Salvian, in taritia, lib I. (Bâle
de Timoihée, le disciple bien-aimé de saint Paul. Dans ce traité, il se révèle des jugements amers. Salvien ne ménage pas la société dans laquelle il vit; il flétrit des traits les plus sévères les mauvaises mœurs des chrétiens ; c'est la satire des riches et des avares. Il démontre l'impérieuse nécessité de faire l'aumône et de la faire toujours ; l'avarice pour lui est la source de tous les vices. Après cette œuvre qui eut un long retentissement, Salvien écrivit son Traité du gouvernement de Dieu * sur la cité universelle ; un commentaire élevé sur la question de la providence, abîme sans fond que Salvien mesure pourtant avec une hardiesse infatigable.
Ainsi, à côté de la société indomptée et sauvage des Francs, se développait une civilisation littéraire assez avancée. La science grecque et romaine s'était réfugiée dans les monastères de l'ordre de Saint-Benoit, où les religieux étudiaient et enseignaient. On est frappé des vives lumières qui brillaient dans la vie solitaire, comme un éclair dans la nuit. Aux sixième et septième siècles commence la pléiade des chroniqueurs, Grégoire de Tours et Frédégaire en tête. Que saurions-nous de notre primitive histoire si ces chroniques n'avaient pas été écrites? L'abbaye de Saint-Denis recueillit plus tard toutes ces chroniques éparses, pour translater en beau langage de France les sincères et naïves annales, traduction des monuments contemporains. Les chartes et diplômes authentiques des Mérovingiens sont rares; la vérité de quelques-uns est contestée, mais le texte des codes barbares nous est resté.
] . Salvian, de guhem, Dei, seu de providentia. Lyon 16\7.
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La première loi salique, rédigée par quatre proceres (grands), discutée dans trois assemblées (Mallos), fut définitivement promulguée sous le roi Dagobert, en 630. La loi des Visigoths, plus ample, fut rédigée sous l'influence des évéques ; elle emprunte beaucoup de ses dispositions au texte du code Théodosien publié pour l'Occident à Rome, en kkS. On trouve une belle lettre écrite par Clovis aux évéques sur la protection accordée aux églises, aux veuves, aux enfants contre la violence des soldats. La loi des Francs ripuaires fut publiée à Châlons en 530 ^ Un acte, scellé du sceau de Ghildebert, proscrit le mariage incestueux, le rapt, l'homicide et le vol : un décret de Clotaire réprime les actes d'idolâtrie encore nombreux dans les villes et les campagnes. Clotaire III punit sévèrement les larcins commis par les serfs : le roi Gontran ordonne la célébration des i%tes et dimanches : toute afTaire entre Romains sera jugée par la loi romaine. La personnalité des lois est comme le caractère des codes de la conquête ; chacun se régit selon sa nationalité. Le roi Gontran défend aux évéques de dépenser leur revenu à nourrir des oiseaux de proie et des meutes de chiens. On trouve, dans un fragment de charte de Ghildebert II, une prescription de solidarité entre les habitants: si quelqu'un refuse de prêter main forte pour poursuivre et arrêter un pillard, il sera châtié. Dans le texte définitif de la loi salique, on trouve des dispositions pénales contre ceux qui volent des porcs, des oiseaux et des abeilles : tout se règle par composition. Dagobert, le grand publicateur