‹ Clovis et les MérovingiensChapitre 66 sur 150 · La mort de Clovis est de · texte numérisé non relu

La mort de Clovis est de

3. Bathilde était saxonne; elle avait été vendue par des pirates. Voir ?a touchante vie dans Duchesne, t. I, p. 688.

4. Sainte Bathilde est considérée comme la fondatrice de Tabbaye de Chelles : une des dernières abbesses Tut une des princesses de la maison d'urléans, la fille du régent pour laquelle Vo;taire a fait de si jolis vers.

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Ébrouin. 11 n'y avait plus de roi sans maire du palais. Ce duc ou leude franc domine le fond du tableau qui va se développer dans le drame émouvant d'Ébrouin, le maire, et de saint Léger, Tévéque; tableau des mœurs de ces temps qui nous a été conservé presque en entier*.

Saint Léger, évéque de la ville d'Âutun, était le lils aîné d'une noble famille gallo-romaine ; son éducation avait été brillante par la science latine, et son âme avait conservé toute la virilité que donne une vie chaste et travailleuse. Léger devint le conseiller de la reine Bathilde , qui l'éleva à Tévêché d'Autun. Quand elle s'était condamnée à l'eïil dans le monastère de Ghelles, Ébrouin était devenu le maître absolu des Neustriens. L'auteur de la vie de saint Léger nous fait un tableau assez rembruni du comte, caractère rapace et violent : « Enflammé d'un tel amour d'argent, que ceux qui lui en donnaient davantage avaient toujours gain de cause. Les esprits étaient irrités contre lui. Pour une légère offense , il répandait le sang de beaucoup de nobles innocents. 11 avait pour Léger une haine particulière parce qu'il ne lui payait aucun tribut de flatterie, et

qu'il connaissait ce pontife intrépide contre les menaces. I^ibrouin lit un édit tyrannique : nul des Bourguignons ne put se présenter au palais sans en avoir reçu l'ordre. Alors tous soupçonnèrent qu'il avait imaginé cela pour combler ses crimes. Pendant que cette afl*aire était en Irain, le roi (Uotaire mourut : Ébrouin aurait dû convoquer tous les i^Tands et élever sur le trône Théodoric, frère du roi, mais enflé par un esprit superbe, il ne voulut pas les assembler.

1 Compaie/ les c.'atiiniateui:» de Frédcgaiie et la I ic de saint WandiiU'.

C'est pourquoi ceux-ci commencèrent à craindre quil ne méditât quelque complot contre le roi, et qu'il prit le nom du prince qu'il aurait dû élever au trône solennellement pour la gloire de la patrie K Une multitude de nobles qui se hâtèrent de se rendre à l'audience de Tliéodoric, ayant reçu d'Ébrouin Tordre de rebrousser chemin, se réunirent alors en conseil et élurent son frère cadet, qui avait eu en partage le royaume d'Austrasie. Ceux qui ne voulurent pas aquiescer à leur résolution s'enfuirent secrètement; d'autres menacés d'incendie ou d'un péril pour leur vie y consentirent à regret, tant il y avait de crainte de la tyrannie d'Ebrouin. Tous offrirent donc à Childéric le royaume de Neustrie^ aussi bien que celui de Bourgogne. Le comte Ebrouin alors, voyant que cela se passait à cause de ses crimes, s'enfuit vers l'autel d'une église, lieu de refuge. Son trésor fut envahi, et ce que cet homme inique avait amassé méchamment à la longue fut justement dissipé en un instant. Quelques évèques et particulièrement Léger intercédèrent pour lui et obtinrent qu'il ne serait pas tué ; il fut envoyé en captivité au monastère de LuxeuiP. >

Ainsi éclata la disgrâce d'Ébrouin préparée par saint Léger, le conseiller de la reine Bathilde. La plupart des leudes suivirent d*abord l'impulsion de saint Léger, mais bientôt ils le délaissèrent, mécontents de Tévéque qui établit l'égalité entre les leudes. Plus de maire du palais , tout dut se faire par les assemblées en vertu des lois civiles. Cette révolution, dirigée par saint Léger, dura peu. Childéric, le roi, ne souffrit pas longtemps le pouvoir de l'évêque, « car,

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