Irégoire (le Tours, liv. IV
2. C'est pour la première fois à celte époque qu'on trouve désigDé? à\ti. précision les maires du palais appelés jusqu'ici : « Majorem domus repiï. Comitem domus regitP. *•
qu'elle lui persuada de vivre dans la solitude. Un matin on la trouva morte dans son lit et Frédégonde fut accusée de l'avoir faite étrangler. Chilpéric, dominé par un irrésistible ascendant, alors épousa Tesclave triomphante ^ Ainsi les trois frères, Contran, Sigebert et Chilpéric, élevaient jusqu'à eux des femmes d'une ambition hardie : Gontran épousait Âustrégilde, caractère tellement ûer et impétueux qu'elle ordonna de faire enterrer avec elle tout vivants les deux médecins qui l'avaient soignée, parce qu'ils n'avaient pu la préserver de la mort. Sigebert se confiait à l'intelligence supérieure de Brunebaut , et Frédégonde régnait sous le nom de Chilpéric. Il fallait que l'émancipation de la femme fût bien avancée pour qu'elle passât de la servitude domestique (le droit romain) au gouvernement de ces tribus si fières, si hautaines dans la guerre, si dédaigneuses de Tépouse et de la concubine.
Cette époque fut troublée par de nouvelles invasions de barbares dans les Gaules et l'Italie. On vit apparaître sur les Alpes les débris de ces vigoureux peuples lombards si terribles dans leurs conquêtes. La nécessité de la défense avait grandi simultanément la puissance du patrice Mommolus et des maires du palais d'Âustrasie et de Neustrie. Comme les rois des Francs ne combattaient plus en personne à la tète des armées, ils les confiaient aux ducs, aux comtes, maires du palais ou patrices ; souvent l'exercice du pouvoir en consacre le droit. N'était- il pas naturel que le sceptre tôt ou tard passât à ceux qui tenaient l'épée? Patrices, ducs, comtes élevèrent à la royauté Gondebauld, bâtard de Clo-