Fri'dépairc, r/iron., cap
'2. Fir'lc^'aire, Chron., ibid.
premières armes le portèrent contre les Saxons ^ : « Il les dompta si pleinement par les armes, qu4l fit périr tous les mâles de cette terre dont la taille surpassait la longueur de Tépée qu'il portait ; car il voulait que le souvenir toujours vivant de cette mortelle epée étouffât Taudace de leurs «irants*. » (L'histoire des Mérovingiens se résume par cette chronologie de massacres.)
Dans la bataille, Dagobert reçut sur son casque un coup qui lui coupa un morceau de peau de la tète avec une mèche de cheveux. L'homme d*armes qui se trouvait derrière lui ramassa le morceau tombé. Dagobert voyant le mauvais état de son armée, dit au jeune homme : < Hâte -toi, emporte ces cheveux de ma tête et va annoncer à mon père ce qui se passe afin qu'il vienne à notre secours avant que notre armée soit détruite. » Celui-ci prenant sa course arriva dans la forêt des Ardennes où se trouvait le roi Clotaire. Lorsqu'il lui remit la peau et les cheveux arrachés de la tète de son fils, le roi saisi d'une vive douleur se mit en marche au milieu de la nuit avec Tarmée des Francs, et au bruit des trompettes passa le Rhin et courut au secours de son fils. Les deux rois se serrèrent joyeusement la main et dressèrent leurs tentes sur les bords du Weser. Le duc des Saxons Bertoald, campé sur l'autre rive du fleuve et prêt à marcher au combat, entendit un grand bruit parmi les Francs et demanda ce que c'était. On lui répondit : « Le seigneur roi Clotaire est arrivé, et c'est pourquoi les Francs se réjouissent. » — Bertoald dit alors en éclatant de rire :
1. Les Saxons campaient sur les bords de Ttlhe. *2. Anonyme, de rita Uagobertij lib. I
m Dans votre terreur vous mentez comme des fous. Nous avons appris la mort du roi qui, à ce que vous dites, est avec vous. » Mais Clotaire sur la rive du fleuve et portant sur la tête son casque dont les crins se mêlaient avec sa chevelure, Tôta soudain, et parut la tête découverte. Bertoald reconnut alors que c'était le roi, et lui dit en se moquant : « Tu es donc ici mauvaise rosse*.... » Aces paroles le roi grandement indigné entra brusquement dans le fleuve le traversa sur son excellent cheval et se mit à poursuivre Bertoald.Les Francs suivirent leur roi etavec Dagobert, passèrent le fleuve à la nage malgré la profondeur de ses gouffres; alors Bertoald approchant le roi Clotaire, lui dit : « roi, retire- toi de moi, de peur que je ne te tue. Si tu triomphes de moi, tous les hommes diront que tu as tué ton ser>iteur, Bertoald le païen; mais si je te tue, alors il y aura un grand bruit chez toutes les nations. » A ces paroles le roi s'élança toujours plus violemment contre lui. Les Francs qui étaient encore très-loin de lui criaient : « Oroi, soutienstoi. » Ses mains étaient grandement fatiguées, car il portait sa cuirasse et Teau pénétrant de toute part rendait ses habits très-pesants. Cependant après un long et rude combat, le roi saisissant Bertoald, le frappa de mort et plaça sa tète au bout de sa lance. Les Francs bien inquiets ne savaient pas ce qui lui était arrivé. Le roi ravagea toute la terre des Saxons et tua tout le peuple ; il voulait par là que la postérité apprit combien avait été grande la perfidie des Saxons et à quel point est redoutable la colère des rois*.*