‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 51 sur 150 · HISTOIRE DES ROIS OU CNEFS FRANCS. OEPUIS CLOTAIRE V · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES ROIS OU CNEFS FRANCS. OEPUIS CLOTAIRE V

JUSQU'A OAGOIERT.

Gouvernement de CloUire I*' seul maître de la nation des Francs. — Nou- ?eau parlage. — Les quatre nationalités. — Les rois de Paris ; — d'Orléans; — de Metz et de Bourgogne; — de Soissons; — Chronique de Caribert jusqu'à sa mort; — de Contran; — de Sigebert jusqu'à son mariage a?ec Brunehaut ; — de Chilpéric jusqu'à son union avec Frédcgonde. — AfTaiblissement des chels francs. — Caractère des trois femmes. — Austregilde. — Brunehaut. — Frédegonde. — Régence de Brunehaut. — Caractère brillant de cette administration. — Monuments. — Chemins publics. — Rivalité avec Frédegonde. — Causes de cette haine. — Défeloppement de la puissance des maires du palais. — Thierry, roi de Bourgogne et d'Austrasie. — Clotairc II, roi de Soissons. — Clotaire II, seul. — Législation. — Diplômes. — Quelques scènes de mœurs et d'habitudes de ces peuples et de ces dynasties. — Association de Dagobert.

De tous les Gis de Clovis, Clotaire, vieillard déjà, restait seul debout et couronné; parent impitoyable, il avait frappé de mort ses deux neveux pour s*emparer des terres de leur partage. La résidence de Clotaire était à Soissons ou à Noyon, dans de grandes métairies que les chroniques appellent quelquefois palais ; il allait à Compiègne pour les chasses : les rois francs parcouraient incessamment ces vastes solitudes, suivis de chiens molosses, à la poursuite

de i'urus, des monstrueux sangliers et des cerfs unicornes, races disparues.

Clotaire restait impitoyable, plein de ressentiment et de vengeance : son fils Chramne s'était réfugié chez les Bretons de la Confédération armoricaine, république indépendante. Clotaire résolut la mort de ce fils, et ses Leudes attachèrent Chramne sur un banc de bois» un bâton noueux au cou et l'étranglèrent, puis ils mirent le feu à la maison de manière que les femmes et les enfants de Chramne qui pleuraient sur le corps de leur père, de leur époux, à l'imitation des funérailles antiques, furent réduits en cendre avec lui*. Ainsi la vieillesse semblait durcir la cruauté de ce caractère. Les Mérovingiens furent la famille des Atrides dans l'histoire de France.

Cependant la maladie vint, et avec elle l'inquiétude, la souffrance. Clotaire, pour se purger de ses cruautés envers la race de Clovis, visita le tombeau de saint Martin de Tours, lieu de repentir et de pardon ; selon les habitudes franques, sur la route, en allant et en revenant, Clotaire chassait à grande voie dans les forêts ; il courut toute une journée dans celle de Guise où la fièvre le saisit : le roi mourut à la métairie de Compiègne. Jamais il n'avait eu de respect pour les lois divines et humaines : six femmes ou concubines partagèrent à la fois sa couche; il en eut quatre fils, et à sa mort le partage fut encore la loi de succession royale. Ce n'était plus une famille mais une

1. Quelques remords et des craintes vinrent Tassiéger à son lit de mort : le roi s'écria en pleurant avec humilité : «Uval Uva! Quam magnus est Rex ille cœlestisqui sic humiliât sublimes terrse Beges. >• C'est du moins le téooignage d*Aimoin. {De gat Franc, ^ lib. II.)

tribu que formaient ces enfants nés de mères différentes, Intimes ou concubines.

Il fallait que cette loi de partage fut bien puissante, bien énergique dans les habitudes germaniques, pour ainsi se reproduire incessamment : elle pourrait s'expliquer. Ces races confuses de conquérants comptaient des origines très-distinctes, séparées, et chacune voulait avoir un roi; les Francs du royaume de Paris refusaient d'obéir à un chef, roi de Metz ou de Soissons. Dans le royaume d'Orléans il y avait beaucoup de Lètes saxons, et au centre des Gaules, vers les Alpes campaient les Bourguignons de la primitive conquête. A Metz, les Austrasiens conservaient plus vigoureusement les lois, les coutumes des ancêtres. A Soissons étaient encore les Lètes francs, ancien colons depuis l'empereur Julien. A la tête de ces différentes races, il fallait des chefs particuliers, parce qu'elles n'avaient entre elles aucune sympathie. De là le partage par succession : les guerres toujours renouvelées s'expliquent aussi par les antipathies de nationalités. De nos jours les tribus de l'Amérique se déchirent, se massacrent incessamment : les temps barbares ont des similitudes ^

Caribert devint roi de Paris, et par une bizarrerie de ces divisions de territoire, il obtint les terres de Quercy, d'Albigeois et une partie de la Provence depuis la Durance jusqu'à la mer : il mourut presque aussitôt sans descendant mâle; pourtant comme tous ses frères et ses oncles il avait reçu quatre femmes dans sa couche'. Si Caribert

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