LIVRE IX
OÉCAOENCE ET FIN 0^ LA RACE ■ÉII0VIII6IEIIIIE
L* lutte des rois et des maires du palais. — Neustrie. — Austrasie et Bourgogne. — Supériorité des Austrasiens. — Succession de Dagobert. — Derniers rois d*Austrasie. — Sigebert II. — Childéric II. — Dagobert II. — Triomphe définitif des maires du palais. — Nul ne réclame le droit des Mérovingiens en Austrasie. — Rois de Neustrie et de Bourgogne. — Clovis II. — CloUire III. — Thierry III. - Clovis III '. — Childebert. — Dagobert III. — Chilpéric II.— Thierry IV. — Childéric lil. — Invasion des Sarrasins. — Nécessité d'une ligue. — Les maires substitués aux rois. — Souvenirs et traces de là race mérovingienne dans l'Aquitaine.
La nuit se fait sur ces derniers temps des mérovingiens lans la lutte suprême des rois et des maires du palais ; )D voit que c'est la fin d'une dynastie qu'on veut faire oublier. Frédégaire n'écrit plus que des fragments •. Il faut suppléer à ce vide dans nos annales par les récits épars de quehjues légendaires et spécialement par la vie de saint Léger, évéque d'Autun, qui occupa les plus hautes dignités civiles sous les derniers Mérovingiens. In humble moine du
1. On aperçoit l'embarras de Dom Bouquet, même dans ses admiraliles résumés habituellement si clairs qu'il piacc à la tête des volumes des Francar. histor, Collect. Les savants auteurs de VArt de réri/ier les dates avouent qu'ils M* [»crdent dans ces difficultés de temps, de lieux et de noms.
Poitou a écrit la vie de son évêque avec une sincérité naïve; il nous initie dans l'existence du peuple, dans la vie de la cité*. Les chroniqueurs du cycle carlovingien sont impitoyables pour la race de Mérovée; ils appellent ces rois fainéants; ils les représentent traînés sur des chars par des bœufs, traçant de longs sillons de métairie en métairie, couverts de molles étoffes tissues d'or et de roie.
Ces traditions sur les rois fainéants ne remontent pas au delà des Carlovingiens : il était très-naturel que la dynastie nouvelle cherchât à flétrir les Mérovingiens pour justifier leur réclusion dans un cloître et son propre triomphe : d*ailleurs Tidée d'indolence, de paresse n'^tvait pas chez les barbares le sens qu'elle a aujourd'hui. Au milieu d'une société de violence et de guerre, tout chef qui préférait les arts paisibles du commerce des sciences aux conquêtes était un roi fainéant. Les derniers des Mérovingiens avaient pris les habitudes gauloises et byzantines; ils aimaient les douces mœurs, le sillon des charrues dans les champs, le labourage, la fertilisation, le défrichement des forêts; et la génération des Francs belliqueux considérait ces travaux comme des actes de paresse. On le voit même pour le règne de Dagobert déjà raillé dans ses rapports avec saint Eloi, le ministre pacifique qui donnait aux arts ce que les maires du palais accordaient à la guerre.
Il serait impossible de suivre la chronologie des rois francs Austrasiens, Neustriens et Bourguignons si l'on n'avait d'abord une idée assez exacte du territoire. L'Austrasie qui conservait toujours une certaine supériorité sur la