‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 52 sur 150 · Bénédictins, Art de vérifier Ut dates (les Mérovingiens · texte numérisé non relu

Bénédictins, Art de vérifier Ut dates (les Mérovingiens

2. La mort de Caribert est de .>67. Grégoire de Tours dit qu il mourut à

fixait sa demeure à Paris, Contran qui prit le titre de roi d'Orléans et de Bourgogne, demeura soit à Ch&lons-sar- Saône, soit à Lyon, la contrée très-civilisée de la Gaule ; il fit la guerre aux Austrasiens, et en succédant au royaume de Paris, il vint s'établir au palais des Thermes, de préférence à Lyon et à Autun. Sur ces terres un grand nombre de Romains jouissaient des mêmes droits, du môme code que les Bourguignons : la domination de Tempire n'y était même point effacée, car on voit à côté du roi Gontran un patrice du nom de Mommolus qui, à l'imitation d'Aétius et de Syagrius, s'armait et combattait contre les Austra* siens et contre les Lombards. Aussi presque toutes les villes impériales obéissaient à Gontran, sans en excepter Arles que tant de souvenirs rattachent à Rome; le patrice Mommolus* victorieux chassa les Lombards du Dauphiné et de la Savoie dont ils s'étaient emparés. C'est un fait qui se renouvelle très-souvent dans les chroniques que cette influence des patrices romains, hoounes de guerre avec les traditions militaires de l'empire.

La séparation complète des deux nationalités austra* sienne et neustrienne se développe toujours et Sigebert, roi de Metz, n*eut aucun rapport avec Gontran, roi de Bourgogne. A cette époque commence à se produire en Austrasie la coutume qui va bientôt dominer et perdre la

Paris. Âimoin le fait mourir à Blaye. Sa femme portait le nom de : Ingoberge; il en eut trois filles : Berthe ou EdUberge qui épousa If roi de Kent; et Bertofelde et Crodieldfy qui prirent le voile, lune à Tours, l'autre à Poitiers : Caribert eut trois concubines, Marofère^ Mèroflédvy Thetidegilde.

I. Ces palrices étaient pour les Bourguignons à peu près les maires du palais.

première race, l'élection d'un maire du palais à côté du roi, dignité inhérente aux mœurs germaniques : les Austrasiens« les plus belliqueux des Francs, ne se contentaient plus d'un simple chef héréditaire, mou, efféminé, casanier. Us voulaient à leur tète un des leudes, élu sous le titre de maire du palais, toujours prêt à les conduire vers de nouvelles terres. A mesure que la royauté franque se civilisait trop sous l'action du droit romain et des évéques, les Austrasiens gardaient ou reprenaient le caractère de la première invasion germanique. Gomme les Neustriens ' étaient conduits par un patrice romain, les Austrasiens allaient élire un maire du palais parmi leurs leudes. Quand la royauté mérovingienne perdait quelque chose de son caractère primitif, une autre autorité s'élevait à côté de sa puissance civile pour la dominer.

Comme Sigebert, roi d'Austrasie, était un homme fort, le mabe du palais n'eut qu'une autorité secondaire. Sigebert dispersa en personne les nouvelles hordes d'Albares ou Alvares, terribles envahisseurs des Gaules', préservant ainsi Paris, Autun, Orléans d'une grande destruction : il envoyait le maire du palais, Gogou, dans les terres des Yisigoths en Espagne pour demander en mariage la fille du roi Athanagilde, elle prit le nom de Brunechild ou Brunehaut : douée d'une grande beauté, elle apportait à la cour d'Austrasie les habitudes et les mœurs de sa race, qui occupait une grande partie de l'Espagne ; presque ro-

1. Le roi Gontran avait eu pour femme Austregilde : elle mourut dans une grande épidémie qui ravagea les Gaules : •« Hoc anno, morbus validus cum profluvio ventrb et variola, Italiam Galliam afflixit. »

2. Les Albares appartenaient à la puissante et terrible famille des Huns.

maine d'origine, Brunehaut avait le goût des arts et des monuments; les leudes austrasiens la reçurent avec inquiétude comme une fille du midi, et plus tard ils la traitèrent avec colère. A chaque époque de l'histoire ces haines entre le midi et le nord se manifestent dans les plus petits incidents des chroniques.

Au milieu des Lètes et des Francs colonisés à l'extrémité des Gaules régnait Ghilpéric, roi de Soissons. Le premier acte de son règne fut une levée d'impôt au profit du fisc sur les colons cultivateurs. Beaucoup émigrèrent dans les États austrasiens, où ils trouvèrent des sympathies de race. Ces émigrations expliquent les victoires faciles de Sigebert sur Chilpéric et les Neustriens. Dans ce royaume de Soissons violemment agité s'élevait la puissance d'une autre femme, Ffédégonde, dont l'histoire va se mêler comme un sombre épisode aux annales mérovingiennes ; son origii^e n'était pas illustre comme celle de Brunehaut, on la disait même de race esclave. Captive des batailles, Chilpéric l'avait prise comme concubine selon le rite barbare : or, il l'aima si prestigieusement que pour elle il répudia sa première femme Audovere. Si Chilpéric n'osa proclamer Frédégonde, reine assise sur le trône, il lui laissa tout pouvoir dans le palais ^ et lorsque le roi, pour satisfaire l'orgueil de ses leudes, prit une nouvelle compagne, Galasuinde (la sœur de Brunehaut, de race Visigothe), Frédégonde agit avec tant de charme et de sourdes menaces auprès de Galasuinde

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