‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 50 sur 150 · Notre domination · texte numérisé non relu

Notre domination

« Oh! combien ne serait-il pas heureux ce jour où votre corps sera régénéré par la foi du Christ. Si je puis y assister corporellement, je ne manquerai pas à cette communion de joie : chacun applaudit au succès, à la gloire que vous procurez à votre pays. Combien votre bonheur nous touche toutes les fois que vous combattez : c'est nousméme qui triomphons ^ « Le pape Ânastase écrit également à Clovis : < Nous .voulons vous apprendre par le prêtre Iminius combien vos frères sont les nôtres : combien se réjouit notre sainte mère TËglise, de tout ce que vous avez fait pour Dieu '. >

Les épîtres de Clovis, aux évêques, au souverain pontife, ses ambassades à Constantinople, semblent toujours constater que les Francs avaient accepté la civilisation galloromaine. Ils y arrivent avec effort, sans dépouiller absolument le vieil homme, car ils conservent quelques sauvages habitudes, et surtout Tardent amour pour les femmes qu'ils prennent et répudient capricieusement comme des hommes sans frein. De tous les temps Tamour de la chair rapproche de la bestialité : c'est ce que l'homme dépouille le plus difficilement; car l'unité du mariage est une perfection. La monarchie qui s'établit n'est pas non plus une idée franque, mais un principe de la loi des empereurs et des papes. Ce principe se développe sous les suc-

1. « Successus felicium triumphorum, quos per vos regio illa gerit, cuncta concélébrant; tangit etiam nos félicitas, quotiescumque illi pugnatis, vincimits. M (Alcim. Avit., EpisioL^ 95.)

2. ■ Lstifica ergo, gloriose et illustris fili, matrem tuam, et sis illi in colamnam ferream ut custodiat te in viis tuis et det tibi in circuitu de ioimieis tuis Tictoriam. » (Anast. Epislol.)

cesseurs de Glovis , à travers tous les excès de la violence et de la force. Un pacte tacite s'accomplit : la Gaule offre son sol, ses cités, ses arts, sa politesse, sa civilisation ; le Franc donne sa force, son courage, l'énergie de son caractère; et de cette fusion est née notre splendide nationalité !

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