Strabon, lib
3. César dit qu'il fallait neuf jours pour traverser la forêt Hercynienne:
« Hujus Hercynis silvœ latitude novem dierum iter expedito patet. »
Comment., liv. VI, cap. xxv.
4. «Est bos cervi 6gura.... Tertium est genus eorum, qui Uri appellantur.
Le sol abrupte avait dû subir des cataclysmes récents : aux petites iles du Belt-Danois, les terres s'étaient déchirées par un volcan; dans la Frise du sol avait été inondé par la mer : le Danube et le Rhin avaient déplacé leur lit ; les Alpes contenaient une ceinture de cratères encore en feu, les montagnes de l'Auvergne jetaient leurs laves : partout des sources d'eaux chaudes et minérales. Sur les côtes de Bretagne on avait vu les créations spontanées d'iles surgissant au milieu des tempêtes : le mont Belen *, selon les traditions, était sorti de la mer avec ses rochers escarpés; des continents avaient disparu comme la fameuse Atlantique si célèbre chez les anciens : Tile des Bretons et des Pietés était frangée avec une telle régularité qu'elle pouvait adapter ses golfes, ses caps aux côtes de la Gaule et de la Bretagne comme deux moitiés du même continent.
Tacite, dans son admirable livre De moribus Germanorum composé au temps de la Rome des Césars, a écrit une satire pleine d'allusion au peuple romain dégénéré. L'historien, élevé a l'école stoïque, exalte les habitudes austères et fortes des barbares pour les opposer, comme contraste, aux coutumes avilies de Rome en décadence. Les Germains étaient une branche du grand arbre celtique dont les vastes rameaux s'étendaient au nord et au centre de l'Europe. Avec de légères nuances on trouve chez tous, les légendes primitives sur Odin, Thorn, Freya de la Scandinavie ; la différence des territoires seule avait créé des habitudes par-
Hi suot mtgnîtudine iofra elephantos. » Comment,, cap. xxvui. Les molosses paulo existaient encore du temps de Charlemagne. 1. Aujourd'hui le mont Saint-Michel.
ticulières à chaque tribu. Les Germains nomades s'occu paient de chasse, de pâturage, de troupeaux; les Scandinaves, entourés de mers, Vêtaient passionnés pour les expéditions maritimes et la piraterie : la mer, soulevée par la lempéle, grondait incessamment sous un ciel assombri de neige; les monstres marins venaient se jouer sur les côtes; de fortes pirogues naviguaient dans les mers hyperboréennes, les Scandinaves connaissaient llslande : des traditions mêmes racontent qu'ils avaient touché le Groenland et l'extrême Amérique du Nord * .
Dans le déplacement continuel des tribus, il serait bien difficile de préciser le territoire occupé spécialement par les Gaulois *, mais à Tépoque où les Romains commencèrent à s'inquiéter de leur migration, ce qu'on appelait la Gaule embrassait à peu près les provinces qui forment aujourd'hui la France, plus une partie de la Belgique jusqu'au Rhin, la Suisse jusqu'aux Hautes-Alpes. Ce territoire inculte conmie la Germanie était tout couvert de forêts sombres, traversée par de nombreuses rivières, inondé par des marais ; quelques huttes groupées formaient des bourgs, laissés, repris, abandonnés dans d'incessantes migrations. Le culte était sombre, les victimes humaines sacrifiées sur des autels de pierre : le sang coulait à travers une noire rigole. Les Druides possédaient quelques traditions fabuleuses qu'ils
1 . Malte-Brun, qui avait profondément étudié la question, a recueilli lat preuves dans sa Géographie (liv. XIV) : Notes sur la découverte de l'Amérique.
2. Le nom de Gaulois ne fut entièrement accepté que lorsque celui de Celte fut abandonné : « Verum ut Galli appellarentur, non nisi serô usus obtinuit. Celtas cum ipsi se antiquités, tum alii eos nominabant. » (.Paasan., lib. L) Les vrab Gaulois étaient appelés par les Grecs : GalaUs.
chantaient ou enseignaient dans les forêts de chênes où le gui sacré se mêlait à la verveine odorante.
L'école d'Alexandrie qui colorait toigours de son mysticisme, les traditions religieuses des peuples, élevait le druidisme à l'honneur d'an système de philosophie et de sagesse parfaite comme chez les prêtres de l'Egypte, de la Syrie, de la Perse et les initiés au culte de Mithra. Diodore de Sicile mêle le nom d'Hercule à l'histoire de la Gaule : < On raconte, dit-il, qu'Hercule fut aimé d'une fille d'un roi de la Celtique, il en eut un fils du nom de Galatès ; il donna à ses sujets le nom de GakUes et au pays de sa domination le nom de Galatie ou des Gaules. > Partout se retrouve le mythe d'Hercule, dompteur et civilisateur. La fable du centaure Ghiron, des écuries d'Augias, de Thydre de Leme sont difiTérentes faces de la lutte antique de quelques héros contre la barbarie ^
Les traces vivantes du culte des Druides se retrouvent surtout dans la Bretagne. Aux plaines de Gamac sont en* core debout des blocs de pierres rangés sur des lignes parallèles loin de toute carrière connue'; cette gigantesque merveille n'est pas le résultat d'une convulsion de la nature ; un volcan n'a pu produire cette régulière construction. Quelle troupe de géants a donc remué ces pierres pour en former des autels couverts de fissures d'où le sang des victimes humaines coulait à flots? Les monuments de la plaine Lockmariaker gardent plus profondément encore les traces de la main de l'homme. Terre étrange que la Breta-