EXTRACTION DE LA CATAUACTE DE MOI\GACNI
du grand diamètre de la cornée, — le sac capsulaire soit travèrsé en deux points opposés, près des limites de la pupille, amenée par l'atropine à sa plus grande dilatation. L'instrument allant toujours en augmentant de volume, agira à IsL manière du couteau de Beer, et l'humeur aqueuse ne pourra sortir que tardivement. Retenue dans la chambre antérieure, cette humeur aura pour efifet de maintenir la mydriase et d'empêcher la sortie du liquide laiteux. Le sac ainsi embroché ne peut manquer d'être ouvert, et cela dans une étendue calculée à l'avance. Quel sera le sort de ce couteau? Remplira-t-il le but proposé? Nous ne pouvons rien dire sur ce point, ne l'ayant pas encore employé sur le vivant.
Au lieu de s'efforcer à lutter contre les difficultés cristalloïdiennes, ne pourrait-on pas les éviter en utilisant le procédé d'extraction de la cataracte avec sa capsule, selon les préceptes de Pagenstecher et de de Wecker? Cette opération procure, on se le rappelle, les meilleurs résultats visuels. Si elle a été abandonnée pour le traitement des cataractes séniles, c'est qu'elle fesait courir à l'organe de graves dangers, ayant pour cause première une résistance trop grande de la part de la zonule de Zinn, qui nécessitait, pour être ouverte, l'intervention d'une force proportionnellement trop énergique, engendrant ou la commotion ou la sortie du corps vitré.
Or, comme, dans la cataracte à noyau flottant, il existe une disposition anatomo-pathologique tout autre de la cristalloïde et des liens d'union du système cristallinien avec les parties environnantes, il est permis de penser que ces dangers ne sauraient y exister au même degré.
En effet, d'une part le sac capsulaire offre plus de résistance; circonstance heureuse, car il en sera moins sujet à se rompre lors des mouvements de traction, accident qui est
arrivé à de Wecker 15 fois sur 66 cas. A propos de cette complication opératoire, cet auteur fait la réflexion suivante : « Sur des cataractes corticales commençantes et sur des cataractes dont les masses corticales sont absolument ramollies (cataracte de Morgagni), la résistance de la capsule se prête mieux à l'opération. {Traité des maladies des y eux, T. II, page 227.) »
D'autre part, la zonule offre une faible résistance et la cristalloïde postérieure adhère faiblement à l'hyaloïde. Dans quelques faits, la connexion qui existe entre la capsule et la membrane enveloppante du corps vitré est tellement relâchée, que la plus légère pression exercée sur l'œil fait progresser vers l'extérieur la lentille avec sa cristalloïde. De Wenzel, dans son Traité de la cataracte, page 137, cite deux observations à l'appui de cette curieuse disposition. Dans la première, dont le patient fut le célèbre Eulèr, « après kératotomie supérieure, le cris- » tallin,,qui était mou et sous forme d'hydatide, sortit lente- » ment et à la volonté de l'opérateur, sans qu'il fût néces- » saire d'inciser la capsule. Le corps vitré n'eut pas la » liberté de s'échapper, et l'opération ne fut accompagnée » ni suivie d'aucun accident ». Au sujet de la seconde, l'auteur dit : « En examinant l'œil, je soupçonnai, d'après » la légère convexité de l'iris, et par la forme et la couleur » de la cataracte, que le cristallin était fondu et sous >> forme d'hydatide ; il avait l'apparence vésiculaire ; alors » je me déterminai à faire l'incision par en haut. Le cris- » tallin sortit immédiatement (quoiqu'à ma volonté), et » renfermé dans ses deux capsules; l'humeur vitrée, qui se > présentait à l'incision, fut retenue par l'abaissement de » la paupière supérieure. Au bout de quinze jours, la ma-
» lade fit usage de cet œil ».
Dans ce même ouvrage, après avoir cité ces faits, de Wenzel relate, chez quelques sujets, un état d'abandon complet du cristallin par ses liens naturels.