Non loin de Cologne
84 Cbapftrc quatrième.
hérissées d'obstacles, attaqua les Francs, ne put se servir efficacement ni de ses cavaliers, ni de son infanterie, et perdit un grand nombre de soldats avec la plupart des chefs.
Après la mort de Victor, fils du tyran Maxime, les successeurs de Nannenus tinrent tête aux Francs en Germanie. Marcomer et Sannon, rois ou royaux de France, traitent avec les Romains à qui ils donnent des otages. La même année, Arbogast, franc d'origine, au témoignage de saint Paulin, dans la vie de saint Ambroise, poursuit, avec une haine d'autant plus vive qu'il aurait dû les ménager davantage, les mêmes vice-rois ('). Il passa le Rhin, ravageant le territoire des Bructères, une des tribus franques, et celui des Chamaves, leurs voisins, sans rencontrer l'ennemi. Seuls, quelques Cattes, sous le commandement de Marcomer, se montraient sur le sommet des collines.
« Laissant de côté pour la seconde fois les chefs et les royaux, Sulpice Alexandre, dit Grégoire de Tours, affirme que les Francs avaient un roi, mais il oublie de faire connaître son nom. »
L'important n'est pas de savoir sous quel titre un chef commandait une tribu, mais de reconnaître à quel moment le rapprochement entre les tribus était assez intime et la concentration assez forte pour qu'un seul homme pût étendre son autorité sur un nombre considérable de guerriers, et former ainsi un peuple d'éléments plus on moins nombreux, auparavant divisés. Or, ce renseignement ne nous apparaît dans aucun auteur
1. Subregulos^ dit Grégoire de Tours, qui ne définit pas ce terme.
îles prédécesseurs te Clotiis. 85
avant Clodion ou Clogion, quoique le nom de roi ait été plusieurs fois employé par les historiens pour les chefs qui l'avaient précédé.
Dans le même chapitre du même livre, Grégoire de Tours, après avoir rapporté les opinions diverses sur l'origine des Francs, et signalé plusieurs expéditions dirigées contre eux, termine ainsi : « Nous lisons dans les Consulaires (') que Théodemer, roi des Francs, fils de Richimer, et sa mère Archila périrent par le glaive. On raconte aussi que Chlogion (2) noble et distingué dans sa race, fut roi des Francs, et qu'il habitait le château de Dispargum, situé sur la frontière des Thoringes ou Thuringes. Dans ces parties, c'est-à-dire vers le midi, habitaient les Romains jusqu'au fleuve de la Loire. Au delà de la Loire, dominaient les Goths. Les Burgondes qui suivaient l'hérésie d'Arius étaient au delà du Rhône qui baigne la ville de Lyon.
Clodion envoya des éclaireurs qui parcoururent tout le pays jusqu'à la ville de Cambrai. Il les suivit, battit les Romains, et s'empara de la ville. Il y résida peu de temps, et occupa le pays jusqu'au fleuve de la Somme.Quelques historiens croient le roi Mérovée de sa race, et celui-ci eut Childéric pour fils.
Ni Grégoire de Tours, ni Frédégaire qui l'a abrégé, ni Roricon qui ajoute quelques détails à sa narration, ne parlent du roi Pharamond. Il n'est question de lui que dans deux chroniques, l'une du VI 11^, l'autre du
1. Ce sont des chroniques dans lesquelles on suivait rigoureusement Tordre des consuli,