EX
Il n'existe qu’un seul registre historique de la compagnie du Gai Savoir, depuis 1356 jusqu’en 15590. A
Ce registre, qui porte pour titre las Leys d'Amor, fat publié par. Guillaume Molinier , chancelier du Gai Consistoire en 1356. A la tête de ce Registre on trouve un préliminaire historique où sont racontés les événements relatifs à la compagnie des sept troubadours depuis 1323 jusqu'à l'année 1356, époque de sa publication.
Il existe un second registre qui porte le titre de las Flors del Gay Saber et qui ne renferme rien d'historique.
Ces deux manuscrits sont consacrés à des règles et à des exemples de divers genres de poésie, à des préceptes de rhétorique, aux figures et à leur application à la poésie. |
Parallèlement à ces deux registres , il en existe un troisième qui a pour auteur Raymond de Cornet, frère mineur. Il ne renferme rien d'historique; il contient seulement de fort anciennes pièces couronnées au Gai Consistoire, telles que celles d'Arnaud Vidal, de Raymond d'Alayrac, et la glose dudit frère Cornet sur les vers de Bernard de Panassac, le premier des sept troubadours, et d'autres pièces de poésie.
En 1446 paraît le registre de Saint-Savin; il se termine en 1498. [ n'offre rien d'historique et contient quatre pièces de vers du plus haut intérêt, parmi lesquelles on trouve la chanson de Mr° de Villeneuve sous l’année 1496, et celle de Bertrand de Roaix sous l'année 1498.
En 1458 Guillaume de Gaillac ouvrit un quatrième registre qui ne renferme encore que des pièces couronnées; il va jusqu’à l’année 1484.
Ainsi, pendant l'espace de 158 ans environ, nous ne trouvons aucun manuscrit qui nous rapporte ce qui s’est passé dans le sein de la compagnie du Gai Savoir, si ce n’est la nomenclature des pièces de poésie couronnées aux diverses époques. Une question se présente maintenant ici à notre examen. Est-il croyable que les Mainteneurs qui se sont succédé depuis 13536 jusqu’en 1550 n'aient rien écrit sur les événements qui pouvaient intéresser leur compagnie ? Tout porte à croire qu'il a existé une histoire de cette longue période académique. Les premiers mainteneurs ont conservé à la postérité le récit fidèle de leur primitive institution. Au seizième siècle, sous la direction du chancelier Pierre Dufaur, la compagnie du Gai Savoir forme ses annales depuis 1550 jusqu’à nos jours ; ne paraît-il pas naturel de supposer qu'au quinzième siècle on a fait ce qui avait été pratiqué au siècle précédent et ce qui l’a été dans les siècles postérieurs ? |
Mais si ces manuscrits ont existé, par quelles causes ont-ils disparu ? Cest ce qu'il faut maintenant expliquer.