I . Ajmd Etisèbe, Wist.j Hb. V, cap. i
3. Fortunat était poète : il a fait l'épitaphe de saint Hilaire dont Yoici les deux premiers Ycrs :
« Si Hilarium qusvis, quis sit cognoscere lector • Âllobroge referunt Pictaviis genitum, » etc.
3. Saint Germain appartenait à une des illustres familles gauloises; il avait étudié à Rome et il était revêtu d'une grande charge militaire. Voyez BolUnd., 31 Juillet.
A. Hilar. de Honor. Saint Hilaire avait succédé à Honorât dans le sit'ge d*Arles.
S* L^ouTrage de Grégoire de Tours est intitulé : de Gloria am/ettor.
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l'anonyme et se reprochaient comme un acte de vanité audacieuse de placer leur humble nom à côté du saint dont ils racontent les merveilles. Dans ces récits animés et naïfs on trouve, une richesse de description qui nous fait connaître cette société dans ses plus petits détails, dans. ses accidents les plus pittoresques : chasses, batailles, industrie , travail ; quelquefois ces solitaires écrivent en vers, car la poésie latine n'est pas entièrement perdue. On trouve à la fois des épitres, des hymnes et des cantiques. Cette poésie, sorte de prose rimée, ne s'élève pas beaucoup au-dessus de la chronique : le rhythme n'est qu'un travail mécanique, toujours facile pour ceux qui écrivent la langue latine, et les poètes de cette époque n'en ont gardé que la forme. Les hymnes conservent néanmoins un caractère d'élévation comme la prière, et dans les églises, aux jours de fêtes, on les chantait; la solitude enfantait des compositions originales; d'autres poèmes sont comme de tristes lamentations sur les ravages que font les barbares dans les Gaules. Ces lugubres tableaux prêtaient aux descriptions terribles et il est rare que les.poêtes, en s'imposant le rôle de moraliste, ne se laissent aller à quelques plaintes douloureuses sur les mauvaises mœurs des contemporains; ils veulent tirer des calamités publiques de hautes leçons pour le peuple. Souvent les poètes devenus chroniqueurs racontent les événements contemporains, et à ce point de vue ils offrent une curiosité historique. »
Ce rôle de chroniqueur allait à cette époque simple et crédule : comme en dehors de l'Église il n'y avait ni science ni recherche du passé, tous les événements aboutissaient aux monastères ; les barbares chantaient leurs exploits,
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ils ne les écrivaient pas. Quand ils allaient accomplir une guerre ou un pillage lointain, ils n'avaient ni la volonté ni le loisir d'en écrire les détails. Il n'en était pas ainsi des clercs, mêlés au monde, aux afiaires des rois et du peuple, savants dans les choses de l'antiquité. Avec les loisirs de la solitude, comment n'auraient-ils pas gardé mémoire des événements ? Ainsi Grégoire de Tours * se fait le simple narrateur de tout ce qu'il a vu : il a assisté à la plupart des événements, à la vie des tribus, aux querelles des leudes ; il a suivi les gestes des rois. D'autres chroniqueurs, moins élevés que l'évêque de Tours, écrivent jour par jour les faits du monastère où se passent les épisodes de la vie politique et civile ; la déchéance d'un roi que les ciseaux tonsurent, les violences des forts, les miracles qui grandissent la vénération du peuple. Le chroniqueur, en rapportant ses impressions de crainte, de terreur, de pitié, n'a pas l'intention de la publicité, elle lui importait peu ; il conserve précieusement le souvenir des faits qu'il a vus, des récits qu'on lui a faits , des incidents astronomiques dont il a été témoin. Au milieu de ces déserts, dans la solitude profonde, quand les nuits d'hiver étaient si longues et les frimas rigoureux, comment ces moines, au fond de leurs cellules, n'auraient-ils pas empreint leur récit d'une couleur étrange, lamentable? Le vent sifflait sur les vitraux et les pluies battantes fouettaient les tours. Aucun détail ne leur échappait : la lune paraissait rougeâtre, le hibou
1. Grégoire de Tours est tout à la fois moraliste, biographe et cbroDiqueur dans ses ouvrages si nombreux : son plus beau titre est sans doute VHùtoria eeelesiattica francor,, mais son livre de Gloria confessor. est remarquablement écrit et doit être également consulté pour Tbistoire.
faisait entendre ses cris funèbres, les loups hurlaient autour du monastère et quelques-uns portaient le diable sous leur peau ; le soleil, le lendemain, avait paru avec quelques tâches, on avait vu des nuées de sauterelles, des oiseaux au plumage affreux. Toutes ces incidences étaient récitées avec le plus naïf caractère. Les chroniques du moyen âge sont comme les histoires de la Grèce primitive, qui racontent sans cesse l'intervention des dieux*.
Les études grandirent au quatrième siècle surtout par le choc des hérésies, qui demandaient un certain développement d'esprit et de philosophie. Deux sortes d'hérésies agitèrent l'Église des Gaules à ce temps : celle d'Arius, dégénérée dans Pelage, et la doctrine des deux principes du manichéisme, opinions libres qui n'exprimaient au reste que la lutte éternelle de la volonté et de la fatalité, l'examen de la question immense de la grâce et de la liberté de l'homme. Ces disputes furent l'objet de grands travaux, d'études et de recherches philosophiques, et presque deux siècles de l'histoire littéraire des Gaules sont absorbés par les discussions sur Pelage et Ârius. Si le dualisme deManès, trop oriental*, réfuté par saint Irénée, n'avait pas un succès absolu dans les Gaules *, il n'en fut pas ainsi de la doctrine d'Arius et de Pelage. De ces disputes sortirent les prind-
1 . M. Guizot, quoique protestant, a rendu justice à Tesprit des Chroniques.
2. Les écrils de saint Irénée sont les plus antiques monuments de l'Egli^^ chrétienne dans les Gaules. Tertullien dit de lui : « Omnium doctriiianim curiosissimus explorator. • La meilleure édition des œuvres de saint Irénée esl celle-ci : Irenei Episeop. Lugdunentis contra hœret,. . Parisiis, 1710.
3. Cependant il se reproduit à plusieurs époques postérieures. (Voyez mon Hugues Capet et mon Philippe-Auguste.)
paux ouvrages de philosophie et d'histoire. Les religieux commentent le vieux et le nouveau Testament, les Pères de l'Église d'après le texte de saint Jérôme, qui conserve une haute influence sur l'Église des Gaules ; ses lettres agissant sur le dogme et sur l'organisation de l'épiscopat d'occident.
La science et la discipline ecclésiastique se révèlent tout entière dans les actes des conciles, qui sont comme un code de police pour la société. La rédaction des conciles se ressent de l'étude attentive du droit romain , du code Théodosien surtout; elle est correcte, précise, d'une grande netteté d'expression, comme les codes romains ; les articles sont courts, et à la différence des pandeclesy des basiligiiesy le motif moral est à côté de la prescription , car le devoir de l'Église n'était pas seulement de prescrire et de punir, mais encore de convaincre ; il fallait gagner les cœurs et'conquérir les âmes en même temps que réfréner les mauvaises passions, ce qui explique le travail des conciles.
Le nombre des auteurs qui naissent ou écrivent dans les Gaules depuis l'invasion des Francs est considérable. Le premier est Vigilance*, prêtre d'Aquitaine, l'ami de saint Jérôme, de saint Paulin et de Sulpice Sévère. Après lui, le poète Rutilius, qui fut préfet de Rome', un des derniers admirateurs du polythéisme; Procule,évéque de Marseille*; Sévère Sulpice , né à Agen , vers le milieu du quatrième
1 . Vigilance ne doit pas se confondre avec rhérétique du même nom antérieur à SCO enseignement. Saint Jérôme a écrit sa vie, Uieron. in Vigil.^ p. 282.
2. Il est nommé Claudsus Rutilius Numatianus, préfet de Rome et admirateur du paganisme.