EXTRACTION DE LA CATARACTE DE MORGAGNI
zonule : point important, dans des cas où naturellement ce ligament présente une faible résistance !
Demandons-nous maintenant quelle est la section cornéenne dont il faudra faire choix? Cette section devra répondre aux desiderata suivants :
Permettre au besoin l'iridectomie ;
Permettre d'appliquer la manœuvre de Weber ;
Enfin s'opposer, autant que faire se peut, aux sorties du corps vitré.
Lapremière condition écarteles incisions dites centrales; la dernière nous éloigne des sections périjohériques qui, de l'aveu général, exposent le plus aux ruptures de la zonule; enfin, l'expulsion de Weber rend impossibles les incisions médianes inférieures. De toute nécessité, cette manœuvre exige que la lèvre interne du bord supérieur de la section cornéenne soit au moins tangentielle au bord supérieur du cristallin. Le choix se trouve donc limité aux incisions médianes supérieures. Or, parmi ces dernières, c'est celle de Maurice Perrin qui, en raison de son emplacement, permet une cystotomie selon les préceptes indiqués, et, si elle vient à être nécessaire, l'iridectomie. Mais comme, par sa forme, cette section prédispose aux procidences de l'iris, on pratiquera, dans l'emplacement choisi par le chirurgien du Val-de-Grâce, le lambeau de Lebrun, pour avoir des surfaces biseautées, les plus propres à empêcher cet accident.
L'opération, telle que nous venons de la décrire, et à laquelle, disons-le en passant, nous sommes redevable d'un succès des plus heureux, est susceptible de quelques modifications. Ainsi, au lieu de chercher à ouvrir le sac en promenant la lame du cystitome sur sa convexité antérieure, ne aerait-il pas plus simple, plus aisé et plus sûr, d'agir par transfixion et de faire à la capsule, avec le
GEORfiES MARTIN.
couteau qui a servi à l'ouverture de la coque oculaire, un lambeau qui serait en petit ce que celui de la cornée est en grand? A priori, on ne peut trouver aucune objection à l'application de cette manière de faire aux cataractes liquides à noyau. Pour ces dernières, on n'a point la crainte de la luxation du cristallin, qui a été l'un des motifs mis en avant (et avec raison) pour exclure cette façon d'agir, lorsqu'il s'agit de cataractes dont les masses périphériques sont solides. Cette transfixion de la cristalloïde se ferait immédiatement après l'ouverture de la cornée. Vouloir réunir la cystotomie à la kératotomie aurait le grave inconvénient de rendre difficile, sinon impraticable, par le fait de l'irruption du liquide laiteux intra-capsulaire, le moment de la contre-ponction cristalloïdienne et cornéenne. Mais l'exécution du lambeau capsulaire, consécutivement à la section kératique, peut être rendue impossible par la contraction du sphincter iridien. Une ouverture pupillaire n'aurait ici aucun avantage, à moins d'être pratiquée latéralement, ce qui serait infliger à l'œil une affreuse mutilation. Mieux vaudrait faire la ponction de la cristalloïde après avoir préalablement traversé la partie externe de l'iris, dont on fendrait une portion plus ou moins étendue de la petite circonférence, en taillant le lambeau capsulaire.^
Nous avons pensé pouvoir écarter les difficultés d'une cystotomie, pratiquée par transfixion lors du premier temps, par l'emploi d'un couteau spécial qui lutterait contre l'envahissement prématuré du liquide laiteux. Cet instrument, que nous avons fait fabriquer par M. Luër, de Paris, n'est autre qu'un petit couteau de de Grsefe, à l'extrémité duquel nous avons fait ajouter une pointe courbe d'une longueur de treize millimètres. La courbure de cette pointe appartient à un cercle de onze millimètres de rayon. Elle a été calculée de manière que, la ponction et la contre-ponction étant faites au niveau de l'union de la cornée à la sclérotique, sur une ligne horizontale voisine