CANCER DE L ESTOMAC
bouillon, additionné de pepsine, peuvent, quoique dans une bien faible mesure, contribuer à soutenir les forces.
En même temps, pour combattre la disposition aux vomissements, je fais mettre sur la région épigastrique un emplâtre de thériaque et de belladone ; j'y ajoute parfois quelques centigrammes de teinture ou d'extrait de belladone à Tintérieur. La glace, les eaux gazeuses^ peuvent concourir au même but. Les injections sous-cutanées d*une solution de morphine calment les vomissements chez quelques malades, les provoquent chez quelques autres. On peut alors les remplacer par des injections de solution d'atropine. Mais celles-ci doivent être maniées avec une extrême prudence ; j'y ai très-rarement recours, et je commence par trois à quatre gouttes d'un soluté d'un centigramme de sulfate neutre d atropine pour 10 grammes d'eau distillée.
Les injections morphinées seront surtout indiquées quand le malade éprouve de vives douleurs. Elles sont pour les malades un admirable bienfait. Grâce à ce moyen, et en le répétant aussi souvent que son action s'épuise et que la tolérance de l'organisme le pennet, on peut conduire ces malheureux jusqu'à leur dernière heure, en rendant supportables des souffrances qui leur faisaient désirer la mort.
S'ils dorment mal, les hypnotiques : bromures, chloral, opium, leur seront administrés en lavemétit.
Si les malades peuvent accepter le régime que nous avons indiqué plus haut, ils obtiennent souvent un soulagement considérable. Je me rappelle un employé de l'administration qui vint à ma consultation de l'Hôtel-Dieu, arrivé déjà à la période cachectique, cependant plutôt pâle que jaune, anémique, très-émacié. L'emplâtre belladone, la diète lactée, firent cesser les vomissements. Il engraissa de quinze ou vingt livres, recouvra des forces, du teint. Un an après il vivait encore; puis au bout de quelque temps il maigrit de nouveau, jaunit, recommença à vomir, et sans aucun doute (je ne Tai pas revu) ne tarda pas à succomber.
L'hydrothérapie parait dans certains cas pouvoir rendre quelques services.
Fleury ma raconté, il y a vingt ans, Thistoire d'un marchand de bois atteint, croyait- il, d'un cancer de l'estomac, qui sous l'influence de ce traitement cessa de vomir, et en quelques mois engraissa de plus de vingt livres. Malheui^usement, trop confiant dans le retour de ses facultés digestives, il célébra le jour de sa naissance par un repas copieux et succomba dans une indigestion qui provoqua probablement une rupture de l'estomac.
iSS CLINIQUE MtoiCALI.
Je donne cette observation telle qu'elle m'a été rapportée par Fleun et sous toute réserve. Je me demande s'il s'agissait bien dans oe cas d'un carcinome gastrique et si ce malade n'était pas aifedé d'un ulcère simple, qui à cette époque était souvent confondu avec le cancer.
D'ailleurs, même dans cette dernière maladie, cette médication, maniée avec prudence, n'aurait, il semble, rien d'irrationnel.
9VR li'OCCIiCSIOlV IMTESTlMAIiB
Sommaire. — Causes de Tocclasion intestinale : — Compression par des tumeurs, — étranglemeiit, — toIvdIiis, — intagination, — lésions diTortet des parois de l'intestin, — matières diverses ou corps étrangers accumulés dans rintestin.
Symptômes : Douleurs , suppression des évacuations intestinales , vomissements, etc. — Les matières contenues dans le gros intestin peuvent-elles être rejetées par le Tomissement? — Complication de péritonite. — Terminaisons.
Diagnostic différentiel.
Pronostic variable suivant la nature de rocclusion.
Traitement. — Indications diverses dans les occlusions d*origine mécanique et dans celles d'origine organique.
Lavements. — Douches ascendantes. — Tabac — Purgatifs, etc.
Traitement chirurgical.
Observations.
Messieurs ,
Vous avez vu il y a quelques jours dans mon service un jeune homme qui y était entré pour des coliques qui duraient depuis deux jours: ces coliques étaient accompagnées de vomissements qui se répétaient presque toutes les fois que le malade ingérait quelque liquide. En même temps il y avait absence complète d'évacuation ; aucun gaz ne passait par l'anus. Le ventre était météorisé, la face était anxieuse, il n'y avait pas de fièvre.
Cet ensemble symptomatique caractérise la maladie qu'on a appelée iléus (1), passion iliaque, volvulus, colique de miserere, étranglement interne, et que nous désignerons avec Chomel sous le nom d'occlusion intestinale. Ce nom ne préjuge rien sur la nature de la cause organique
(1) D' tiXitîv, coflrc/er, occlure, ou, avec une aspiration, d'ttXétiv, renverser, contourner, parce qu'il semble aux malades qu*on leur tord, qu'on leur retourne les intestins, ou suivant la remarque de Caelius Aurelianus, parce que les malades se tiennent contournés, plies sur eux-mêmes. Le mot volvulus exprime une idée analogue ou Vopinioii qu'on se faisait sur la condition organique qui produit les accidents.
qui produit les accidents, cause souvent indéterminable ; et en même temps il en exprime la condition principale , le phénomène essentiel : rinterruption du cours des matières alvines.
Après avoir vainement essayé les lavements purgatifs, Thuilede ricin, en même temps que des onctions belladonées étaient étendues sur le ventre, je lui prescrivis les pilules suivantes :
Huile de croton OK',10 centigr.
Mie de paio q. s.
Pour faire dix pilules, dont il devait prendre une toutes les deux heures ; et immédiatement après, pour apaiser les envies de vomir et favoriser la tolérance, il devait avaler une cuillerée à café de glace râpée ou pilée en neige; cette dernière condition est importante : car, comme le faisait remarquer Chomel, quand on fait prendre la glace en fragments trop volumineux pour être avalés, les malades la laissent fondre dans leur bouche, et elle arrive dans Testomac à Tétat d'eau tiède.
Cette médication réussit : l'huile de croton souleva d'abord dans le ventre une véritable tempête: le ballonnement, les coliques augmentèrent ; puis, après quatorze ou quinze heures d'une lutte pleine d'angoisses, un vent passa par l'anus, signal de la victoire. Bientôt d'autres le suivirent, et des évacuations répétées amenèrent l'alTaissement du ventre et l'apaisement des douleurs. L'obstacle était levé ; le malade est entré en convalescence ; des soins hygiéniques termineront la cure.
L'occlusion intestinale peut dépendre de causes très-diverses. Tantôt ces causes sont extérieures à l'intestin : ce sont des tumeui*s qui le compriment, des organes déplacés qui pressent sur lui, des brides, des éraillures du péritoine, des ouvertures naturelles, comme l'hiatus de Winslow, dans lesquelles il s'engage et s'étrangle ; l'appendice cœcal, des diveiliculums, les trompes, l'épiploon, des anses intestinales unies par des adhérences peuvent devenir les agents de cette constriction.
Tantôt ce sont des changements dans la situation et dans la direction de l'intestin : il peut être contourné, tordu sur lui-même, dispos'tion à laquelle quelques médecins modernes réservent le nom de volvulus. Dans des cas plus nombreux, une portion de l'intestin s^invagine dans une portion voisine : le plus souvent, le bout supérieur s'engage dans le bout inférieur; quelquefois l'invagination se fait en sens contraire: la partie supérieure enveloppe la partie inférieure. V invagination ou intussusception est une des causes les plus communes de l'étranglement intestinaL