Hihr., de Trinit
Ariens. Ce livre, d'un beau style, fait dire à saint Jérôme,
< qu'il est écrit sur un cothurne gaulois. > Saint Hilaire triompha; les citoyens de Poitiers conservèrent de lui un culte traditionnel; la première basilique lui fut consacrée, témoignage de reconnaissance pour les services rendus au peuple.
Saint Martin, évéque de Tours, n'était point citoyen des Gaules. Né en Pannonie, fils d'un tribun des légions, il étudia aux écoles de Pavie ; la prédication chrétienne le toucha avec une si vive ardeur qu'il courut se ranger parmi les catéchumènes. Presque adolescent, il entra dans la milice impériale et fut centurion sous son père tribun. La légion se cantonna dans Amiens, le froid était vif et Martin aperçut dans le coin d'une rue un pauvre mendiant nu et transi. Pour le couvrir, le pieux centurion coupa son manteau en deux et en donna la moitié au mendiante La nuit suivante, selon la légende, Martin vit en songe le Christ vêtu de la moitié de son manteau et les anges s'écriaient :
< Martin encore catéchumène m'a revêtu de ce manteau^. » Cette vision frappa son esprit et toucha son cœur; il servit deux ans encore, avec éclat, sous Julien, dans l'expédition des Gaules. Retiré à Tours, il fut élu par le peuple évéque comme un des grands citoyens : Martin apporta dans ses devoirs la force et la constance que donne l'état militaire. Il
1 . Autrefois on cooservait à Amiens une pierre qui rappelait la charité de saint Martin :
« Hic quondam Testem Martinus dimidiavit, « Ut faceremus idem nobis exemplificavit. »