fauteuil esl au musée du Louvre
ET LES MÉROVINGItXS. 165
sa vie écrite dans le monastère de Saint-Denis, avec un soin particulier. Dagobert, adolescent, reçut TAustrasie à gouverner ; sa mère fut la reine Bertrude et son précepteur saint Amould, évéque de Metz, si lié à tous les graves événements de cette période ^ L'enfance de Dagobert fut mêlée à des légendes fantastiques ; les générations d'alors aimaient l'extraordinaire. Si dans nos collèges on enseigne la mythologie grecque, pourquoi ne pas étudier ces légendes qui peignent si bien les mœurs des temps héroïques de notre histoire? Les annales de France ont leurs mythes!
L'auteur de la Vie ou gestes de Dagobert environne le premier âge du roi de quelques épisodes de chasses et de batailles : c Lorsque Dagobert eut atteint l'âge de l'adolescence, et s'amusait â la chasse selon la coutume des Francs, il résolut un certain jour de courir un cerf. Le cerf aisément lancé s'efforçait de s'échapper aux troupes de chiens qui, en aboyant, le poursuivaient, et il traversait les forêts, les montagnes et les fleuves. Vaincu enfin il s'arrèla au lieu qu'on appelle Catulliac* éloigné d'environ cinq milles de la ville qu'on nomme Lutèce ou Paris.... Le cerf, après avoir erré longtemps çà et là dans le bourg, entra dans la chapelle des Saints-Marlyrs, et s'y cacha. Les chiens le pressaient, et quoique la me»me porte par où le cerf était entré leur fût ouverte, quoi(|ue nul de leurs gardiens visibles ne fût là pour les en chasser, les saints marlyrs ne souffrirent pas de ce que leur tombe fût violée par l'approche d'animaux immondes. Vous eussiez vu le cerf trouvant
I. 5^int Arnould fut le parent et le protect«Mir de la faniill<» «le IV[:n. 'i. Dans les plaines de ^aint-Denis.
là un asile assuré et les chiens indiquant sa présence par leurs aboiements, mais repoussés par une puissance divine de l'entrée de l'église. Dagobert arrivant en toute hâte, fut saisi à ce spectacle, d'étonnement, d'admiration et de respect. Le bruit s'en répandit parmi les voisins, et leur inspira, mais surtout à Dagobert, un grand amour et une profonde vénération pour les saints ; aucun lieu ne fut plus cher, ni plus précieux à Dagobert, comme on le vit plus tard par ses actions'. >
Dans les chroniques et les chansons de gestes, les saints protègent spécialement le cerf et la biche, tant aimés des rois et des leudes. C'est si élégant et si beau qu'un cerf lancé au son du cor I Celui qui se réfugia dans le sanctuaire fut protégé sur la tombe du saint où bientôt s'éleva la belle abbaye de Saint-Denis, asile et tombeau des rois de France. Dagobert, tout jeune homme, avait reçu TAustrasie à gouverner. Clotaire U avait placé à ses côtés un Franc du nom de Sadrégesile, homme fier, impératif qui traitait fort légèrement le fils de son seigneur. Les ducs, les comtes, les maires du palais accordaient avec peine l'obéissance et déjà leur puissance grandissait à ce point d'outrager les fils de roi. « Un certain jour Clotaire partit pour la chasse et s'en alla fort loin. Dagobert et le duc Sadrégesile restèrent au palais. Alors Dagobert ayant trouvé l'occasion qu'il espérait, manda le duc auprès de lui et l'invita à prendre son repas. Celui-ci ne soupçonnait nullement ce qui devait arriver , commença à le traiter légèrement , et ne rendit point à son seigneur futur, que dis-je? à celui qui était dé-