‹ Clinique ophthalmologique du Dr de Wecker, à ParisChapitre 7 sur 8 · V. Du TRAITEMENT DE l’eCTROPION PAR LES SUTURES DE SnELLEN · texte numérisé non relu

V. Du TRAITEMENT DE l’eCTROPION PAR LES SUTURES DE SnELLEN

Comme le procédé de Snellen, pour la cure de l’ectropion de la paupière inférieure, est des plus efficaces, et donne un résultat supérieur à celui obtenu par les anciens modes opératoires, nous allons le décrire en quelques mots.

A chaque extrémité d’un fil de soie, on place une aiguille de moyenne longueur et de moyenne courbure.

On pique une de ces aiguilles au niveau du point le plus culminant de la conjonctive anormalement retournée, puis on fait cheminer la pointe de l’aiguille le plus près possible de la peau pour aller sortir à deux centimètres au-dessous du bord de la paupière. On pratique avec l’autre aiguille la même manœuvre. Les deux fils devront être distants, au niveau de leur introduction, d’un demi-centimètre, et au niveau de leur sortie d’un centimètre.

Cela fait, on tire sur chaque extrémité du fil, de manière à mettre l’anse en contact immédiat et serré avec la conjonctive, afin de faire subir à la paupière un mouvement de bascule, de bas en haut et d’avant en arrière.

(1) Zur Tatoioirung cler Hornhciut Med. Wochenschnt't,

Pour que les fils ne coupent pas le tégument de la joue, il faut appliquer, au niveau des trous de sortie, im petit morceau de peau de gant d’un centimètre carré, sur lequel on lie les fils.

Dans la majorité des cas, il convient, pour obtenir im résultat complet, de placer une seconde suture. Immédiatement après l’opération, il faut appliquer un bandeau compressif, et l’on ne doit enlever les sutures que lorsque quatre jours pleins se sont écoulés. M. Snellen a bien voulu appliquer lui-même son procédé sur un malade de la clinique, qui en a retiré un résultat des plus satisfaisants.

VI Opération de l’entropion de la paupière supérieure (procédé de Snellen) .

Jusqu’à ce jour, cette opération n’a été pratiquée que deux fois à la clinique ; le résultat obtenu dans l’un et l’autre cas étant des plus encourageant, nous pensons être agréable à nos confrères en en donnant une description aussi détaillée que possible, description qui ne figure encore dans aucun livre français.

Ce procédé est applicable aux entropions qui succèdent au trachome, alors que le tarse, devenu difforme, est considérablement épaissi.

Il faut d’abord saisir la paupière supérieure avec une pince analogue à celle de Desmarres, mais beaucoup plus large, telle qu’elle franchisse difficilement l’ouverture palpébrale et qu’après son introduction elle tende bien toute la paupière.

Gela fait, à 3"'“’ environ du bord libre de la paupière et parallèlement à ce bord, on pratique une incision intéressant seulement la peau et occupant toute la longueur du bord palpébral. La rétraction de la peau formant la lèvre supérieure de la plaie, est favorisée par une dissection qui

met à découvert les fibres de l’orbiculaire. Tout le long de la lèvre inférieure de la plaie, on pratique alors l’excision d’une bandelette de l'orbiculaire, mesurant environ 2™"' de largeur. Le tarse est ainsi mis à nu, suivant une étendue semblable à la partie de l’orbiculaire excisée. C’est dans cette partie du tarse, qu’il convient maintenant de faire une perte de substance ayant la forme d’un coin, dont l’arête tranchante regarde les parties profondes ; on enlève ainsi, suivant toute la longueur de la paupière, une portion de tarse ayant la forme d’une prisme triangulaire. Ce temps de l’opération se pratique à l’aide d’un couteau à cataracte triangulaire (couteau de Beer), que l’on applique obliquement à la surface du tarse et auquel on fait subir de petits mouvements alternatifs de va et vient. Notons d’ailleurs que le tarse épaissi facilite singulièrement cette manœuvre. Il importe, lorsque l’on imprime au couteau le petit mouvement de scie dont nous venons de parler, de ne pas traverser le tarse de part en part.

11 ne reste plus alors qu’à appliquer des sutures, de façon à obliger les deux plaies du tarse, dont la réunion

constitue la perte de substance en coin signalée plus haut à se juxtaposer, ce qui aura pour effet immédiat de porter la partie inférieure de la paupière en avant, en la forçant à faire avec sa partie supérieure, Fig 5. un angle ouvert en dehors.

Les sutures devront être au nombre de trois; voici comment on a procédé pour chacune d’elles : à un millimètre au-dessus de la perte de substance du tarse, (voir fig. 5 et 6), on fait pénétrer un fil armé à chacune de ses extrémités d’une aiguille : le fil qui entre dans une partie intacte du tarse doit sortir au bord supérieur même de l’entaille qu’on y a pratiquée.

Cela fait, chaque aiguille étant portée au bord inférieur de la même entaille, est glissée sous la petite bandelette de peau qui a été ménagée à la partie inférieure de la paupière, et dirigée de façon à venir sortir un peu audessus de la ligne des cils. La distance entre les deux points de sortie des aiguilles doit être de 4"'"’ environ.

Si l’on piquait à la base même des cils, on aurait à redouter une déviation ultérieure dans la direction de ces organes.

Les deux autres sutures ayant été faites de la même manière et étant placées de façon à ce que tous les points près des cils soient distants de 4"”", on passe une perle dans chaque fil et on commence à serrer chaque suture, afin d’exercer une traction exacte et régulière dans la fermeture des sutures ; on peut se servir à cet effet d’une pince entre les branches fermées de laquelle on engage les deux fils de la suture. Pendant que l’on tire doucement sur les fils, la pince est appuyée par ses bords sur les deux perles, ce qui a pour résultat de porter Lun vers l’autre les deux bords de la plaie du tarse. La suture serrée, on fait un nœud simple, en enlaçant les fils plusieurs fois l’un avec l’autre, et l’on ramène les deux fils sur le front où on les fixe avec du diachylon .

Les sutures doivent rester en place trois jours. On remarquera que les sutures laissent tout-à-fait indépendante la lèvre supérieure et la plaie faite à la peau; c’est qu’en effet il n’}^ a pas à s’en préoccuper, et, les sutures fermées, on verra que le contact entre les deux lèvres cutanées s’établit de lui-même. L’emploi des perles est nécessaire afin d’empêcher les sutures de couper la peau.

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