiyperesthésie vulvo-vaginale; il la regardait comme très-habituelle dans
(i) Leçon publiée dans la Gazette des hôpitaux, 1870.
CUEMKAU PE MGSST. -— Clin. méd. H. — 23
rhyslério confirmée, ol il croyait qu'en la calmant par un traitement topique, on pouvait modifier les autres manifestations hystériques. Il cautérisait les points hyperesthésiés avec un crayon de nitrate d'argent, et affirmait en avoir obtenu de bons résultats.
Je crois qu'il faut distinguer les hyperesthésiés vulvaires des hyperesthésiés vaginales. J'ai vu une hystérique affectée de névralgies pelviennes, avec une hyperesthésie telle de la vulve, que le moindre mouvement des cuisses lui arrachait des cris ; elle restait immobile, accroupie sur son lit, les cuisses écartées et fléchies, le tronc courbé en avant, la tête sur les genoux; trois fois par jour elle s'injectait sous la peau 75 centigrammes d'hydrochlorate de morphine et buvait en outre, quand elle pouvait s'en procurer, plusieurs cuillerées de laudanum de Sydenham. Elle en avait avalé un jour un verpt^ entier, qui n'avakfn d'autre résultat que de lui procurer un sommeil paisible. Les accidents hystériques s'étaient manifestés avec violence à la suite de la rupture d'un mariage qu'elle avait vivement désiré; elle était créole, d^one nature ardente, passionnée, qu'aucune éducation raisonnable n'avait modérée ou dirigée. — Sous l'influence de .cet état névral^que, la vulve était devenu le siège d'une sécrétion anomale, accompagnée 4e pmrit. Une pommade avec le bromure de potassium, le tannin et l'extrait de belladone lui procura un soulagement immédiat.
Ici, il y avait plus que de l'hyperesthésie, il y avait de la névralgie de la vulve.
L'hyperesthésie vulvaire est plus commune; il y a des femmes qui souffrent constamment dans les rapports sexuels, naéme après avoir eu plusieurs (^fants, et sans qu'il y ait aucune condition physique chez leurs maris qui puisse expliquer ces souffrances dans le coït.
Cette hyperesthésie a paru quelquefois motivée par unedédiirure produite dans l'accouchement; ou plutôt je l'ai vue se localiser au niveau de la cicatrice, qui était douloureuse au plus léger contact Ces douleurs souvent provoquent une contraction spasmodlque du vagin et des adducteurs fémoraux, qui rendent les rapports sexuels plus ^ifticiles, et par cela même plus douloureux. Alors les malades, celles même gui sont ardentes, passionnées, et qui éprouvent des hesoins sexuels, reculent devant leur satisfaction, ne cèdent qu'en tremblant aux désirs de leurs maris et avec 'd'indicibles loptures. J'en ai mi ohez desquelles, après douze ans de mariage let cinq^ou six cauckes, oette senBiMKtéafïiorbide n'avait pas diminué. Je citerai plus loin une observation dans laquelle elle précéda le vatginisme.
DE l'hyperesthésik vdlvaïre et du vaginisme. 355
Il n*e«t pas rare et voir T^iyperesthésie volvaire coïncider avec des éruptions pparig^noBses de la vulve. L'observation suivante en est un exemple.
Madame "G. , âgée de trente ans^ a un embonpoint modëré ; son visage est parsemé de pustules d'acm rosacea sous lesquelles on aperçoit une teinte pâle, anémique.
Llie a de fi'ëquentcs migraines, son père et tous ses enfants sont sujets h. la même indisposition^ sa grand-mère paternelle en était atteinte ; son pèi*e jouit d'une bonne santé.
Elle a peu d'appétit, mais ses digestions sont régulières.
Mariée à dix-sept ans, elle fut prise, un an après son mariage, de douleiu^ utéro-lombaircs, accompagnées de leucorrhée. Pendant dix ans elle (ùt tourmentée par des traitements de toute espèce : sangsues, hydrothérapie, repos horizontal prolongé, médication topique, et tout cela sans succès. Chomcl la guérit en quelques mois par des cautérisations et une saison aux eaux de Canterets.
Plus tard, il 7 a dix a«s, elle eut une pharyngite accompagnée d'exsndalion sanguine ; elle expectorait tous les matins une gorgée de sang noir et de mucosités visqueuses.
Tous les traitements locaux restant inefQcaces, une saison à Saint-Gervais la guérit rapidement.
Depuis plusieurs mois elle est tourmentée par du prurit vulvaire ; depuis trois mois ses règles étaient remplacées par un flux séreux incolore, qui a pris le mois deniier une teinte rosée.
L'examen des parties sexuelles me fit constater les particularités suivantes: Les grandes lèvres -sont sarnes; les nymphes sonft tuméfiées, elles présenfteift ainsi que l'orifice vmlvaire une coloration d*un rouge vif et une exquise sensibilité, l'introduction du doigt était douloureuse au point de provoquer des cris et presque des convulsions. Le col de Tutérus est petit, moUasse, accolé k la paroi postérieure du vagin ; la malade accuse des douleiu's fréqaentes qui, partant des lombes, irradient vers les régions iliaques. Je lui conseillai de diriger sur la vulve des pulvérisations faites avec une faible solution de borax, dans un décodé de pavots.
Le bon effet qu'elle avait déjà plusieurs fois obtenu des eaux sulfureuses m'engagea à lui conseiller une saison à Saint-Sauvenr ou à Cauterets. Quelques années après feus l'occasion de revoir cette malade, et j'appris qu'elle s -était bien trouvée de mes conseils, elle ne souffrait plus de ses accidents utérins.
Le traitement topique que j'indiquerai pour celui-ci convient dans rhyperestbésie. Si, oomme dans le fait rapporté pins haut, un état conestif superposé h j-élément ncvraigiqac aboutit à une sécrétion
catarrhale ou à une affection herpétique, ces complications appelleront dans le traitement des modifications que j'ai indiquées à propos du prurit vulvaire.
Le point vaginal, que Landry avait rencontré le plus souvent dans un des culs-de-sac vagino-utérins, n'est pour moi qu'un retentissement de l'hyperesthésie ovarienne. J'ai étudié ailleurs cette hyperesthésie, que j'ignorais alors avoir été signalée par Schutzemberger; on la constate en exerçant une pression sur une des régions iliaques et en refoulant en bas et en arrière la paroi hypogastrique dans la direction du ligament large. Comme je l'ai dit, on la rencontre plus souvent à gauche qu'à droite; elle peut exister des deux côtés; il n'entre pas dans mon sujet d'en faire ici l'histoire.
J'ajouterai seulement à ce que j'en ai dit un détail qui me parait en déterminer le siège : quand cette hyperesthésie iliaque est très-caractérisée, en portant le doigt dans' le cul-de-sac vaginal du même côté, et en comprimant la base du ligament large, la malade accuse de la douleur.
(blette hyperesthésie ovarienne peut rendre le coït douloureux quand le pénis vient appuyer sur ce point, et j'ai entendu des femmes se plaindre des douleurs qui en résultaient et qu'elles imputaient au choc subi par la matrice dans les rapports sexuels.
L'hyperesthésie ovarienne est souvent accompagnée de névralgies dans les nerfs lombaires, sciatiques, quelquefois même intercostaux. I^eur coïncidence avec la névralgie lombaire me parait sous la dépendance d'une loi que j'ai eu souvent l'occasion de vérifier : c'est que les névralgies viscérales sont presque toujours compliquées de névralgies des nerfs spinaux ; ainsi, j'ai presque toujours vu la névralgie inter- ('x>stale compliquer la gastralgie, etc.
Le vaginisme ou spasme du vagin n'a guère été étudié que dans ces deniières années. C'est surtout Marion Sims qui nous l'a fait connaître. Michon en a rapporté plusieurs observations dont la première recueillie chez une malade que je soignais avec lui et avec Chomel, et qui, évidemment, se rapporte au vaginisme; mais c'est Sims, je crois, qui a le mieux fait ressortir l'analogie de cette affection avec le spasme de l'anus et en a bien déterminé la nature.
La malade que j'ai vue avec Michon était une dame d'une trentaine^ d'années, mariée depuis six à huit ans et sans enfants. Elle était de race arthritique et était tourmentée par des névralgies, des phénomènes dyspeptiques et des migraines d'une insupportable fréquence. Sa stérilité
DE L*HYPERESTBÉSIE VIJLVAIRE ET DU VAtilMSME. 357
était pour elle la cause d'un profond chagrin. Son mari me confia qu'il n'avait jamais eu avec elle de rapports complets, mais que toutes les tentatives qu'il avait faites avaient causé des douleurs si aiguës, provoqué dés cris et des plaintes si pénibles, qu'il n'avait pas osé passer outre, et que l'impression, qu'il en éprouvait, l'aurait mis d'ailleurs dans l'impossibilité de le faire.
Je l'engageai à faire examiner sa femme par Chomel, sous la direction duquel je soignais cette famille. Chomel ne trouva rien de bien anomal par le toucher ; mais quand il voulut introduire le spéculum, il constata que l'hymen se laissait refouler à 2 ou 3 centimètres dans le vagin, et qu'à cette profondeur il opposait à la pénétration du spéculum une résistance tellement douloureuse qu'il crut devoir s'arrêter. Je cite le récit que me fît Chomel :
L'hymen avait-il été en réalité refoulé par les tentatives de coït souvent répétées sans briser l'obstacle qu'il opposait à la pénétration du pénis ; ou bien cette résistance, qui 'empêchait le spéculum d'avancer, était-elle le résultat du spasme provoqué par son introduction? étaitelle due à une contraction réflexe du muscle vaginal, consécutive à l'incitation douloureuse que l'instrument faisait subir à l'anneau vulvaire? C'est ce que je ne saurais afOrmer. Nous convînmes qu'on pratiquerait le débridement de l'hymen. Michon, appelé par nous auprès de la malade, partagea notre opinion et se chargea de l'opération. Après avoir fait, je crois, des incisions multiples, il maintint pendant plusieurs semaines des mèches ou des éponges dans le vagin pour maintenir dilaté l'orifice vul vaire. Nous engageâmes le mari, homme très- vigoureux d'ailleurs, mais très-nerveux, à ne pas se laisser effrayer par quelques douleurs ou quelques plaintes dans les premières approches.' Sa femme devint immédiatement enceinte. Avec la maternité disparurent les névralgies et les accidents dyspeptiques; les migraines devinrent aussi rares qu'elles étaient fréquentes auparavant, et cette dame eut successivement trois enfants dans l'espace de cinq à six ans. Malheureusement, après son troisième accouchement, elle fut prise d'accidents puerpéraux auxquels elle succomba.
Le second cas de cette nature que j'ai rencontré fut observé chez une dame de vingt-huit ans, mariée depuis neuf ans, et sans enfants. Son mari« homme robuste en apparence, énergique, mais extrêmement nerveux, avait abusé du tabac depuis son enfance; il avait, par des sentiments de vertu, évité pendant sa jeunesse le commerce des femmes et n'avait que très-rarement sacrifié aux passions de cet âge.
358 CLINIQUS MKDICUJ.
Cette continence peut contribuer quelquefois à produire une sorte d'impuissance relative que j'ai plusieurs fois rencontrée; les facultés. génési(|ues s'affaiblissent, et surtout elles se pervertissent ; les érectioas, plus faibles au contact de la femme, aboutissent à une éjaculation immé* diate, sans qu'il y aiA ni le temps ni la possibilité de pratiquer le coït. Les malades sont alors frappés de l'idée qu'il sont bnpuissants, ce qui> ckez les gens nenr^ux^ suffit pour rendre lai copulation inipossible. I^Qiursuivis de cette idée, ijb veulent se donner Ir tésioigna^ que Leurs facultés viriles ne sont pas. abolies, iJ6 en font ind fréquients ess&iâ, avee cette disposition d'espcU q«i les paralyse, et sans aAtondreque la «aiture fasse sentir des appels assez énergiques; préoccupés de leurs craintes daas les préludes mômes de l'acte conjtigaÀ, ils sedécoocecteoiet de-viennent inaptes à le remplir. J ai vu cette disposition^ d'origine toute cévébrale, persistoirdes.m<Mbsetdesanné«s> et ordinaireraenl après m'étre emparé de la confiance' de» malades pouE leur afSnner et les eonvaiiicve qu'ils n'étaient pas^ impuissants, je les engageai ai ne pas essanrer le coït avant d'y être iiiviié par des érections vigoureuses,, e^ dans l'accompUssemeiU de cet aete, d^ choisir une posildOft telle qift'ils évitassent toui« dépense de force musculaire, toute gône^ touto^ locomotion qui donnesait à leur imagmeAion le temps de suivre sai pente habituelle.
J'ai vu un sucieès ioftmédiat suivre quelquefeis ees siokples. conseils, Mai^ quelquetois une faiblesse réelle s'ajoute hi l'emgouBdisaemenà causé pai* L'inaction.^ et iJL £aut recourir à d'autres, moyens.
Ce jeune mari se trouvait dans ce» conid^tiotts; les excès nicotiques. avaient affaibli ses forces viriles. Je ue le dirigeais pas. à cette époque, mais j'avais, soigné sa femme depuis soui enfance, et après plusieurs années de souffrances morales comprimées et dévorées dans le sileui*e, elle fut inteiTogéd par mol sur des troubles de; saiMlié-et des tristesses qui étaient ioexplÂcables pour son entourage ; elle s'était mariée avec des aspirations ardentes vers la maternité ; la eonfriclion (fue cetHie espérance si chère lui était intevdite la plongeaii2 dttus; un. ehâ;gvin profond] que la bonté de sooi eoeuir la portait à dissimuler. Poussée de* mes questions, elle me fit l'aveu de.eette situationi.
Je cherchai à lui faive- enlrevoir quelcpie espoii* en h>i eitaiit des exemples de matemiiié survenue a^ès une bien plus longue atteniirvque la^ sienne; je l'engageai; à se bisser examiner par- une* sa^t^mine, à laquelle je recommandar devompre Thymea avec le^spéculum, si elle le trouvait intact,, opération: qwe^j'aL faite pinsieurs fois pour aidev, sans ([u'ils s'en doutassent, des. maris timides ou peu énergiques. Cetle petite
DE l'hYPERËSTHÉSIE VULVàIBS ET DU VAGINISME. 350
imnoefunrre fut exécutée, mais sans succès. — Cette jeune dame vécut encore quatre ou cinq ans dans ces conditions, désespépée de sentir son instinct non satisfait, et comprimant sou désespoir pour ne pas afflige oenx qui vivaient avec elle. Dans cotte lutte sa santé s'altéra, les functions (Kgestives se troublèrent, elle devint anémique et des névralgies, des pèénomènes d'hystéricisme se manifestèrent. Cependant son mari avait été' succcssiveraent soumis à un traitement hydrothérapique et àlelectrisalion. Ces moyens avaient amené une amélioration légère mais insuffisante; je lui fis conseiller d'abandonner ou du moins de restreindre beaucoup Tnsage du tabac, que je regardais comme une des prineipalos-causes de sa faiblesse, il le fit ets'en trouva bien ; mais ces e^^ tations si longtemps prolongées et non satisfaites, ces espérances déçus», ces désirs inassouvis, les troubles d'innervation et d'hématose qui en avaient été la conséquence avaient développé chez sa femme des sjmptômes do vaginisme. Dès que son mari l'approchait, elle avait la sensation d'une contraction douloureuse du vagin qui rendait les rapports GûBJugaux impossibles; il était à craindre quâ ce nouvel obstacle. ne néagit sur le mari et ne ramenât le trouble nerveux qui avait été uni des oeiefficients de son impuissanee.
Je conseillai à sa femme d'introduire, matin et soir, dans le vagin des suppositoires avec du beurre de cacao et de l'extrait de belladone.. G» traitement eut un succès complet; quelques semaines après, cette dame dsvenaiL enceinte, et elle a eu. depuis plusieurs enfants.
«l'ai r<encontr^ plusieurs, cas- analogues à celui-ci. Le fait suiiMuat nous montre le vaginisme sous sa. forme la plus accentuée, ettémoiga» de. KinlenventioU' utile dâs moyens médicaux, rejetés sur le seoond plan par notre habile confrère le docteur Sims, qui propose, pour guérir cette affection, 1& section profonde des muscles qui entourent rorifice vulvaire^.
Le il août 1869, je fus consulté par une dame âgée de oinquanterquatce ans;; elle accusait des douleurs dans la vulve ;. le coït avait toujours été tuès-doulouneux et très-pénible pouc elle; quatre grossesses successives niavaienl pas modifié cc^te impresaon; elle s'est môme exA^rée, et maintenant les rapports sexuels sont devenus intolérables. Sommari^.âgé d^rsoixante-cinq ans^ a< dû renoncei* à cohabiter avec elle, el, malgré son âge, il a contracté des habitudes de désondne qui ont jeté lo trouble dans son intérieur.
Je désirai pratiquer le toucher, pour chercher si quelque condition Ofgwmque- ne* pourrait' pas m'expliquer ces* phàaomènes. Mais à peine
mon doigt était-il engagé dans l'anneau vulvaire, que je le sentis violemment étreint par la contraction du sphincter vaginal, dont je ne parvins que très-difficilement à sunnonter la résistance. La malade poussait des hurlements tels que, pour ne pas épouvanter les personnes qui attendaient dans mon salon, je dus renoncer à cette exploration. Je constatai que la vulve et les plis génito-fémoraux présentaient une rougeur érythémateuse, et ces parties étaient parfois le siège d'un léger prurit.
Tenant compte de cette deraière circonstance, je lui prescrivis deux fois par jour une cuillerée à soupe d'une solution au dix-millième d'arséniate de soude ; et je l'engageai à introduire tous les soirs dans le vagin un suppositoire composé comme il suit :
Beurre de cacao 2 grammes.
Bromure de poUssium 30 centigr.
Extrait de beUadone 10 —
et je lui dis que j'irais lui rendre visite chez elle au bout de cinq jours.
Ma prescription fut exactement suivie: au bout de cinq jours je me rendis chez cette dame, et je voulus pratiquer de nouveau l'exploration qui n'avait pu être complétée la première fois. Mon doigt pénétra avec une extrême facilité à travers l'orifice vaginal, large et indolent. Je pus le mouvoir successivement en tous sens, sans provoquer ni contraction ni douleur. J'essayai alors d'introduire deux doigts, puis trois sans rencontrer d'obstacle, et les portant alternativement avec force de gauche à droite, puis d'avant à arrière, je pratiquai une sorte de massage de l'orifice vaginal dans l'espérance de prévenir ainsi le retour du spasme musculaire par une sorte de dilatation forcée, analogue à celle que l'on pratique pour guérir la contraction du sphincter anal.
Je recommandai à la malade de prendre encore pendant six à huit semaines la potion arsenicale, de continuer pendant dix jours l'usage des suppositoires ; puis pendant la quinzaine suivante de les introduire de deux jours l'un; puis enfin, pendant un mois^ d'y revenir deux fois par semaine, pour maintenir par l'action prolongée du modificateur le résultat obtenu.
Depuis lors, ayant parlé à plusieurs de mes confrères du résultat heureux que cette médication m'avait donné, j'ai su qu'on y avait eu recours avec succès dans des cas analogues.
Je terminerai en rapportant une observation dont je n'ai pu malheu-
DE L*HYPER£STnÉSIE VULVAIRE ET DU VAGINISME. 361
reusement connaitre la conclusion. Nous y verrons le vaginisme lié à l'hystérie, dont il est, dans beaucoup de cas, une manifestation. Je n'ai pas revu la malade qui n'habite pas Paris, et j'ignore quel a été le résultat du traitement.
Madama de R., âgée de vingt-trois ans, est mariée depuis trois ans, et n'a pas eu d'enfant, elle a toujours été très-nerveuse, a souvent éprouvé des envies de pleurer sans motifs, elle a eu plusieurs fois des attaqties de nerfs convulsives ; avant son mariage, ses règles jusque-là régulières, quoique douloureuses, se supprimèrent pendant trois mois à la suite d'une émotion pénible ; la première fois qu'elles manquèrent elle eut pendant plusieurs jours un suintement de sang au pourtour des ongles des orteils; elle a eu quelquefois des migraines, mais à de rares intervalles. Jamais de maladies de peau, mais les pieds et les mains sont le siège d'une transpiration habituelle. Madame de R. tousse facilement, elle a un appétit régulier.
11 y a trois mois, à la suite d'une vive émotion, ses règles se sont de nouveau supprimées, et à chaque période menstruelle elle éprouve de vives douleurs dans les reins et dans la fosse iliaque gauche, cette dernière région est habituellement douloureuse.
A première vue elle me présenta cette agitation mobile des traits et ce tumulte haletant des mouvements respiratoires qui dénoncent l'hystérie. La teinte caractéristique de la peau accusait un état anémique très prononcé, les lèvres étaient rouges mais mordillées, et la malade avoua qu'elle les pressait souvent entre les arcades dentaires.
La muqueuse buccale était également pâle, et sur la pâleur du pharynx se dessinaient un grand nombre de granulations d'un rouge vif, couvertes d'un voile de mucus, qui expliquaient la toux fréquente dont se plaignait la malade.
Le bruit respiratoire était parfaitement normal et les bruits du cœur étaient très-réguliers. Le ventre était légèrement méléorisé et la pression sur la région iliaque gauche provoquait une vive douleur et une sensation pénible à Tépigastre qui, si l'on insistait, serait évidemment devenue le point de départ d'une attaque d'hystérie.
Je ne constatai pas de sensibilité morbide sur les côtés des vertèbres dorsales, mais souvent madame de R... éprouve des douleurs lancinantes sous le sein gauche qui doivent être attribuées à une névralgie intercostale ; elle est sujette aux palpitations et aux vertiges.
Depuis son mariage surtout elle est tourmentée par des envies trèsfréquentes d'uriner; les rapports conjugaux ont toujours été horriblement douloureux, elle compare la douleur qu'ils lui causent à celle de l'avulsion d'une dent, et cependant immédiatement après, elle éprouve une sensation voluptueuse très-vive accompagnée de l'émission abondante d'un
Kï CLINIQUE MÉDICALE.
liquide séreux, el suivie d'un état d'épuisement et comme d'anéantissement pénible.
Le toucher pratiqué avec d'extrêmes ménagements fut très-péniblement supporté ; à jpeine le doigt eut pénétré jusqu'au milieu de la seconde phalange qu*il dut s'arrêter, violemment étreint par une contraction circulaire qai à l'entrée du vagin donnait la sensation d'un cordon linéaire, etaudiissus exerçait une pression plus large et moins énergique. Après quelques secondes d'attente le spasme diminua, et le doigt put arriver avec peine dans left.culs-de-sacsvagino-utérins qu'il trouva souples et libres. L'utérus était sain.
Je conseillai :
1^ De prendre deux fois par jour avant les repas une cuillerée à soupe de lai mixture :
Sirop d'écorces d'oranges ) . .
. , . . ^ aa 150 gramme?.
Sirop de qiunquina )
Arséniate de soude 0,05 ccntgr.
2* D'introduire tous les jours dans le vagin un des suppositoires :
Beurre de cacao 2 grammes.
Bromure de potassium 0,30 centigr.
Extrait de belladone 0,05 —
3* Pour combattre la toux gutturale très-incommode à la malade^ je lui conseillai de se faire toucher le pharynx deux fois par semaine avec un pinceau trempé dans la mixture :
Teinture d'iode 6 grammes.
Teinture thcbaïque. à —
lodure de potassium q. s.
U'* Des frictions devaient être faites tous les matins sur la périphérie cutanée, et servir de préface à un traitement hydrothérapique qui serait institué dès que la toux serait apaisée.
Je n'ai pas la prétention de voir dans celle névrose, c'eslrà-diro dans» uae des plus capricieuses parmi les maladies, la même médication réussir constammenti Je ne croisa pas qu'edie puisse toiqcmrs rendre inutile rintervention des moyens chirurgicaux, mais je crois qu'on ne doit recourir à ceux^i qu'après avoir vainement essayé des autires.
Les incisions proftmdes dans cette Fégion me paraissent dangereuses.
DE L*HYPERESTHÉSIE VULVAIRE ET DU VAGINISME. 36^
Uuand riiymen persiste, son incision, suivie de dilatation, peut être pratiquée sans inconvénient.
Si le spasme douloureux résistait à l'action des suppositoires vaginaux et des modifications de l'état constitutionnel, avant de tenter Topération de Sims, j'essayerais d injections sous-cutanées avec qynelques gouttes de mixture :
Eau distillée.... .,...•... «....^^. » 10 gEammes.
Chlorhydrate de morphine 0,50 centigr.
Sulfate d'atropine 0,01 centigr.
Enfin, je crois que le massage, après les applications calmantes, et la dilatation forcée devraient être tentés avant de mettre en question l'es incisions profondes, pour lesquelles, j'épirouve, je Tavoue, une profonde répugnance.
Si ces incisions ont été inoffensives dans un certain nombre de cas, il est impossible d'affinner leur innoouiié cocnplèie, ei quelque péuble (jue soit une aflTèclion, quand elle ne compromet pas la vie, on doit hésiter à acheter sa guérison au prix d'iyi danger sérieux.
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