Art derérilier les dates ^ tome II, in
les Visigoths des Gaules, il marcha sur Carcassonne. Son fils Thierry, auquel s'était joint Gondebaud, roi de Bourgogne, tenta de s'emparer d'Arles : il fut mis en fuite par le grec Ibbas*, que Théodoric, roi d'Italie, avait envoyé au secours des Visigoths : Glovis leva le siège de Carcassonne et revint en Aquitaine où il assiégea la ville d'Angouléme qui se rendit après avoir vu tomber comme par miracle une partie de ses murailles. >
Ainsi les bénédictins résument les faits avec une grande exactitude. La Chronique de Saint-Denis raconte avec la naïveté d'une chanson de gestes^ cette expédition de Clovis contre les Visigoths sous ce titre : < Comment le roy occit le roy Alaric par son corps; et comment sa gent fut vaincue. > Les Francs furent ainsi maîtres du midi.
Avant son expédition préparée, le roi avait envoyé des messagers au tombeau de saint Martin de Tours pour le consulter, et la réponse avait été favorable : ils avaient entendu chanter cette antienne: « Sire (seigneur), tu m'as ceint et armé de vertu à bataille, et m'as donné les dos de mes ennemis. * Ces paroles sacrées avaient été acceptées comme un augure. « Après que Clovis eut tout son ost* assamblé, il vint fort contre ses ennemis à un fleuve qui est appelé Vianne (la Vienne), outre cuidièrent* passer, mais ils ne purent car les eaux abondoient. Dolant fu le roy, quant il vit qu'il ne put passer ni sa gent requist l'aide
1 . Les Empereurs avaient encore quelque puissance sur les provinces du midi ; ils régnaient sur Arles ; les Byzantins avaient de la science stratégique.
'i. Armée.
:>. L'auteur de> jurandes Clii uniques suit ici Grégoire de Tours, liv. 11. chap. II.
de Nostre-Seigneur par telles paroles : « Sainte Trinité * et un seul Dieu en majesté donne-moi victoire contre les ennemis de la foi chrétienne et si m'octroie legier trespassement (passage) parmi ce fleuve. » Aussitôt un cerf parut soudainement. Quand les Francs, qui d'ancienne coustume sont chasseurs plus qu'aucun autre virent la beste, fortement la prirent à chasser*. Le cerf se feri en l'eau et passa tout outre pour eux enseigner le passage. Le roy vint ainsi à Poitiers où il posa sa tente; le matin tous les Francs se levèrent, le rûy commanda qu'ils fussent tous armés et chevauchèrent contre leurs ennemis, fortement combattirent de part et d'autre, mais à la parfin, furent lesGoths déconfits et le dos tournèrent, et s'enfuirent comme saint Martin l'avoit dit. Le fort roy Clovis se feri dans la bataille où il choisi le roy Âlaricau plus dru' de sa gent ; à lui se cornbatti corps à corps et l'abati à terre. Comme il le tenoit dessous lui et cherchoit là ou il pourroit ferir de mort, deux Goths le hurtèrent de deux glaives en ses deux costés mais ils ne le purent navrer (le blesser), car la souveraine vertu et le haubert le garantirent et sous lui il occit le roi Alaric avant qu'il se remuast de la place. En telle manière eut le roi victoire de ses ennemis par l'aide de Nostre-Seigneur. >
Dans cette guerre de Clovis contre les Visigoths, on ne saurait trop le répéter, Clovis avec ses Francs trouvaient partout
1. LaiTrinité était invoquée parce qu'elle était niée par leè Ariens que Clovis combattait.
2 . Les biches et les cerfs jouent un trè.-grar.d rôle dans la légende des Francs; celaient les bètes des forêts profondes et des grandes chasbe^.