Voyez Asinius Quadratus dans Àgathiaiy liv. I, cap. vi
:i. Zozime (liv. 111) dit que c'était une multitude de baibares.
camp militaire * près du palais des Thermes. Dans ses épitres, le César fait Téloge de Lutèce ; s'il blâme en philosophe austère, la légèreté des mœurs des Gaulois, il célèbre en même temps leur piété envers Diane, Mars et Apollon ; il gémit des progrès du christianisme. Ce fut avec l'appui de quelques légions recrutées parmi les Gaulois que Julien résolut sa campagne en Germanie : victorieux, la Gaule reconnaissante lui dressa des arcs de triomphes, les légionnaires le proclamèrent "empereur.
Dans ce terrible quatrième siècle, il semble que la terre enfante des myriades de peuples qui se heurtent les uns les autres. Les Guths étaient-ils originaires de la Scandinavie *, de cette grande presqu'île que Procope appelle la matrice du genre humain, vaginam generis humante Venaient-ils de l'Asie, de ces vastes plateaux d où partirent toutes les migrations ? Sans rechercher les origines dans les traditions fabuleuses, les Goths ne furent peut-être que les vieux Gètes, habitant les bords du Danube et du Borysthène et quif poussés par d'autres barbares, couvrirent d'abord la Scandinavie et se jetèrent ensuite vers le midi ; les Vandales, les Gerulles, les Lombards ne furent que les branches diverses de la grande famille des Goths. A mesure qu'ils se fixaient sur un territoire, ils prenaient une dénomination particulière pour se distinguer les uns des autres; si par les traits de leur visage, par leurs coutumes ils ap-
1. On a trouvé des vestiges de ce camp dans le jardin du Luxembour^;. Quelques ruines du palais des Thermes .«ont conservés.
2. Comparez sur Torigine et rhistoirc des (îo'h":, Jomands, de reb. Goth.t cap. m, IV et xvii, avec Isidor. Chronic Goth. — i*rocope, de bello Gothûr., suiluul l'imiueiise éiudit Giuiius in Prolryom. ud Hist. Goth.
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partenaient à une vaste et même origine, tous se distinguaient par les dénominations d'Ostrogoths et de Visigoths, en raison qu'ils habitaient l'orient ou l'occident; c'était toujours les enfants des anciens Celtes. Les empereurs cherchèrent souvent à les apaiser par des tributs : les vieilles sociétés act\ètent ainsi le repos. Par leur contact avec la race grecque et latine, les Goths acquirent un certain degré de civilisation. La prédication chrétienne avait même pénétré parmi eux ; ils avaient déjà un code de lois, des principes d'organisation politique, lorsqu'ils furent refoulés par une autre irruption soudaine et terrible qui partout sema la désolation.
Dans les immenses déserts de la Tartarie asiatique vivaient de toute antiquité des peuplades guerrières à l'aspect sinistre; elles n'avaient aucun des caractères particuliers des Goths ou des Vandales, ni les traits de leur physiono < mie, ni leur chevelure blonde, ni leur teint blanc et coloré. Ces peuples appartenaient à la race mongole ou mantchoue : trapus de taille, au nez épaté, au teint jaunâtre , ils campaient sous la tente au Borysthène. Ils portaient suspendus à leur épaule l'arc et les flèches ; montés sur des petits chevaux, ils lançaient leurs traits, puis fuyaient comme les Scythes de l'histoire antique ; ils n'avaient aucune trace de la civilisation des Ostrogoths, des Visigoths, des Bourgui- ^oions devenus chrétiens.
Devant leur invasion, il se fit comme une grande et horrible cascade de peuples : les Huns se jettent sur les Alpins, les Alains sur les Goths, les Goths sur les Sarmates, et tous marchent ou fuient par la terreur qu'ils s'inspirent mutuellement. < Petits, hideux de traits çt de forme, dit
Claudien , les Huns ne combattent jamais à pied quand ils quittent la tente, ils sont à cheval * : ils y donnent, ils y mangent; dans les batailles, ils se servent de la flèche armée d'os pointus aussi durs que le fer, lancée d'une main vigou* reuse par l'arc bandé ^ » Ce fut un terrible spectacle que ce mouvement des peuples accourant depuis les sources du Gange jusque sur le Danube et le Rhin ; en vain les Alains et les Visigoths veulent arrêter les Huns : vaincus et refoulés, les Goths demandèrent aux empereurs de passer en Thrace pour échapper aux barbares. Les Vandales et les Alains réfugiés dans les Gaules ravagèrent toute la première Germanie : les cités de Strasbourg, de Mayence, de Worms et de Spire tombèrent dans cette destruction, puis les provinces de l'Aquitaine, la Lyonnaise, la Narbonnaise. Les Bourguignons, les Hérules, les Gépides eurent leur part dans ce ravage des Gaules. On aurait dit des nuées de gigantesques sauterelles aux ailes de feu s'abattant sur les campagnes pour les dévorer. Dans moins de dix années, cette Gaule naguère si florissante sous la domination romaine, remplie de monuments, d'arcs de triomphes, d'aqueducs, fut dévastée jusqu'au dernier brin d'herbe. Tous ces barbares se plaisaient à la destruction des villes; campés habituellement sous le ciel, ils n'aimaient pas les
1 . Zozime, lib. IV, cap. xx, dit : « que les Huds ne savaient pas sa tenir à pied, mais toujours à cheval. »
2. Voici le portrait que Claudien trace des Huns dans son latin incorrect :
« Turpes babitus, obscsna que visu
« Corpora mens duro numquam cessura labori
« Prsda libus vilanda Ceres frontemquc sicari ^
« LuduH et occisos pulchram juvare parentes, eiz. »
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cités, pour eux comme des vêtements de pierre lourds et importuns, ils y respiraient à peine ; seuls quelques débris de villes furent sauvés. Enfin, quand un peu de régularité se mit dans l'invasion, quelques-uns de ces peuples s'arrêtèrent dans de grands campements, parce qu'il n'est pas dans la nature même des peuples primitifs de toujours marcher sans repos ni halte : il vient un moment de fatigue et, par conséquent, de stabilité *.
n faut lire dans les auteurs contemporains la description des maux horribles que subit la Gaule à cette fatale époque considérés par les évêques comme un fléau et un châtiment de Dieu. Il existe un poëme anonyme sur la Prooidence*, attribué à saint Prosper, d'une expression lamentable ; on le dirait écrit à la lueur d'un terrible incendie : « Les temples du Seigneur ont été "brûlés, les vases sacrés profanés, les vierges et les veuves déshonorées, les enfants égorgés dans l'âge le plus tendre, les solitaires massacrés dans leurs grottes, les évéques et les autres pasteurs enlevés, chaînés de chaînes, frappés à coups de fouet et jetés dans le feu : si l'Océan eût inondé toutes les Gaules, il y eût fait de moindres maux. > Prosper avait été lui-même emmené captif de compagnie avec son évéque, vénérable vieillard qui accompagnait dans la captivité les misérables restes de son troupeau.
Saint Jérôme n'habitait point les Gaules, mais son génie littéraire le mettait incessamment en rapport avec les cités