MON PROCÉDÉ ACTUEL
le crochet, avant de l'introduire dans la plaie, à la surface externe delà cornée, dans la môme position que celle qu'il doit avoir en sortant ; puis de lui imprimer un mouvement de rotation à plat, et d'exécuter dans cette position le mouvement d'entrée. Quand, par une faute quelconque, l'équilibre est dérangé, on le saura immédiatement, comme je l'ai déjà mentionné, quand la cataracte ne se présentera pas immédiatement dans la plaie. Continuer la traction dans une fausse direction, a pour seul résultat de faire dévier le cristallin de plus en plus vers le côté, et de rompre le corps vitré. On doit plutôt suivre la cataracte par un mouvement latéral approprié à la circonstance, essayer de légers mouvements de traction dans la nouvelle position, et les continuer seulement si l'on observe que la cataracte se présente de la manière convenable dans la plaie. Si l'on ne réussit pas à réparer la faute et à saisir la cataracte de cette manière, on doit prendre une curette ou une érigne aiguë que l'on enfonce dans la partie postérieure du cristallin en abandonnant ainsi naturellement une partie des avantages du procédé. Si le corps vitré s'écoule, on fera mieux de prendre une curette qui saisisse sûrement ; elle trouve son chemin libre, et doit naturellement être introduite dans la direction de la déviation du cristallin. Quand, après les applications normales du crochet mousse, la sortie est tellement avancée que le noyau se présente par un diamètre, il faut retirer le crochet en relevant le manche, et faire glisser son extrémité de bas en haut sur la sclérotique; elle entraine ainsi facilement la cataracte, et ce mouvement me paraît aussi le plus favorable pour faire suivre aussi complètement que possible la substance corticale, et ne pas en perdre pendant qu'elle traverse la plaie.
Acte Y : Nettoyage de lapupille et coaptation delà plaie. — Si, après la sortie du noyau, des parties de la substance corticale sont restées en arrière, comme cela arrive dans la plupart des cas, on doit les faire sortir par de légers mouvements de pression et de glissement exécutés sur les paupières, avec le bout du doigt. Pour ces mouvements, on doit observer toutes les règles prescrites dans la technique de l'opération à lambeau. Dans des cas exceptionnels
seulement, on doit entrer dans la plaie avec de petites curettes pour écarter des parties particulièrement adhérentes à la capsule. Quant à des couches très-minces et diaphanes intimement liées à la capsule, il vaut quelque • fois mieux les laisser que de les faire sortir par une pression trop prolongée ; en général, pourtant, il est de grande importance de retirer la substance corticale le plus soigneusement possible. — Pour terminer, il faut enlever de la plaie les caillots de sang, et faire glisser doucement de haut en bas, sur le lambeau conjonctival, la convexité d'une petite pince courbe pour faire sortir le pigment irien et de petits débris de la substance corticale cachés sous ce lambeau. Cette manœuvre lissera en même temps d'une manière convenable le lambeau et l'adaptera à Tépisclère.
Remarques. — L'effet produit par les masses corticales qui restent dans l'œil est certainement différent suivant les différentes formes de cataractes ; mais nos connaissances sous ce rapport laissent beaucoup à désirer. Cet effet est surtout à craindre pour les formes de cataractes trop mûres (ratatinées) , pour les cataractes corticales postérieures, et pour les opacités stratifiées. Dans l'impossibilité où nous sommes de déterminer d'avance, avec sûreté, l'influence de ces masses corticales, et comme, dans les cas les plus favorables môme, une grande quantité de ces masses, qui resterait dans l'œil, retarderait la guérison, le principe de nettoyer soigneusement la pupille est certainement justifié. D'un autre côté, il faut éviter, pour le nettoyage de la pupille, tous les inconvénients que nous avons signalés pour la sortie du noyau. L'introduction répétée des curettes, faite même avec le plus grand soin, est à redouter. Je crains moins, dans ces manœuvres, l'irritation du canal de la plaie, quoiqu'elle ne soit pas indifférente, que la pression de l'instrument contre la couche cellulaire de la capsule et de la membrane de Descemet. Aussi je fais mon possible pour nettoyer la pupille avec de simples manœuvres de pression et de glissement, et je réussis à peu