De Cest Dagoberu
tère 1 Le moine se hâte d'écrire une légende afin de constater que tant de dons, malgré ses fautes, ses égarements, ses violences, lui ont assuré le ciel. Évidemment sa vie de chair et de sang lui méritait l'enfer, et pourtant les saints martyrs de Saint-Denis ne peuvent laisser le diable s'emparer de cette âme généreuse. Voici ce qui fut raconté : < L'évéque Ansoualde étant dans les mers de Sicile avait vu les noirs esprits entraînant, à travers les flots, le roi Dago- — 4. bert, juste chàtinfent du prince violent, passionné, terrible ^^^.e
au peuple. Mais au moment où Jésus-Christ allait pronon ^-
cer son arrêt inflexible, saint Martin de Tours, saint Denis^ saint Maurice s'étaient précipités à ses pieds. Nous sommes venus à son secours, s'étaient-ils écriés, afin qu'en, l'enle— vaut aux enfers nous pussions le déposer aux pieds d'Abraham. » Ces légendes constataient une grande rémunér tion des fautes parles dons et l'aumône; on les voit sculpté sur les cathédrales, on trouve souvent sous les porches d bandes de diables qui entourent un cercueil et veuleczzui s'emparer d'un damné, mais dans un coin de la niche p^^ruît un saint, la mitre sur la tête, les doigts serrés comicime pour donner sa bénédiction. Le Christ est au sommet cl </ porche, il regarde bénignement la tombe comme s'il pardonnait à cause des prières du saint L'homme de violence avait ses jours de repentir : ainsi avait été Dagobert. Vne chose qu'il faut remarquer dans l'histoire delà première et de la seconde race, c'est que les deux plus grands noms, Dagobert et Charlemagne sont l'objet de légendes ridicules, de chansons moqueuses ; les dialogues puérils entre Dagobert et saint Éloi sont bien anciens et les romans de chevalerie railleurs contre Charlemagne (mis dans un sac par
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l'enchanteur Maugis et les quatre fils Aymond) remontaient plus loin que Philippe Auguste. N'était-ce pas une vengeance de la race méridionale contre les Austrasiens qui ravalent domptée? Les traditions bouflbnnes sur la bonté naïve de Dagobert, les réponses de saint Ëloi sont venues jusqu'aux temps modernes en dialogues puérils.. Les romans de chevalerie n'épargnaient pas les rois; les trouvères et les troubadours ont fait de Dagobert un roi débonnaire et de saint Éloi un familier de domesticité qui aidait le roi dans les soins les plus intimes de sa personne*, l^a raillerie est de toutes les époques et la plus grande critique de Charlemagne se trouve dans les Chansons de Gestes de la chevalerie.
1. J'ai trouvé Torigine de la première moquerie sur Dagobert, sur >aiiit Êloi, dans un petit imprimé du commencement du seizième siècle, Avi- % gion I.MO avec gravure et frontispice.