‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 55 sur 150 · Charte de Glotaire II. Pièces justificatives · texte numérisé non relu

Charte de Glotaire II. Pièces justificatives

qu'empreinte de quelques sciences, s'était accomplie au milieu des leudes et des comtes germaniques ; aussi en l'associant à son royaume Clotaire lui donnait le gouvernement des terres d'Austrasie^ A ses côtés, le roi plaçait deux hommes qui déjà tenaient une grande place dans la race austrasîenne, le maire du palais Pépin, et l'évéque Amould, expression des leudes et des clercs germaniques. Dans cette abdication, Clotaire II ne s'était réservé que les forêts des Ardennes et des Vosges, car il aimait passionnément la chasse. Les leudes d'Austrasie s'y opposèrent. Quand Dagobert épousa au palais de Glichy, près Paris, Gomatrude, la sœur de la reine, les leudes demandèrent hautement qu'à la suite de ce mariage les forêts des Vosges et des Ardennes fussent réunies à TAustrasie; ce débat soumis à l'arbitrage de six leudes et de six évéques, la sentence fut favorable à Dagobert contre son père; les forêts furent réunies au domaine du fils et ceci donna un grand chagrin à Clotaire II, vieillard déjà : il mourut à Clichy, métairie entourée de bois touffus et de garennes; depuis quarante-cinq ansClotaire régnait sur les Neustriens et depuis quinze ans sur les Bourguignons et les Austrasiens; il eut pour sépulture Saint-Germain-des-Prés. Saint- Denis existait à peine alors, la tombe des rois appartenait aux anciennes abbayes. Déjà les basiliques des deux Saints- Germains étaient illustres; placées sur les deux rives de la

1. Le roi Clotaire ne retint de l'Austrasie que ce qui était au deçà dé la Loire et dans la Provence : c Reddensque es solaedatum quod aspexerat ad regnum Austrasiorum ; hoc tantum cxinde quod citra Ligerem vel in Provinciae partibus situm erat, suae ditioni retinuit. » Ceci confirme ce que j'ai dil de la capricieuse circonscription des successions royales.

Seioe, elles formaient comme deux forteresses, et les rois venaient s'y abriter vivants ou prêts à trépasser ; ils trouvaient asile sous les grandes voûtes des abbayes ; nul n'eût osé arracher un serf, un esclave ou un homme libre du sanctuaire. C'était une loi bien utile dans un temps où il y avait si peu de respect du droit parmi les hommes de force et de violence. Le règne de Clotaire fut, au reste, une tentative pour accomplir l'unité des races que Uagol>ert essaya de régulariser.

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