I GUE
l&fi CUMQUE Hi;i)ICALE,
disposition coiigestive qui acconipagiif^ si souvent les fbnnations morbides.
Dans la période cachectique tous les ti'ouliles nuliitifs s'exagèrent, l'amaigrissciuciil et iaiiémie oril fait des proférés considérables i>t augmentait chaque jour. Les vomissenii^iits sont plus constants, plus ia~ cocrcibles, quelquefois même ils ue coraiiieiicent qu'k oelte L-poque ; ils renferment souvent des matières noires. Chez quelques malades tout essai d'alimentation solide, ou même toul« ingestion de liquide les provoque ; d'auti-es fois ils semblent s'éloigner: mais ils sont plus abondants : ce qui est dû, selon la remarque de Trousseau, à ce que Teslomac dilaté peut contenir une plus grande quanlilé de substances ingérées, quand son excitabilité n'est pas telle qu'il les rejiUle au debors immédiatement après les avoir reçus.
L'inappétence peut aller jusqu'à l'horreur des aliments. Plus rarement les malades sont tourmentés parla faim, mais ils n'osent ta satisfaire, tant sont pénibles les souffrances provoquées par l'ingestion des aliments, tant ils redoutent les vomissements devenus presque inéviter que le conn <li> la bile a éti gèaè par quirique obstacle dnns Ies eonciiiits ercréleurs. prubablement par la tumélaclinn de l'ampoule lerminnlc
La véiicule ilu tlel reorcrme une bile épaimc, jnunntre; le (issu du ro)i> est mou.
Le poumon droit ett Upi9!é d'un mïncc euuilnt ipi'oa enlève par le raclage ; » tase intérieure est recouverte d'une faune membrane. Le lobe anpérieur renrprme de' tubercnici entouré* d'utie matière noire trèi-sbondaule. do ^rnnuIntiDni existent i 1» surface de lu plèvre. On troute quelques tubercule* muint nombreux dans le poumon gauche, dont l> baie eil le eiège d'un en^uement toreni. Celte tumeur duodénile, d'uprèi lea caractères exli^rieur», me parait être un épithéliomn. A l'époque où celte ob«er*ation a été recueillie, le roicroicope, bien qu'il h'it déjà d'un Uiiage habitud, n'aiait p«s encore détemiiné lei éléments hiitolofriques des tissus normaux et morbides. Mais ta desiriplioo qui prémle me parait se rapporter aut productianc épilhélîale*.
Pendant les deux premiers moia, li> travnil morbide ne se rÉTèle gukn qne par des Icoublei ^iiûraux de la nutrition, de l'omaiitriiiemcnt, de la diminution des forças et de l'fedètne; cependant le mulnite accuae des douleurs circum-ombilicatM; au boni de deux tnoia surviennent les troubles rancliuBuels qui arrompagnenl ordiptiremeut le cancer lie l' estomac ; et, en effet, la partie malade du duodénum, énormément dilatée, fait partie de l'estoinnc; la barrière qui les ainariil n'existe plus, l'anneau pjloriqus est effacé, et c'est probalitemcnl depuis cette fusion que les symptdmra gaàtriques se sont développés.
A In lin de la maladie, les vomisiemcnlE deiionneat rare* en mfime temps que se déclare uni? dinrrliée qui indique pmlinblement lu période ulcéralive. Il est vrai qne, comme le fait remarquer Trouascau, quand l'estomac est trèt-dilat^, les tomiswments deviennent plus rare», mais ru cnëmc temps ils sont plus abondants; ehei notre innlode, ils ont complètement manqué dan* les derniers jours de la vie.
CAKCER DE l'ESTOMAC. H7
Ublps. Qupiqiiofnis mênip ils craignent de boire, quoique presque Ions pproiivenl une soif anlentp. Ils sont dans an étal de nausée constanle, que le moindre mouvement exagère; ils se condamnoil à l'immobilité el H l'abstinence, trompant leur soif en avalant quelques morceaux de glac«. L'émaciatiOD alors est rapidement portée à un de^ extrême : leur faciès prend le caractère hippoCTati((ue, quand une bouDissure inlémateuse ne vient pas lui donner un embonpoint mensonger ; ils liêrissent d'inanition.
C'est pendant cette période que la surface cutanée, jusque-lii blafarde, anémique, commencp à prendre une teinte jaune paille qui, bientôt plu^ accentuée, devient comme la livrée du cancer. C'est une couleur mate, terne, pireuxe, qui n'a pas les reflets verdfttres de l'ictère, ni la pftieui de la pyogénie. En même temps la peau est habituellement sècbe, flasque ; elle donne aux doigts la sensation d'un morceau de parchemin ramolii ; elle semble inerte ; elle n'a ni la couleur, ni la consistance, ni l'élasticité active d'un tissu vivant. Comme dans tous les cas d'amai^issement rapide, l'épiderme peut se desquamer. C'esldansles téguments de l'abdomen que ces modilicatîons sont le plus appréciables.
Un de mes malades accusait une sueur visqueuse, limitée à l'abdomen , phénomène que nous avons déjà eu l'occasion de signaler dans la péritonite tuberculeuse.
Presque toujoars alors survient de l'œdème, s'il ne s'était pas déjà montré dans la période précédente. Il occupe les membres inférieurs, el même les téguments du tronc ; pins lard il peut s'étendre encore plus loin, en se portant surioutes les parties déclives, et variaqt de siège ave<' le décubitus des malades.
Cet tedème est en général peu prononcé ; il n'en est pas de même df celui qui accompagne les phlébites ou les thromboses veineuses, complication qu'on peut observer dans toutes les cachexies, mais qui est plus commune dans la cachexie cancéreuse, donnant lieu à une variété de fMegmad'a alfia, qui, selon la remarque de Trousseau, peut devenir un élément, ou du moins une présomption du diagnostic.
A la constipation de la première période succède la diarrhw, qui accompagne habituellement l'ulcération de la production cancéreuse.
C'est dans cette période surtout que les malades éprouvent des agita- Uons périodiques, accompagni'ses parfois d'excitation circulatoire, habituellement sans chaleur notable, presque toujours sans sueurs. C'est la fièvre hectique des cancéreux, qui ne présente ni la themialilé, ni les
ikS CLINIQUK MÉDICALE.-;
luberculeuses. Quelques malades cependant accusent eiLceptionnellement des frissons suivis de chaleur et de sueurs.
Quelques-uns se plaignent de crampes et de refroidissement des extrémités.
L'état poisseux de la langue, son injection relative qui tranche sur la couleur des tissus voisins, son aspect vernissé, la fétidité acide de Thaleine, indiquent, quand on les observe, Timminence du muguet, dont le développement parasitaire accompagne si souvent les altérations profondes de la nutrition ; il se répand sur la muqueuse buccale et pharyngienne, peut descendre dans les voies digestives, et ajoute aux tortures des malades.
Ceux-ci succombent rarement à la consomption gastrique sans que quelque complication ultime vienne ajouter son choc aux altérations destructives qui minaient lentement l'organisme : très-souvent des épanchements pleuraux, des congestions pulmonaires insidieuses, annoncent et précipitent le dénoûment.
D'autres fois le travail diathésique se généralise ; il attaque d'autres organes, il jette ses produits sur un grand nombre de points et détermine par ces atteintes multipliées des troubles fonctionnels complexes qui concourent à l'épuisement de la vie.
Le foie est souvent envahi en même temps que l'estomac.
Quand les productions cancéreuses font saillie dans le péritoine, elles peuvent y produire une irritation sécrétoire qui donne lieu à une ascite. La compresssion de la veine porte par la tumeur en est une cause plus certaine ; enfin une péritonite cancéreuse (1 ) peut compliquer la dégénérescence de l'estomac et être accompagnée d'un épanchement dans la cavité séreuse.
La lenteur du processus ulcératif dans les tissus dégénérés produit ordinairement dans le péritoine qui les recouvre une inflammationadhésive qui prévient le plus souvent une perforation. Les organes voisins adhèrent à la partie malade et lui forment paroi. La dégénérescence et l'ulcération peuvent les envahir à leur tour.
C'est ainsi qu'on a vu l'estomac communiquer avec le côlon ou avec la vésicule du liel.
D'autres fois c'est avec la paroi antérieure de l'abdomen qu'il contracte des adhérences ; celle-ci est atteinte par le travail ulcératif, qui donne
(1) D*aprè8 det recherches récentes, cette péritonite cancéreuse peut être consécutif e à une lymphangite de même nature.
CANCER DB l'ESTOMAC. 1!|9
lieu à un phlegmon diffus et consécutivement à une fistule gastrique, si le malade ne succombe pas immédiatement à ces redoutables complications. Elles sont plus communes, je crois, avec Tulcère simple de l'estomac, par cela même que Tétat constitutionnel étant bien moins profondément altéré, le malade peut résister plus longtemps aux progrès de TafTection locale.
L'évolution du cancer de l'estomac peut être relativement rapide et amener la mort en quelques mois. Elle peut durer plusieurs années ; mais il est très-rare qu'elle se prolonge autant. Le siège de la lésion, son étendue, sa forme, l'état antérieur de l'organisme, le nombre et la nature des complications influent nécessairement sur sa durée.
Dîagnoitic. -- En exposant les symptômes du carcinome gastrique^ nous avons posé les bases du diagnostic ; nous n'y reviendrons que pour indiquer les signes à l'aide desquelles on peut distinguer cette affection de celles qui offrent avec elle quelque analogie par les troubles fonctionnels qui les manifestent.
On ne confondra pas les vomissements du cancer avec les vomissements nerveux et hystériques, bien que ces derniers puissent quelquefois prendre la forme d'hématémèses. Les troubles d'innervation qui les précèdent et les accompagnent, les altérations de nutrition bien moins accentuées et n allant jamais au delà de Tanémie, l'intermittence des phénomènes morbides, l'influence des causes morales sur le retour des accidents, l'absence de tumeur, les signes caractéristiques de l'hystérie^ éclaireront le diagnostic.
Les vomissements urémiques peuvent être accompagnés dun état cachectique, de régurgitations pituiteuses. Bien qu'on n'y ait pas signalé la présence de sang ou de matières noires, elle ne serait pas impossible, puisqu'on observe quelquefois dans ce cas des ulcérations de l'estomac ; mais la présence de l'albumine dans les urines, l'absence de tumeur, avec un estomac plutôt contracté que dilaté, distingueront la cachexie urémique de la cachexie cancéreuse.
C'est avec l'ulcère simple de l'estomac qu'on a le plus souvent confondu le cancer.
Dans les deux cas on observe, en effet, des vomissements répétés, opiniâtres, de substances alimentaires, de bile, de sang ou de matières noires.
Dans les deux cas il y a des régurgitations de pituites quelquefois acres et brûlantes.
i50 CLINIQUE MÉDICÀLI.
L'absence de tumeur, i*abseDce de coloration jaune-paille de la peau,, d'oedème des membres inférieurs et des autres signes de la cachexie cancéreuse, jointes à l'âge des malades et aux conditions constitutionnelles au milieu desquelles la maladie s'est développée, donneront les principaux signes à l'aide desquels on distinguera l'ulcère simple.
Les héniatémèses dans celui-ci peuvent se montrer plus près du début ; elles y sont en général plus abondantes et plus répétées. Les douleurs sont habituellement plus vives : térébrantes, lancinantes, souvent exaspérées par la pression, par la station verticale, surtout si le malade redresse le tronc, ce qui le force à se plier et à s'infléchir en avant. Elles peuvent, comme les douleurs du cances*, être compliquées de névralgie intercostale et de sensibilité à la pression vers l'origine des nerfs intercostaux. J'ai constaté cette névralgie des deux côtés des dwni^^s vertèbres dorsales, aussi bien dans le cancer de l'estomac que dans l'ulcère simple.
Cependant les douleurs, la sensihiitté à la pression, l'hématémèse, les vomissements même, peuvent manquer dans cette dernière affection.
Mon regrettable ami le docteur Catbcart-Lees, de Dublin^ a rapporté dans le Dublin QuaHerly Revûw plusieurs observations très-intéressantes dans lesquelles le travail ulcératif ne s'était manifesté que par un peu de dyspepsie, par de l'inappétence, par un sentiment de plénitude après les repas, chez une de ses malades, par une sensation douloureuse derrière le sternum, jusqu'au moment où l'explosion d'une péritonite dénonça une perforation. Deux de ses malades étaient notablement soulagées par la pression; une d'elles restait couchée sur le ventre pour obtenir un peu d'allégement à ses souffrances. L'autopsie donna l'explication de cette circonstance : dans ces deux cas le foie avait contracté avec l'estomac des adhérences et lui faisait paroi au niveau de l'ulcère qui l'avait perforé. Ces adhérences s'étaient déchirées partiellement et les matières contenues dans l'estomac pouvaient s'épancher dans le péritoine. La pression empêchait mom^itanément cette funeste conséquence de la déchirure, en appliquant exactement l'un contre l'autre les deux viscèçes.
Les perforations dans le péritoine peuvent être une des terminaisons du cancer ; mais elles sont beaucoup plus communes dans les ulcères simples, par le motif que nous avons indiqué plus haut.
Dans un grand nombre d'affections chroniques de l'estomac on observe des régurgitations pituiteuses, acres ou insipides ; mais tandis que dans
..INCER DK L'HST0«\C. 151
les inaladjps ulc^misps elles peuvent rt'vrnîr k loutc heure, et&urtoul «près l«B repas, ffcuis la gastrite alcnolique elles iie sui-viennenl guère i|tte le matin A jeun. *
Je ne m «tendrai piitisurled rormes aimtotnîciws du cai'Ctiioiiie gastrîqoe. lue de» plus communes, h plus rapide dans son développement, est ['enc('-phaloï(le. C'est celle qui donne le plus souvent lieu Ji des liéiBon'ha#ii.>8. qui jette le plus souvent si^s Invasions dans d'autres organes, qui arrive le plus rapidement ii la période cachectique et Torme les tumaurs le» plus volumineuses. Aussi, à ces caracliTcs. est-il permis quelqueroîs de présumer la nature eneéphaloTde d'une tumeur cancéreuse; n? qui sans doute ne modifie pas benucaup le tmitement, mais ce qui u'csl pas sans intérêt au point de vue du proDOBtic (l).
LesquiiTbeestBgalemenllrès-commun, plus commun peut-être encore; il est plus leulduns son uvolulion, moins expansiT, moins disposé A se généraliser, moins hémorrhagipare.
(1) Si tel* lODt les caractères habituel» de l'eueéplialaiUe gastrique, ils nu taot yu coiuUntt; lUni l'obsenatioo suivanU', nou* terroot un uiatnde chei lequel ctùtait une dégénérescence encéphaloide Irès-ëlendiK de la mnigueuie ^MlHqiie. Cette mrmbraae parabiait mcme délruilc dan»cettiiiii«|i"iata,et cependant il n'y h jamais en ni ^^acllnliotu ni voiuissementi uiélaaii|uei, uu du moiat ils uot écluiv^a» i l'obtertaLiuii du iuladc.
L£s tnmissementi n'uut camniancé que quelque» mou avant bi niort. Il est probalile. ceiwiidant, que k Iratail de dé^nêresceDct avait dùbutj a*ec Ici doulaun el lea régurgitations piluiteuMi. U ; s toujouri doui tacleura dan» les troublet roDFliooneb qui accDni|iai;neat les allécDliun* urganiquei : lu ksion et le mode de untibilité oa d'încilabililé des tiuus i{w eu *gnt aUeiat».
A,.., cocher, Agé de ■^^"'Fl^^' aia, esl à Pari* depuis tingt ans. Il est grand et maigre ; mnnc tous lu gen* do sm tuétitr, il buvait avei largement, wiu janait ctpcuduil «'«niirrer. A ses goùti bachiquet il uuimiiiit rii»bitudc di- Tuiner L't de chiquer. Nctnaoiiu jusqu'à il I a un aa, il j'éUit loujours bien porte.
De^i* celte éiMHjue il éprouvail des douleara abdominales qui ne 1 niaient pas unpëcbc pendant neuf mois d^ continuer sou travail. Ces dùuleurs revenaient eortnul après les repos. El pourtinl, quaud elles se disaient sentir en di^hors des repas, en nuutgvaDt un peu il se trouvait soula^. Son appétit n'avait pas diminué, quoiqu'il eût ipielquerois la boucbe mauvaise el qu'il rejetât des pituilei «boadanles; parfuii aniii il avait (les lioqnels.
11 n'avait po* de céphalalgie et n'était pas eonatipé. Son soiiiiRDil n'était pas Ironblé fuaad il ne souffrait |i**.
Depuis iinan cet bouiiue avait considérablement maigri, et il avait leati ses lorcesdé- (liner. Depuis trois mois il a été forcé d'interrompre ton li-avaU. Depuis lor» il avait des imnisieRienls qui, d'abord, ne revenaient que tous les deut ou trois jours, et depuis quelquu temp« se répétuient loua les joues. Ils élaieut trés-abandanta ; les alimentt
L'épithélioroa, beaucoup plus vasculaire que le squiirhe, est de toutes les formes du cancer une de celles qui échappe le plus facilement à la palpation. Etendu en nappe, aplati, sans limites bien nettes, il reste longtemps borné à la membrane muqueuse et au tissu connectif sousmuqueux. La dégénérescence peut aisément se dérober à la main qui explore.
J'en dirai autant du cancer colloïde, beaucoup plus rare que les autres formes.
Si après avoir étudié les signes et les formes de la maladie, nous cherchons à en déterminer les causes, nous verrons que, comme dans toutes
étaient rejetés presque tels qu'ils avaient été ingérés, à peine modifiés par l'action de l'estomac. Jamais ils n'ont contenu, dit-il, de matières noires ou de sang. Après avoir Tomi, il éprouvait du soulagement.
Depuis deux mois il éprouvait, dans la région épigastrique, des douleurs gravativesqni se manifestaient une heure environ après les repas.
Depuis quinze jours les régurgitations étaient très-fréquentes, amères, accompagnées» d'une sensation de brûlure à la gorge.
Depuis une huitaine il avait complètement perdu l'appétit et ne mangeait presqueplus. Il entra à l'Hôtel-Dieu à la fin d'octobre 1838.
Il était très-maigre ; son teint était jaunâtre; la langue était normale.
Il rejettait«ans cesse des pituites abondantes qui faisaient irruption dans sa bouche avec une saveur aigre. Les vomissements continuaient. Depuis huit jours il était très-constipé.
U accusait des douleurs lancinantes dans la région épigastrique, où Ton sentait unerésistance qui paraissait occuper le petit cul-de-sac de l'estomac.
U se plaignait d'une sensation continuelle de froid aux pieds.
Depuis quelques jours sa voix était très-enrouée.
Dans les derniers jours de sa vie, les évacuations alvines reprirent leur cours et en même temps les vomissements cessèrent; mais raffaiblissement fit des progrès incessants, l'émaciation était portée à un degré extrême^ et le malade succomba te 15 novembre.
Autopsie, — Je trouvai les poumons engoués dans une grande étendue, hépatisé»^ dans quelques lobules de la base du poumon gauche. On y observe beaucoup de vaisseaux noirs, oblitérés. Les bronches sont dilatées; leur membrane muqueuse offre une coloration rouge livide, et elles renferment un liquide sanguinolent. Entre les lobe» supérieur et moyen du poumon droit existe un petit foyer de pleurésie circonscrite renfermant un liquide rouge&tre et tapissé par des fausses membranes.
Les ganglions bronchiques sont infiltrés de matière noire.
L'épiploon renferme un grand nombre de granulations grisâtres dont quelques-unes» sont ponctuées de noir; le mésentère contient beaucoup de granulations semblables intimement adhérentes à la séreuse ; quelques-unes sont entourées par des arborisaUon» vasculaires qui envoient des ramifications à leur surface.
En raclant la surface du péritoine, on peut arracher un certain nombre de cet granulations qui sont saillantes ; mais il reste à leur place une petite solution de conti-
CtNCKR DE l'e6T0MAC. 153
les maladies constitutionnelles, l'hérédilé y n une li-^s-grande pail, si grande que dans les cas obscurs elle nous fournit des présomptions sur la nature des lésions qui échappent k notre examen direct. Il ne Tant pas cependant admettre ces présomptions sans réserve, et bien souvent on obse^^-edans les races de cancéreux, des tumeurs, des troubles fonclion-
nuité oa plutûl une l^^re éroiion ; d'autres peuvent rtre enUvé»* uni que le périloinc loil intifresié ; la leinle générale de la «éreuae abdominale ett opalinf .
Les granulationi ion (.Irra-n ambre UMi le long de la grande courhure de retlomac. ' La taee lupérieure du foie oITrc un Bfpecl reodillé, on v nperçoït qi et là quelques plaquei cartilagineuseï, une ciincrélion ostéirornie occupe le ligament talciturme; il eiittc dam le foie de pelits nojiuui diisvminéi qui paraiuent formel psr une niuli^ri' frtuuleuatf paiiëe dani quelque! poînti i l'^Ut cr^tncé.
Lei pareil de In voine porte h^paliqiie snnt épaiwict, leit reins sont le «iége d'uno coo^iUon trèa- prononcée.
Estomac, — Épaiuiiienent trii-TOn*idérablc de la tunique niuii-ulaire de l'eilomic. Mrtout dnns le voiiinsge du pflnre où elle oiïre pluiieun li(-nea d epaîiseur.
La aurraec du «l»cère eit hériMée de Mlltiei grnnuleutes dont le tolume tarie depuû> celui d'une lentille juiqu'i celui d'un grain de clièncvis; ellei lont iléieloppée* au milieu d'un Inris de nonibreui vnisseaui.
L« fncK poatérieure oITre une teiule liiide verditre et dei prodnctioot p«eudamembraneuïoi parcourues par de« vniueaui injectéi.
A l'eilrcniilé poitérieure du pnncréai eil un p-anglion lymphatique qui a subi la d^nfreieence cnrcinomsteuie avec une dureté carlilagineuie,
Lii muqueuse du ^rand cul-de-nac ne présente rien de remirquable, mais lo pln> Itrsnde partie de cette metnbrnne, située au-deTanl de l'nriflce cardiaque, oITre les dJféDéreieences suiiautei :
On j Toit d'abord dei laillie» d'un blanc mat, «platid, à bordi [rangés, contluente«. et conitituëes par l'agglomérat ion d^ lailliei plua petitei el arrondie*.
t^ur conMdtancc eït nvni molle ; quand on les presse latéralemi'nt atec le manche du Kïtpel, on j détermine l'injcclioit d'une multitude de petites houppes taiculairer qui leur donnent un upect rnie.
Leur coupe nltre h peu près 2 millimclret 1/2 d'épaiueur; en raclant leur surface ua en extrait un liquide trouble, lactescent.
Plut loin, leur relief est plus prononcé, elles forment une surface continue et oflrent une couleur purpurine; le liquide qu'on en eiprime est rnugeltre. Leur coupe présente une épaisseur double ou triple; on constate comme dans celles que nous aïons décrite* plus haut, que l'altérrition s'arrête i la tunique (Ibreuee, maïs celle-ri oITre un lacii de gros vaisseaux injectés comme variqucui.
Dans ce point encore, les libres musculairea ont i millimètres d'épaisseur, el quoique bien distinctes, elles ont une consistance cartilagineuse; en se rapprochinl du pylore, ces nllérationi se prononcent encore dai an loge; la muqueuse est transformée en un tissu spongieux, mou, ccrébriforme, parcouru par une quantité innombrable de viisaeaui. Mais \tt aussi le tissu cellulaire, le lîssu libreui et les fil'res mustoltires elles-mémei commencent i participer i b dégénéreicence. La tunique
154 CLINIQUS MÉDICALE.
iiels chroniques qui très-heureusement ne relèvent pas du cancer. Mais dans son pronostic le médecin doit tenir compte de cette éventualité ; il en doit tenir un grand compte epcore dans le traitement, en éloignant du malade prédisposé par hérédité au cancer toutes les conditions, toutes les causes occasionnelles, générales et locales, qui peuvent en favoriser TéclosioD.
Parmi les causes occasionnelles, nous mettrons en première ligne les émotions morales prolongées et les excès qui exercent une action irritative sur Testomac.
Tels sont les excès alcooliques, surtout, paralt-il, quand les malades s'y livrent à jeun. D'une manière générale les boissons alcooliques sont moins bien supportées par les estomacs malades ou irritables quand elles le trouvent dans l'état de vacuité. Aussi, dans ces conditions, quand je conseille les vins toniques et généreux, je les pi^escris à la fin du repas ou au moins après le premi^ plat, et non pas avant le manger, comme on le fait souvent.
Le chagrin fait du cancer, ou au moins en favorise l'évolution, comme il favorise d'ailleurs le développement de la goutte, des daitres, des tubercules : c'est-à-dire à titre de condition dépressive, débilitante, qui affaiblit la résistance de rorganismc et livre ainsi le terrain aux germes morbides qu'il peut contenir. Mais dans Fétiologie du cancer, il me parait agir d'une manière peut-être plus puissante et plus directe. J'ai vu bien des fois cette affection succéder aux ébranlements prolongés des malheurs domestiques, aux émotions violentes comprimées.
Les troubles d'innervation ont une incontestable part dans le développement de la dégénérescence carcinomateuse. Elle n'est pas rare chez
celluleusc est marquée par une ligne noirâtre, au milieu de laquelle on «perçoit des traioées de Taiweaux noirs oblitéréfi, et d'autres vaisseaux encore perméabLes au sang. ^
A 6 centimètres environ de l'orifice pylorique, l'altération de la surface interne de Testomac prend un autre aspect. La muqueuse ou plutôt la couche cérébriforme qui la remplace a disparu, à sa place on aperçoit un tissu fibreux réticulé, rugueux, d'une couleur bleuâtre, qui parait constitué pur l'altération de la membrane fibreuse mise à nu ; là les parois du viscère sont transformées en une espèce de coque fibro-cartiUgineuse ayant dans quelques points près de 3 centimètres d'épaisseur; criant sous le scalpel, au milieu de laquelle il est difficile de retrouver les éléments constitutifs de l'organe, et qui ne renferme qu'un petit nombre de vaisseaux. L'anneau pyloriqae forme un bourrelet saiUant dans le duodénum, la muqueuse qui le recouvre est le siège d'une dégénérescence encéphaloîde et très-vasculaire ; mais au-dessous la lésion s'arrête brusquement.
CANCER DI l'estomac. 155
les néyropalhes, les hypocbondriaques, en un mot sui* le terrain arthritique, source commune de la plupart des névropathies.
Celte dégénérescence semble être une des dyscrasies terminales de Tarthrilisme, d'une vitalité bien supérieure à celle du tubercule, qui est un des aboutissants de la scrofule. La différence d'activité vitale qui laxiste entre ces deux diathèses se retrouve dans leurs dérivés. Le cancer détruit les tissus par un processus actif; il se les assimile et leur im* {H'ime une vie malsaine, condamnée à une mort rapide. Le tubercule semble manifester un effort impuissant de la force plastique, <iiii n'aboutit qu'à un produit d'une organisation incomplète, inviaUe, et pour ainsi dire frappée de mort avant de se développer ; mais aussi il peut se limiter, rester isolé au sein des organes comme un corps étranger qui s'enkyste et obtient la tolérance des tissus dans lesquels il a pénétré.
Ces deux affections constitutionnelles, le tubercule et le cancer, si différentes dans leurs origines, dans leur marche, dans leurs tendances, ont été regardées comme antagonistes. Elles le sont en effet, je crois ; mais cet antagonisme ne va. pas jusqu'à une incompatibilité absolue, 4^mme quelques médecins l'avaient prétendu. 11 est beaucoup moins rare qu'on ne l'a dit de les trouver réunis chez le même sujet.
Ainsi, sur 12 cas de carcinome gastrique vérifiés par l'autopsie, dont j'ai recueilli les observations, j'en trouve 5 dans lesquels j'ai trouvé des tubercules pulmonaires à différents degrés d'évolution, et sur 6 dont la nécropsie n'a pas été faite, 3 ont eu des hémoptysies et des signes stéthoscopiques d'induration tuberculeuse.
On retrouve quelquefois dans les ascendants la double origine des deux diathèses. Une seule des deux, cependant, occupe en général la scène morbide; une seule évolue et s'empare de l'organisme, pendant que l'autre reste, pour ainsi dire, à l'état embryonnaire, sans se développer ; et c'est presque toujours alors le travail morbide le plus actif, le plus vivant et en même temps le plus fatalement destructeur, le processus cancéreux, qui impose silence à l'autre, le condamne à rinartie, étouffe ses tendances expansives si prononcées quand il est seul.
Cependant j'ai vu dans un cas les deux maladies sembler se faire mutuellement échec, comme si elles se gênaient l'une l'autre. C'était chez une dame qui, pendant bien des années, porta en même temps un cancer atrophique du sein et une induration tuberculeuse du sommet, caractérisée par de la matité, des craquements humides et de temps en temps
des poussées congeslives autour de ce dernier foyer morbide. La malade alors toussait, éprouvait des douleurs thoraciques, de la fièvre ; puis ces phénomènes réactionnels se calmaient; Taffection tuberculeuse rentrait dans le silence et la malade se trouvait en présence de son cancer, qui avait envahi Taisselle et condamnait le bras gauche à l'immobilité, du côté précisément où la lésion thoracique était le plus accusée.
Quand je dis que, chez cette malade, les deux affections semblaient se fait*e mutuellement obstacle, j'exprime une simple impression ; mais je suis loin de Taflirmer, car chez quelques malades l'évolution de certains cancers mammaires est très-lente et peut rester bien des années stationnaire, et d'une autre part cette dame, qui avait une soixantaine d'amiées, était à un âge où les affections phymateuses ont quelquefois une durée indéfinie.
Quoi qu'il en soit, c'est la seule fois que j'aie vu les deux maladies suivre en même temps, quoiqu'à des degrés différents, une marche progremive. Dans ce cas cependant, évidemment l'élément cancéreux, s'il n'avait pas complètement arrêté le développement des tubercules pulmonaires, était le plus important, le plus envahissant et occupait le premier plan sur la scène morbide.
Dans le cancer de l'estomac, affection dont la terminaison e&t nécessairement funeste, le traitement se réduit à deux indications : tâcher de prolonger la vie et soulager les souffrances des malades.
n ne faut confier à l'estomac, si profondément altéré dans sa structure, que des aliments d'une assimilation facile, qui imposent peu d'efforts h l'organe malade et surtout n'exercent pas sur lui une action irritative qui pourrait exciter le travail morbide et en favoriser les envahissements.
Le lait est admirablement propre à remplir toutes ces conditions. On le rend plus digestible en y ajoutant une petite quantité d'eau de chaux ou d'eau de Vichy : une à quatre cuillerées par chaque tasse de lait. Si le malade s'en fatiguait, on y ajouterait des consommés, des gelées, des laits de poule, de la viande crue pilée additionnée de pepsine.
Le vin et les alcooliques sont généralement interdits, ou au moins administrés à petites doses, dans une eau alcaline, pour en prévenir i'acescense. J'ai vu cependant des malades qui les supportaient bien et les vomissaient moins que d'autres liquides. Les lavements de vin, de