I. — CLOVIS ET LES ÉVÊQUES
OM Pitra, dans son histoire de saint Léger, cite d'après un missel du IX^ siècle dont le contenu remontait au VI I^, la prière faite à certains jours pour la France :
« O Dieu tout-puissant et éternel, qui avez établi l'empire des Francs pour être dans le monde l'instrument de votre très divine volonté, le glaive et le boulevard de votre sainte Eglise, nous vous en prions, prévenez toujours et en tous lieux, de la céleste lumière, les fils suppliants des Francs, afin qu'ils voient toujours efficacement ce qu'il faut faire pour votre règne en ce monde, et que pour faire ainsi qu'ils auront vu, ils soient jusqu'à la fin fortifiés de charité et de courage.»
Heureuse la France quand elle pouvait prier ainsi !
Clovis avait une mission religieuse en même temps qu'une mission politique. Il devait faire la France et la France chrétienne. Il ne manqua pas à ce rôle que la Providence lui avait destiné, et qui lui assure une place enviée entre les plus grands fondateurs d'États.
Le Souverain Pontife avait compris l'importance delà conversion de Clovis et les conséquences qu'elle devait amener. En le félicitant de sa résolution, en lui donnant de sages conseils, en lui demandant d être pour l'Eglise une colonne de fer, il traçait au premier jour, le