Vita EHgii ab AudœfiOf lib. I , cap. ii. Spieil,, t. V
surtout des Saxons qu'on vendait comme des troupeaux. Il allait les attendre à la descente du bateau, et conduisant ces esclaves en présence du roi, il leur faisait jeter par terre chacun un denier pour les affranchir solennellement, suivant Tusage reçu panni les Francs '. Il aimait beaucoup lire, et même en travaillant de son art, il se faisait mettre un volume ouvert devant lui pour le parcourir des yeux.
Le roi Dagobert fit à Téglise de Saint-Denis de grands présents, et surtout une belle croix d'or, œuvre de saint Eloi ; puis les ornements du tombeau et de Tautel. Il fît orner avec une pareille magnificence le tombeau de saint Martin de Tours, de saint Brice, de saint Germain, de saint Severin, de saint Quentin, de sainte Geneviève, de sainte Colombe. Dans tous ces riches ouvrages, on n'admira pas moins Thabileté d'Éloi que la libéralité du roi*. Saint Éloi et saint Ouen furent élus le même jour, l'un évêque de Noyon et l'autre évêque de Rouen. Saint Eloi alla prêcher l'Evangile à Gand, à Anvers, qui dépendaient de son église. Saint Ouen ne le quittait pas ; on ne savait pas son origine ; Dagobert le fit son référendaire pour rédiger les diplômes : on voit sa souscription sur plusieurs chartes. A sa prière furent fondées les grandes abbayes de Wandrille, de Jumiége. Dans les violentes guerres entre les Austrasiens et les Neustriens, saint Ouen se retira auprès du roi Thierri. Passant sa vie à rapprocher les esprits, il fit un voyage à Cologne pour ménager un accommodement avec les Austrasiens. A son retour, il se rendait auprès du roi à Clichy pour lui rendre compte du succès de sa mission, lorsqu'il mourut le 2k août 683. Le roi accompagna le corps saint jusqu'à Pontoise, où saint Ouen avait voué sa vie à écrire la vie de saint Eloi, son ami.
Saint Léger, en latin Leodgegarius, leude franc d'origine, était né près de Poitiers et confié à l'évoque, son oncle, qui le fit clerc. Childeric, roi de Neustrie, l'appela dans son conseil ; il fut le réformateur des mauvaises coutumes. Comme saint Éloi, il était agréable de sa personne ; la beauté de son visage donnait de nouveaux agréments à son esprit, tandis que la connaissance des lois le ren-
1. Vita Elig.f etc. , lib. I, cap. x. C'est par ce texte que nous apprenons la formule d'affranchissement des serfs.