Eucher fut évOque de Lyon
l'adversaire timide mais érudit de la doctrine de saint Augustin ; ce qui le fit soupçonner d'être semi-Pélagien. Ârnobe se jeta dans la méditation poétique des Ecritures * : comme il commentait les Psaumes, il se laissa entraîner dans toutes les théories d'une imagination ardente. Â côté d'Àmobe, il faut placer Mamertin, abbé de Saint-Marien d'Auxerre : le poète chrétien Livius, l'astronome Victorius, l'auteur du Cycle pascal ; Mamer Claudien, prêtre de l'église de Vienne, le plus bel esprit de son siècle, profondément versé dans la connaissance du grec et du latin , tout à la fois, géomètre, astronome, musicien et poëte. Il eut le pre^ mier rang dans la littérature des Gaules': sans nulle prétention scientifique, laissant aux philosophes la barbe épaisse, les longs cheveux, le manteau péripatéticien, la gravité lourde, Claudien garda son caractère aimable, doux, sans gravité affectée : il écrivit un livre sur la substance de l'âme : il soutenait < qu'elle ne souffrait point parce que sa nature était indépendante du corps. > Il disserta sur la mesure que Dieu apportait dans la création : « la pensée n'est point différente de l'âme : penser, vouloir et aimer est sa substance intime : il n'y a point de corps matériel sans longueur, sans largeur et profondeur ; l'âme n'a point de dimension ; l'âme n'a ni droite, ni gauche, ni haut, ni bas : conséquemment elle est incorporelle*. > De cette définition,
1 . Les ouvrages d'Aroolje ont été recueillis dans la Bibliothèque. P. P. l. Vlll, p. 23S-339.
i. Sidoine dit de lui: « Peritissimus christianorum pbilosophus et quonimlibct primus eniditonim. ■ (Ub. 4. EpistoL p. 259.)
3. Ce traité de Tâme est inséré dans la Bibliothèque des Pérety t. VI, p. 104S-1074; on lui attribue Thymne touchante de Pange^ linguay glarioti pra^lium cenaminii.
Marner Glaudien s'élance vers Texamen de la nature des anges et des démons, théories brillantes, spirituelles qui méritèrent l'éloge de Sulpice Sévère , non-seulement ponr leurs hardies et belles expressions, mais encore pour leur orthodoxie.
Parmi les poètes il faut encore placer Paulin de Périgueux, Lampride ; Nicet, orateur ; Secondin , poète ; Sévérien, rhéteur; Jean, professeur de belles -lettres, et hors ligne l'éloquent Salvien, prêtre de l'église de Marseille. Où était-il né ? on l'ignore : son éducation, il la reçut dans le nord des Gaules, à Trêves. Marié tout jeune homme, il eut une fille; mais bientôt vivement frappé de la perfection des âmes chastes et pures, Salvien et sa jeune femme se vouèrent tous deux à la continence: l'esprit de l'homme par cet effort subit devint plus puissant et plus énergique ^ Quelque temps après, Salvien embrassa la vie monastique qu'il appelle dans son poétique langage < la philosophie du christianisme. » En dehors du monde il n'hésite pas à proclamer les théories les plus démocratiques : « Le Christ a prêché l'égalité ; ceux donc, qui gardent quelques biens i eux, ne sont pas membres de la communauté ; à moins que la charité ne les rende bientôt pauvres, comme les disciples du Christ *. * Lérins, cet admirable désert vit les premiers travaux de Salvien, de Marseille ; son œuvre primordiale fut son Traité contre Vavarice ; toujours pour justifier la communauté de biens entre tous les membres de l'Eglise; il n'y mit point son nom et se cacha sous le pseudonyme
1. Gennade a écrit la vie de Salvien; il était contemporain et vivait I Marseille : Gennade, Vir. illust. c. 67.