Diodure de Sicile, iiv. V
2. Cambry compte quatre mille de ces dolmens. M. de La Sauvagere, dans iOQ B0cu€U des ArUiquiUs de la Gaule, en a fait une description exacte.
gne, où le culte des druides était dans sa sauvage puissance ! Tile de Sein était le séjour des divinités fatidiques, maîtresses des tempêtes. Le mont Belen, consacré à Belénus, était habité par la fée des écueil s; les noms les plus lamentables, les plus tristes étaient murmurés dans la forêt des pleurs, bois touffus où s'accomplissaient les sacrifices. Ceux qui ont cherché dans les druides, des penseurs et des civilisateurs n'ont jamais pardburu ces sombres contrées semées d'abominables autels* trempés du sang des victimes humaines.
Cette barbarie régnait aussi profonde parmi les tribus de la grande ile des Bretons et des Pietés, en face des Gaules; la plus puissante de ces tribus s'appelait Breit (en langue primitive peint)] ces insulaires se teignaient le visage et le corps. Les hardis navigateurs carthaginois et tyriens connaissaient les îles Baratanac (en langue punique terre d'étain), parce que Tétain recueilli jusqu'à fleur de terre' était l'objet d'un grand commerce; s'il y avait quelque civilisation sur les côtes, au-delà de ces limites l'esprit aborigène se maintenait dans l'état sauvage; selon Pline et Strabon, l'aspect des naturels était effrayant : de longs cheveux incultes pendaient jusqu'à la ceinture; quelques-uns les faisaient revenir sur leur tête (comme les Gomanches de l'Amérique); ils ne portaient pas la barbe; couverts de peaux arrachées aux buffles et aux loups de mer, ils étaient tatoués de bleu. Dans des champs incultes ils gardaient les trou •
1 • Nous reparlerons plus tard de cette école qui a ?oulu faire honneur aux Druides de la civilisation des Gaules pour nier les bienfaits des Eféques chrétiens.
2. Les Grecs donnaient aut lies des Bretons le nom de Catteteri (étain).
peaux, en s'exterminant dans des combats acharnés. Ainsi étaient les Bretons.
Les Carthaginois, maîtres du commerdk de TEspagne, avaient porté un peu de civilisation parmi les tribus campées entre les Pyrénées et les colonnes d'Hercule; le hardi navigateur Hannon, après avoir côtoyé l'Afrique, avait vi« site les rivages de la Bretagne et de la Frise. L'Espagne possédait le sol le plus riche en métaux précieux, les mines d'argent d'une exploitation facile en faisaient comme le riche pays des Hespérides^ On doit croire même que la fable de Jason et de la conquête delà Toison d'or n'étaient que le récit du premier voyage de découvertes aux colonnes d'Hercule; les véritables Argonautes étaient les Tyriens et les Carthaginois ; les Hespérides devaient être le Portugal (Portus- Galise, la porte des Gaules).
Les Gaulois, parmi les Celtes^ étaient les tribus essentiellement émigrantes. L'abréviateur si exactdes fastes romains, Justin, raconte que déjà sous les Tarquins une multitude de trois cent mille Gaulois' vint comme un torrent se jeter, Tune sur la Pannonie, l'autre sur Tltalie. Plutarque ajoute que ces barbares étaient d'une forte stature, belliqueux et capables de porter leurs armes aux extrémités du monde ^ Avec eux marchaient leurs femmes, leurs enfants (il n'était jamais question des vieillards chez les barbares). Les Gaulois se ûxèrent d'abord aux extrémités des Alpes-Maritimes,
1. Pliae dit que les Phénicieos, les Carthaginois avaient fondé de nombreuses colonies en Espagne.... «In universam Hispaniam M. Varo pervenisse Ibcros, Phœnices et Pœnos tradit. • Pline, lib. III , cap. m.