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2. 11 De faut pas le confondre avec saint Germain de Paris. Foriantt a écrit sa vie recueillie par Mabillon, Àeta sanclor. , tome I.
croix monastique lorsqu'Attila vint camper autour de Paris. Geneviève releva le courage des citoyens {dves) en prédisant que les barbares n'entreraient pas dans la cité : elle conduisit sept barques pleines de blé par la Seine, afin de nourrir les habitants exténués de fatigue et de faim. La résistance d'Orléans sous son évéque surprit plus encore Attila S et quand il vit se déployer l'armée des Francs, des Goths et des Romains réunis, il craignit d'être pris entre deux masses d'honunes : le grand barbare hâta sa retraite vers le Rhin, à travers la Champagne : harcelé, poursuivi, il choisit comme champ de bataille pour déployer ses cavaliers innombrables une vaste plaine près d'un bourg du nom de Campi Catalaunici, non loin de Châlons' : là fut livrée cette bataille qui décida du sort de l'invasion (451). Attila y prit l'offensive par une attaque soudaine espérant séparer les Francs, les Romains en deux bandes éparses. Aêtius, héritier de la tactique romaine, l'attaqua de front avec ses légions fortement armées tandis que les Goths et les Francs les prenaient par la télé et la queue : terrible massacre I Une longue marche avait épuisé les Huns; ils n'avaient plus l'énergie soudaine, Taudace impétueuse de l'iifvasion : autour d'eux les peuples de la Gaule étaient soulevés, les cités en armes. Dans ces circonstances la perte d'une bataille achève la dispersion d'une armée.
1. Comparez VU, S. Lupi Ànianentis et S. Genovefay Dum Bouquet, t. ]II, page 644.
2. Catalanum, littéralement le Chalonais (Châlons), dépendait alors de la métropole de Reims; il porta le nom de Duro Catalanum, D*AnviUe est toujours le savant qu'il faut consulter pour la géographie de la Gaule. La Champagne était désignée par Grégoire de Tours sous 1a nom générique de CampaniQ,
Celte victoire d'Aëtius sur Attila grandit nécessairement la puissance romaine dans les Gaules. La tactique des vieilles légions s'était réveillée pour triompher encore une fois. Aëtius glorifiait Tétendard de Tempire, comme Bélisaire l'avait fait triompher en Afrique et plus tard le patrice Narsès en Italie : les Francs et les Goths, auxiliaires des Romains, devaient donc accepter tôt ou tard l'influence du christianisme, la religion grecque et latine. Les évéques avaient rempli une mission suprême dans la résistance : leur ascendant municipal s'accrut avec celui des idées romaines 1 Comme on jouissait de quelque repos dans les diocèses, les évéques établirent la foi d'une manière permanente et le témoignage du triomphe chrétien se manifesta par l'érection des basiliques. Dans l'opinion du peuple, les tombeaux et les châsses des saints avaient sauvé les cités : à Bourges, à Tours^ à Orléans. Une fois délivrés des barbares, les habitants voulurent constater la reconnaissance publique : sur le tombeau de saint Martin de Tours, il n'existait à Torigine qu'une petite chapelle: l'évèquePerpetus, la trouvant indigne du saint sacrifice, prépara la construction dune basilique de cent soixante pieds de long, sur soixante de large, avec trente-deux fenêtres du côté de l'autel et cent vingt colonnes dans l'intérieur : huit portes s'ouvraient à la foule qui venait prier nuit et jour. A Autun, une autre magnifique église s'éleva en l'honneur du martyr saint Symphorien ; à Clermont, fut bâtie la cathédrale de cinquante pieds de haut ; à la manière des basi-
1. Il faut lire Grégoire de Tours pour l'histoire pittoresque et ehrooolo- ^ gique de la fondation des cathédrales, liv. VI, chap. i.
liques romaines elle était précédée d'un pronaos ou bap tistère à colonnes tout en marbre travaillé avec beaucoup d'art : la population heureuse, avait l'espérance qu'après la retraite d'Attila, la paix de la cité serait à jamais assurée.
Le chef des Francs auxiliaires d'Aêtius dans la bataille livrée contre Attila, nous le répétons, était Mérovée, de la même famille que Clodion le chevelu. Après lui donc il gouverna les tribus des Saliens, fidèles à l'alliance de l'empire, sans en adopter complètement les idées et les usages : les Francs conservaient la religion de leurs ancêtres. Trèsattachés à leurs dieux comme à une pièce de leur armure, les Francs n'avaient pas, à l'imitation des Bourguignons, adopté le christianisme: < Les Francs, dit Grégoire de Tours, se faisaient des images, des eaux, des oiseaux, des bêtes sauvages et s'accoutumaient à les adorer '. • Toutefois, à mesure qu'ils fondaient une colonie, les Francs devaient se rapprocher des évêques, pour conquérir l'appui du peuple gallo-romain : n'étaient-ils pas les premiers et les grands citoyens, les chefs des sénats et des municipes? Tant que vécut Mérovée, il conserva l'alliance des Romains représentés par Aëtius qui inspirait une confiance indicible aux populations diverses de la Gaule. L'autorité des empereurs était encore respectée : un grand pouvoir ne tombe pas sans garder le prestige des souvenirs.
A Mérovée succéda Childéric, qu'on disait son fils, né d'une concubine : telle était alors l'influence gallo-romaine sur les Francs que ces libres tribus préférèrent à Childéric,
1. Grég. de Tours, liv. I". Il existe, sur la religion des Francs, uneicellent mémoire dans le recueil de VÀcadémie des imcriptiatu.
le comte romain, Egidius (Gilon) : Childéric un moment exilé vint se retremper dans les forêts de la Germanie, lais* sant quelques amis parmi ses leudes : la chronique de Saint-Denis rapporte qu'avant de partir pour les Thuringes, Childéric partagea, en la brisant, une pièce d'or en deux et en laissa la moitié à un de ses leudes fidèles qui lui dit : « Quand je vous enverrai cette moitié, vous pourrez revenir en toute sûreté parmi nous. > Or le temps ne fut pas long ; il y eut une révolte contre Egidius et la moitié de la pièce d'or fut envoyée à Childéric. Le chef des Francs retrempé dans les forêts de Thuringe, beau de corps, puissant d'énergie, attira vers lui la femme du chef Thuringien et d'elle naquit ce fils du nom de Clovis qui essaya l'œuvre d* unité des Francs dans les Gaules ^ Ces tribus des Saliens servirent néanmoins les Romains dans leurs expéditions en Germanie. Le comte Syagrius invoqua leur fidélité comme le faisait Aëtius contre les Saxons qui désolaient l'embouchure de la Loire. Ce fut avec ses auxiliaires (les Francs) que Syagrius refoula vers la mer les pirates. Sept ans après, nouvelle invasion des pirates et toujours Syagrius accourt à la tête des Francs en Bretagne. Lors des invasions des Goths et des Allemands, les Francs se montrèrent encore fidèles aux préfets de l'empire. Cette longue alliance franco -gauloise, il ne faut jamais l'oublier dans l'histoire de l'origine de la monarchie, parce qu'elle fut la source du pouvoir de Clovis. Ce pouvoir fut le résultat d'une fusion
1 . Le systématique abbé Dubos traito tout cela de fable, d'inveaUon de Grégoire de Tours, quelle preuve en donne-t-il? Quels sont les mooumeiits qu'il invoque? La critique de Fréret est plus sûre et plus ferme. La Chronique de Saint-Deois a copié Aimoin et confirmé ses récits.
lente et successive des Francs avec les Gallo-Romains : les uns cultivaient la terre comme colons, les autres combattaient comme soldats à côté des Romains. La monarchie de Clovis fut la consécration de l'alliance franco-gauloise : il n*y eut pas une conquête violente et armée, mais une convention tacite, une fusion de races consacrée par l'élévation d'un roi (rea?).
Les évéques, les hommes politiques du temps, aidèrent tous Clovis dans son œuvre ; persécutés par les Ariens plus cruels et plus durs que les païens, ils avaient besoin d'un appui*. Si les Francs chevelus étaient encore fidèles aux dieux de leurs forêts, au moins ils n'étaient pas persécuteurs et les évéques espéraient que pour consolider leur établissement, tôt ou tard ils adopteraient la foi catholique : car les Francs étaient trop liés avec les Gallo-Romains pour ne pas accepter leur civilisation : le baptême deviendrait le symbole de l'alliance définitive entre les deux peuples. Cette tâche suprême était réservée à saint Remy, évêque de Reims. Il y eut bien des incidents^ des obstacles, avant que la monarchie de Clovis ne se fît l'héritière de la puissance romaine dans les Gaules en recevant le baptême.
1 . 11 faut voir l'hisloire des per-ûcutions des A riens contre les Callioliques •l.nis sidon. A}»ollinar. . lib. VU, ad Basiliavi.